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Abbaye de Pontlevoy dans le Loir-et-Cher

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise gothique

Abbaye de Pontlevoy

    2-4 Passage du Salut
    41400 Pontlevoy
Propriété d'une société privée
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Abbaye de Pontlevoy
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1034
Fondation de l’abbaye
1422
Fortification de l’abbaye
1562-1568
Pillages protestants
1644
Ouverture du collège
1776
Collège royal militaire
2019
Réouverture en lycée catholique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle du collège (cad. A 799) : classement par arrêté du 6 avril 1934 ; Bâtiments abbatiaux ; ancien manège ; deux terrasses et perrons qui les desservent ; fontaine des Joncs ; vivier ; tours Saint-Fiacre et Charles VII ; sol correspondant aux parties connues de l'emprise de l'ancienne abbaye (cad. A 793 à 797, 799, 807, 808) : classement par arrêté du 19 avril 1991

Personnages clés

Guelduin - Fondateur de l’abbaye Seigneur de Chaumont, pèlerin en Terre Sainte.
Cardinal de Richelieu - Abbé commendataire (1623) Unit Pontlevoy à Saint-Maur.
Louis XVI - Créateur du collège militaire Transforme l’abbaye en école d’élite.
Stéphane Bern - Parrain du Loto du patrimoine Soutien la rénovation du manège (2025).
Pierre de Bérulle - Réformateur de l’abbaye Rétabli la vie monastique au XVIIe.
Emmanuel Macron - Visiteur officiel (2025) Dans le cadre des Journées du patrimoine.

Origine et histoire

L’abbaye Notre-Dame de Pontlevoy, fondée en 1034 par Guelduin, seigneur de Chaumont, accueille initialement des moines bénédictins de Saint-Florent. Selon la légende, Guelduin l’aurait édifiée après une apparition mariale lors d’un pèlerinage en Terre Sainte, dédiant la chapelle à Notre-Dame des Blanches. L’abbaye, soumise à la règle de saint Benoît, s’enrichit grâce aux dons des fidèles et des seigneurs locaux, devenant un lieu spirituel et stratégique entre Blois et Tours.

Au XVe siècle, l’abbaye subit les ravages de la guerre de Cent Ans : pillages anglais, incendies et ruines poussent l’abbé Jean III Louveau à la reconstruire. Son successeur, Pierre Saire, la fortifie en 1422 avec l’autorisation du dauphin, transformant l’ancien château de Guelduin en forteresse. Malgré les querelles avec les voisins et les difficultés financières, l’abbé Guillaume de Plainvilliers obtient du pape Eugène IV des fonds pour restaurer l’abbaye et rebâtir la chapelle abbatiale, brûlée en 1390. La commende, instaurée en 1467, marque un tournant : les abbés, nommés par le roi, deviennent des figures lointaines, affaiblissant la vie monastique.

Aux XVIe–XVIIIe siècles, l’abbaye alterne entre destruction et renaissance. Pillée par les protestants en 1562 et 1568, elle est réparée en 1576 avant d’être abandonnée par l’abbé Louis de Brézé. Richelieu, abbé commendataire en 1623, l’unit à la Congrégation de Saint-Maur, relançant son rôle éducatif : un collège y ouvre en 1644, dirigé par Dom Alexis Bréard. En 1776, Louis XVI en fait un collège royal militaire, accueillant l’élite française. La Révolution supprime l’école militaire en 1792, mais le collège survit sous forme laïque, malgré les tensions avec la Convention.

Le XIXe siècle voit l’abbaye devenir un pensionnat concurrentiel, marqué par des crises financières (fraude d’un comptable en 1867) et des incendies (1884). Après avoir accueilli un hôpital américain en 1918 et un centre de formation professionnelle en 1945, le site décline au XXe siècle, passant entre les mains de projets éphémères (CENPAR, Promotrans). En 2001, l’Euram-Center y organise des stages pour étudiants américains, mais ferme en 2017 faute de fréquentation.

Depuis 2019, l’abbaye renaît en lycée catholique sous la tutelle du diocèse de Blois et de la Communauté Saint-Martin. Elle accueille 820 élèves en 2022, proposant des spécialités comme une ferme pédagogique liée à Chambord ou une option histoire parrainée par Stéphane Bern. Le site, classé monument historique en 1934 et 1991, combine patrimoine (manège lauréat du Loto du patrimoine en 2025) et innovation, comme la Rugby Heritage Cup en 2023. Des rénovations majeures sont en cours, préparant les célébrations de ses 1000 ans en 2034.

Architecturalement, l’abbaye actuelle résulte de transformations successives : cloîtres reconstruits après les guerres de Religion, tours médiévales converties en infirmerie (XVIIe siècle), et bâtiments scolaires achevés sous Louis XVI. Le manège, aujourd’hui salle de concerts, et les écuries (1788) témoignent de son passé militaire. Les fouilles ont révélé la pierre tombale de Jean Louveau, abbé du XVe siècle.

Liens externes