Patrimoine classé
Emplacement, en réserve archéologique, du choeur de l'ancienne église sous la pelouse inscrite dans l'angle des rues Aux-Ours et Poncelet ; façades et toitures de la partie subsistante de l'ancienne église, y compris la ruelle et les contreforts qui l'enjambent, ainsi que la tour ; façades et toitures des bâtiments de l'ancienne abbaye, y compris le cloître et les deux terrasses au Nord-Ouest ; façades du bâtiment perpendiculaire à l'ancienne église, côté rue Aux-Ours, avec retour sur la rue Poncelet et sur cour et les parties de toitures correspondantes, ainsi que du corps d'entrée de l'ancienne abbaye rue Aux-Ours ; façades et toitures du corps de garde, rue Aux-Ours ; façades et toitures de l'ancien quartier des élèves ; escalier sur mur d'échiffre, porte de la bibliothèque, ancienne sacristie, ancienne salle capitulaire (bibliothèque) et corridor donnant accès rue Aux-Ours, dans l'aile Sud-Est du cloître ; ancien réfectoire et ancienne cuisine, dite aussi salle du prieur, dans l'aile Nord-Est du cloître ; six chambres avec leurs plafonds, dans l'aile Nord-Ouest du cloître (cad. 39 189, 191, 192) : inscription par arrêté du 24 février 1986
Personnages clés
| Arnoul de Metz - Évêque et saint |
Fondateur légendaire, reliques déposées en 641. |
| Charlemagne - Empereur carolingien |
En fit une nécropole familiale. |
| Louis le Pieux - Empereur carolingien |
Enterré dans l’abbaye. |
| Adalbéron Ier - Évêque de Metz |
Réforma l’abbaye en 942. |
| Guillaume de Volpiano - Réformateur monastique |
Dirigea les réformes vers l’an 1000. |
| Henri II - Roi de France |
Commanda le mausolée de Louis le Pieux. |
Origine et histoire de l'Abbaye de Saint-Arnould
L’abbaye Saint-Arnould, aussi appelée abbaye des Saints-Apôtres, est une ancienne institution bénédictine fondée à Metz au VIe siècle. Son nom rend hommage à Arnoul (ou Arnulf), évêque de Metz au VIIe siècle, dont les reliques y furent déposées en 641. Bien que la légende l’associe à une fondation au IIe siècle par l’évêque Patient, aucune preuve historique ne confirme cette origine avant le VIe siècle. Initialement située hors des remparts, près de la voie romaine vers Toul, elle devint sous Charlemagne une nécropole familiale, abritant les tombes de Hildegarde, Louis le Pieux et d’autres membres de la dynastie carolingienne.
L’abbaye connut plusieurs destructions et reconstructions, notamment aux IXe et Xe siècles, peut-être causées par les Normands ou les Hongrois. En 942, l’évêque Adalbéron Ier y instaura la règle bénédictine en remplaçant les chanoines par des moines de Gorze. Au XIe siècle, sous l’impulsion de Guillaume de Volpiano, l’abbaye fut réformée et agrandie, avant d’être détruite lors du siège de Metz par Charles Quint en 1552. Les reliques et tombeaux impériaux furent alors transférés dans le couvent des Prêcheurs, à l’intérieur des remparts.
Après la Révolution, l’abbaye fut confisquée comme bien national, et ses bâtiments furent réaffectés à des usages militaires, devenant successivement une école d’artillerie, une école de guerre allemande (Kriegsschule), puis le cercle des officiers de Metz. Aujourd’hui, une partie des vestiges, dont le cloître et des éléments architecturaux, subsiste rue Aux-Ours. Une pietà polychrome du XVIe siècle, redécouverte en 1990, témoigne de son riche patrimoine artistique.
L’abbaye joua un rôle économique local en possédant des terres et villages du Pays messin, comme Vigy, Cheminot ou Rémilly, donnés par Arnoul et les Carolingiens. Son déclin débuta avec les guerres du XVIe siècle, mais son héritage perdure à travers les bâtiments conservés et les fouilles archéologiques.
Parmi ses trésors perdus figurent les tombeaux carolingiens, dont celui de Louis le Pieux, partiellement conservé au musée de Metz. Le mausolée, commandé par Henri II au XVIe siècle, symbolisait la filiation entre les Valois et les Carolingiens. L’abbaye fut aussi un lieu de réforme monastique, lié à Gorze et à la congrégation de Saint-Vanne.