Abbaye de Psalmodie à Saint-Laurent-d'Aigouze dans le Gard

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise romane

Abbaye de Psalmodie

  • Psalmody
  • 30220 Saint-Laurent-d'Aigouze
Abbaye de Psalmodie
Abbaye de Psalmodie
Crédit photo : Unknown early 1900s - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Ve ou VIIe siècle
Fondation de l'abbaye
816
Protection impériale
851
Privilèges impériaux
908
Raid sarrasin
1004
Reconstruction de l'abbaye
1248
Vente du port
Fin du XIIe ou début du XIIIe siècle
Construction de l'édifice
XIVe siècle
Ajout du voûtement
1537
Sécularisation de l'abbaye
1703
Incendie de l'abbaye
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Vestiges (cad. C 48, 50, 233) : classement par arrêté du 13 novembre 1984 ; Vestiges (cad. C 232) : inscription par arrêté du 13 novembre 1984

Personnages clés

Louis le Débonnaire Empereur qui accorda sa protection à l'abbaye en 816.
Charles le Chauve Empereur qui attribua des privilèges à l'abbaye en 851.
Louis IX Roi qui acheta le port de Notre-Dame-des-Ports à l'abbaye en 1248.
Catinat Général qui incendia l'abbaye en 1703 pendant la guerre des Camisards.
Noël Loys Personnage qui reconstitua un cartulaire de l'abbaye au XVIIIe siècle.

Origine et histoire de l'Abbaye de Psalmodie

L'abbaye Saint-Pierre de Psalmody, aussi orthographiée Psalmodi ou Psalmodie, est une ancienne abbaye bénédictine dont les ruines se trouvent sur la commune de Saint-Laurent-d'Aigouze, dans le Gard (Occitanie). Sa fondation, attribuée aux moines de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, reste discutée ; les sources la situent au Ve ou au VIIe siècle. Installée sur une petite éminence dominant les marais du delta, elle semble avoir tiré parti d'un emplacement favorable à l'exploitation de pêcheries et de salins. L'ensemble de l'édifice appartient à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, avec un voûtement ajouté au XIVe siècle. Au Moyen Âge, l'abbaye eut une grande influence et s'enrichit par des dons, accumulant un patrimoine important dans le sud de la France actuelle. Son histoire est connue surtout par un cartulaire reconstitué au XVIIIe siècle par Noël Loys, dont les plus anciennes chartes, présentées comme remontant à la fin du VIIIe siècle, sont aujourd'hui reconnues comme des faux. L'abbaye bénéficia de protections impériales : Louis le Débonnaire lui accorda sa protection en 816 et Charles le Chauve lui attribua des privilèges en 851, tandis qu'une charte attribuée à Charlemagne (791) est considérée comme falsifiée mais avait contribué à son prestige. En 908 les moines durent fuir devant des raids sarrasins qui ravagèrent le monastère. Dès le début du Xe siècle, des marais salants appartenant à la communauté sont signalés ; leur production était commercialisée par voie fluviale depuis les petits ports de Notre-Dame-des-Ports sur l'Agual Mort et de Conse-Haute. Une assemblée de moines, clercs et chevaliers décida en 1004 la reconstruction de l'abbaye, qui obtint alors sa première possession outre-Rhône. Entre 1052 et 1096 l'abbaye perdit son autonomie et fut dirigée par Saint-Victor ; elle prit ensuite une importance considérable, jusqu'à dépendre directement de Rome. L'abbaye connut son apogée au XIIe siècle et, en 1248, vendit son port de Notre-Dame-des-Ports au roi Louis IX, qui y fit édifier Aigues-Mortes. À partir du XVe siècle l'établissement entra en déclin ; il fut sécularisé en 1537, les moines se réfugiant à la collégiale Notre-Dame de la Salvat, la plupart des biens étant attribués aux évêchés et quelques prieurés à la collégiale. Abandonnée, l'abbaye tomba progressivement en ruines puis fut incendiée en 1703 pendant la guerre des Camisards par Catinat. Sous la Révolution française ses biens furent déclarés biens nationaux et vendus. Aujourd'hui, seules quelques ruines éparses subsistent de cet ancien ensemble monastique.

Liens externes