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Abbaye de Nouaillé-Maupertuis dans la Vienne

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Vienne

Abbaye de Nouaillé-Maupertuis

    3 Place Raoul du Fou
    86340 Nouaillé-Maupertuis

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1500
1600
1700
1800
1900
2000
808
Adoption de la règle bénédictine
830
Translation de saint Junien
1569
Pillage protestant
1645-1690
Restauration mauriste
1792
Vente de l’abbaye
1846
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Junien - Fondateur du monastère originel Reliques transférées en 830.
Godelin - Abbé carolingien (début IXᵉ) Constructeur de la crypte et église.
Constantin - Abbé (début XIᵉ siècle) Restaure la nef et agrandit l’abbaye.
Raoul du Fou - Abbé commendataire (fin XVᵉ) Construisit le logis abbatial gothique.
François de La Béraudière - Abbé (1597-1646) Relance la restauration mauriste.
Jean Girouard - Sculpteur (XVIIᵉ siècle) Auteur du jubé et des stalles.

Origine et histoire

L'abbaye Saint-Junien de Nouaillé-Maupertuis, fondée au IXe siècle par des moines bénédictins, s’installe dans la vallée du Miosson à 15 km de Poitiers. Initialement dépendante de l’abbaye Saint-Hilaire, elle adopte la règle de saint Benoît en 808 sous l’impulsion de l’abbé Godelin. Ce dernier érige une église dotée d’une crypte pour abriter les reliques de saint Junien, transférées en 830. Des vestiges carolingiens, comme des pavages en terre cuite et des plaques sculptées d’entrelacs, témoignent de cette époque.

Au Moyen Âge, l’abbaye prospère sous la protection des comtes de Poitou. L’abbé Constantin, au XIe siècle, entreprend des restaurations majeures : la nef, initialement charpentée, est voûtée en pierre au XIIe siècle, avec des colonnes quadrilobées et des arcs brisés. Un clocher-porche, inspiré des traditions carolingiennes, est ajouté à la façade occidentale. Au XIVe siècle, une enceinte fortifiée est construite pour protéger le monastère, alors affaibli par la guerre de Cent Ans et le relâchement de la discipline monastique.

La Renaissance marque un tournant avec le régime de la commende : l’abbé Raoul du Fou, aussi évêque d’Évreux, fait construire un logis abbatial gothique flamboyant (aujourd’hui la mairie) et modernise l’abbaye. En 1569, les troupes protestantes de Coligny pillent et incendient le chœur, le cloître et les dortoirs, épargnant partiellement la nef. La reconstruction s’étale sur plusieurs décennies, avec des travaux majeurs au XVIIe siècle sous l’impulsion des mauristes, dont le jubé et les stalles en bois sculpté par Jean Girouard.

Les cryptes, redécouvertes en 1945, abritent des colonnes datant du Ve siècle et des traces de peintures. Le sarcophage carolingien de saint Junien, orné de motifs inspirés de tissus orientaux, reste un trésor de l’abbaye. Classée monument historique dès 1846, l’abbatiale devient église paroissiale après la Révolution. Ses éléments roman (nef, chapiteaux historiés) et gothique (voûtes du chœur) illustrent son évolution architecturale sur plus d’un millénaire.

Les bâtiments conventuels, comme l’aile occidentale du XIIe siècle ou la cheminée cylindrique à dents-de-scie, complètent cet ensemble. Le logis abbatial du XVe siècle, aujourd’hui mairie, rappelle l’influence des abbés commendataires. Malgré les destructions et les restaurations successives, l’abbaye conserve des traces de chaque période, des origines carolingiennes à l’époque moderne.

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