Frise chronologique
1145
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1145 (≈ 1145)
Par Guillaume III Talvas, comte d’Alençon.
1193-1201
Crise agricole
Crise agricole
1193-1201 (≈ 1197)
Huit années de mauvaises récoltes.
1188-1221
Abbatiat d’Adam de Perseigne
Abbatiat d’Adam de Perseigne
1188-1221 (≈ 1205)
Âge d’or diplomatique et intellectuel.
1367
État de délabrement
État de délabrement
1367 (≈ 1367)
Attesté par une charte.
4 octobre 1932
Classement des ruines
Classement des ruines
4 octobre 1932 (≈ 1932)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (ruines) : inscription par arrêté du 4 octobre 1932
Personnages clés
| Guillaume III Talvas - Comte d’Alençon et fondateur |
Donateur des terres initiales en 1145. |
| Adam de Perseigne - Abbé (1188-1221) |
Diplomate et figure majeure de l’ordre. |
| Thomas de Perseigne - Moine et écrivain |
Auteur d’un *Commentaire du Cantique*. |
| Jean III d’Harcourt - Seigneur local hostile |
Responsable de destructions au XIVe siècle. |
Origine et histoire
L’abbaye de Perseigne, fondée en 1145 par Guillaume III Talvas, comte d’Alençon, est la première abbaye cistercienne du Maine. Implantée dans la vallée de la Bienne, près de la forêt de Perseigne, elle bénéficie dès sa création de dons fonciers importants, notamment des terres, des granges et des droits d’usage sur les forêts environnantes. Ces ressources permettent aux moines de vivre en autonomie et d’étendre rapidement leur patrimoine.
Sous l’abbatiat d’Adam de Perseigne (1188-1221), l’abbaye connaît un essor remarquable. Adam, figure majeure de l’ordre cistercien, joue un rôle diplomatique clé entre la papauté, la Bourgogne et la royauté anglaise. Son influence attire de nouveaux dons, comme les granges de Blanchelande ou de Colombiers, et consolide le réseau économique de l’abbaye. La vie intellectuelle y est florissante, illustrée par les écrits de Thomas de Perseigne, moine auteur d’un Commentaire du Cantique des Cantiques acclamé en Occident.
Dès le XIIIe siècle, l’abbaye subit des revers : les mauvaises récoltes (1193-1201) et les conflits avec les seigneurs locaux, comme Jean III d’Harcourt, affaiblissent son patrimoine. Malgré des achats de terres à partir de 1222, les troubles de la guerre de Cent Ans aggravent son déclin. En 1367, une charte atteste de son état de délabrement. Aujourd’hui, il n’en reste que des ruines, classées monuments historiques en 1932, témoignant de son importance passée.
Architecturalement, Perseigne suit la règle cistercienne : ses granges, au nombre de dix-huit en 1198, sont implantées à moins d’un jour de marche de l’abbaye pour permettre aux convers d’assister aux offices. La plus vaste, Malèfre, couvre 173 hectares, tandis que la plus petite, la Moinerie, en compte 10. L’abbaye est fille de Cîteaux et illustre l’organisation économique et spirituelle typique des cisterciens au Moyen Âge.
Les fouilles archéologiques ont permis de reconstituer le réseau de granges et les vestiges des bâtiments agricoles. Deux d’entre eux ont laissé des traces significatives. L’abbaye possède également des droits de haute et basse justice sur ses terres, ainsi que des droits d’usage forestiers étendus, reflétant son pouvoir local. Son déclin s’inscrit dans un contexte régional marqué par la raréfaction des dons après 1265.
La postérité de Perseigne repose sur ses figures intellectuelles, comme Adam et Thomas de Perseigne, et sur son rôle dans les réseaux cisterciens. Malgré les destructions, son histoire est documentée par des chartes, des correspondances et des études archéologiques, offrant un éclairage précieux sur la vie monastique médiévale en Sarthe.