Campagne de construction 1152 (≈ 1152)
Voûtement et ajout du clocher
XIIIe siècle
Droit de porter la mitre
Droit de porter la mitre XIIIe siècle (≈ 1350)
Privilège papal pour l'abbé
1774–1780
Union avec d'autres monastères
Union avec d'autres monastères 1774–1780 (≈ 1777)
Fin de la vie monastique
1840 et 1954
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques 1840 et 1954 (≈ 1954)
Protection de l'église et du cloître
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840 ; Ancien cloître de Saint-André-le-Bas et les cinq colonnettes avec leurs bases et chapiteaux déposés sur la terrasse du musée chrétien attenant : classement par arrêté du 8 février 1954
Personnages clés
Ansemond - Duc et fondateur
Fonde l'abbaye au VIe siècle
Guillaume (fils de Martin) - Maître d'œuvre en 1152
Dirige la campagne de construction
Jules Formigé - Architecte-restaurateur
Reconstitue façade et cloître (XXe siècle)
Origine et histoire de l'Abbaye de Saint-André-le-Bas
L'abbaye de Saint-André-le-Bas, située à Vienne dans l'Isère, est fondée au VIe siècle par le duc Ansemond, selon une copie tardive de son testament conservée aux archives départementales. Implantée au confluent du Rhône et de la Gère, elle devient un monastère masculin après la restauration de l'église Saint-Pierre et l'enrichissement de l'abbaye féminine de Saint-André-le-Haut. Les débuts de l'abbaye restent mal documentés, mais son église devient la chapelle du palais des rois de Bourgogne à la fin du IXe siècle. Elle adopte la règle bénédictine vers la fin du Xe siècle, attirant des donations qui en font la deuxième abbaye la plus puissante de Vienne, après Saint-Pierre.
Au XIIe siècle, l'abbaye connaît un essor architectural et politique. L'abbé obtient du pape le droit de porter la mitre au XIIIe siècle, tandis que le quartier environnant, appelé la Grande Paroisse, abrite une importante communauté juive et accueille les premières réunions des consuls de la ville. L'église abbatiale, construite sur une plateforme romaine, subit deux campagnes majeures : la première au Xe siècle (murs gouttereaux, abside à alternance de briques et pierres), la seconde en 1152 (voûtement, arcs-boutants, clocher). Des chapelles sont ajoutées à partir du XIIIe siècle, et les stalles du chœur datent du XVIIIe siècle.
Le déclin s'amorce avec la guerre de Cent Ans et la concurrence des nouveaux ordres religieux. Les guerres de Religion achèvent d'affaiblir l'abbaye, dont les moines se raréfient. Elle est unie aux monastères de Saint-Chef en 1774 et de Saint-Pierre en 1780, mettant fin à la vie monastique avant la Révolution. L'église devient paroissiale, et les bâtiments conventuels sont vendus ou démembrés. Au XIXe siècle, la façade menaçante est reconstruite par l'architecte Jules Formigé au début du XXe siècle, qui restaure aussi le cloître roman (milieu XIIe siècle), seul exemple complet en Rhône-Alpes, et son plafond lambrissé du XVe siècle.
Le site conserve des vestiges gallo-romains (escalier monumental, portique du forum) et des éléments médiévaux comme des stèles des XIIe–XIIIe siècles enchâssées dans les murs. L'abbatiale abrite un orgue Merklin restauré en 2017. Les bâtiments annexes, comme la maison du chamarier (XIIIe siècle) ou le palais abbatial (escalier du XVIIIe siècle), témoignent de son importance passée. Classée dès 1840 pour l'église et en 1954 pour le cloître, l'abbaye illustre l'histoire religieuse et architecturale de Vienne, de l'Antiquité au XVIIIe siècle.