Frise chronologique
1136
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1136 (≈ 1136)
Par des moines de Clairvaux sous le nom Maison-Dieu.
1150
Charte de donation
Charte de donation
1150 (≈ 1150)
Ebbes V de Charenton cède des terres aux moines.
XIIIe siècle
Apogée de l'abbaye
Apogée de l'abbaye
XIIIe siècle (≈ 1350)
Construction majeure et expansion économique.
1510
Régime de la commende
Régime de la commende
1510 (≈ 1510)
Nomination des abbés par le roi.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Transformée en résidence puis manufacture.
1909
Acquisition par le Cher
Acquisition par le Cher
1909 (≈ 1909)
Début des restaurations majeures.
1977
Pose des vitraux contemporains
Pose des vitraux contemporains
1977 (≈ 1977)
Œuvre de Jean-Pierre Raynaud.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abbaye de Noirlac (ancienne) (cad. C 1155 à 1160) : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Robert de Châtillon - Fondateur et premier abbé |
Dirige la communauté jusqu’en 1163. |
| Ebbes V de Charenton - Seigneur donateur |
Cède les terres en 1150 pour la fondation. |
| Antoine Louis d'Aurillac - Abbé commendataire (XVIIIe s.) |
Entreprend d’importants travaux de restauration. |
| Jean Amable Desjobert - Acquéreur révolutionnaire |
Transforme l’abbaye en résidence en 1791. |
| Jean-Pierre Raynaud - Artiste contemporain |
Auteur des cartons des vitraux (1977). |
Origine et histoire
L'abbaye de Noirlac, située à Bruère-Allichamps dans le Cher, est une abbaye cistercienne fondée en 1136 par des moines de Clairvaux. Initialement nommée Maison-Dieu, elle prend le nom de Noirlac en 1290. Son architecture, typique de l’ordre cistercien, s’organise autour d’un cloître, avec une église abbatiale, un réfectoire, un dortoir et des bâtiments dédiés aux moines et aux convers. Les travaux de construction s’échelonnent du XIIe au XIVe siècle, avec des ajouts majeurs au XVIIIe siècle sous l’abbé d’Aurillac.
L’abbaye connaît une période faste au XIIIe siècle, suivie d’un déclin marqué par la guerre de Cent Ans et la commende à partir du XVIe siècle. Vendue comme bien national à la Révolution, elle est transformée en manufacture de porcelaine au XIXe siècle, ce qui paradoxalement contribue à sa préservation. Acquise par le département du Cher en 1909, elle est restaurée entre 1950 et 1980 et devient un centre culturel de rencontre, membre du réseau européen des centres de rencontre.
L’église abbatiale, construite selon le plan bernardin, présente un chevet plat et un transept voûté, avec des éléments datés par dendrochronologie (charpente du XIIe siècle). Le cloître, reconstruit entre les XIIIe et XIVe siècles, organise les espaces monastiques en respectant la séparation entre moines et convers. La salle capitulaire, le réfectoire et le dortoir, remaniés au XVIIIe siècle, témoignent des adaptations successives du monastère.
L’abbaye est fondée grâce à la donation d’Ebbes V de Charenton en 1150, confirmée par ses descendants. Elle subit des fortifications pendant la guerre de Cent Ans et des destructions lors de la Fronde. Au XVIIIe siècle, l’abbé d’Aurillac entreprend d’importants travaux de restauration, divisant le dortoir en cellules et aménageant des espaces pour les hôtes. Après la Révolution, l’abbaye devient une manufacture avant d’être classée Monument historique en 1862.
Aujourd’hui, l’abbaye de Noirlac est un lieu de création artistique et de transmission patrimoniale. Elle accueille des expositions, des résidences d’artistes et des événements culturels, tout en préservant son architecture médiévale et ses vitraux contemporains, réalisés d’après les cartons de Jean-Pierre Raynaud en 1977.