Frise chronologique
VIe siècle
Fondation initiale
Fondation initiale
VIe siècle (≈ 650)
Monastère bénédictin fortifié par une petite communauté.
1080
Remplacement des moines
Remplacement des moines
1080 (≈ 1080)
Moines bénédictins remplacés par des disciples de saint Maur.
XIIe et XIIIe siècles
Reconstruction de l’abbaye
Reconstruction de l’abbaye
XIIe et XIIIe siècles (≈ 1350)
Édification de l’abbaye actuelle pour les pèlerins.
XIVe siècle
Fortifications pendant la guerre de Cent Ans
Fortifications pendant la guerre de Cent Ans
XIVe siècle (≈ 1450)
Douves, meurtrières et suppression de la galerie du cloître.
XVIe et XVIIe siècles
Modifications défensives pendant les guerres de Religion
Modifications défensives pendant les guerres de Religion
XVIe et XVIIe siècles (≈ 1750)
Entrée fortifiée, rosace murée, chevet remanié.
1770
Départ des moines
Départ des moines
1770 (≈ 1770)
Abbé cède l’abbatiale à la paroisse et les bâtiments à la commune.
1886
Classement de l’église abbatiale
Classement de l’église abbatiale
1886 (≈ 1886)
Classée monument historique.
1990
Inscription des bâtiments conventuels
Inscription des bâtiments conventuels
1990 (≈ 1990)
Façades, toitures, escalier et cour intérieure protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments ; grand arc brisé situé contre le mur Est du bâtiment Sud ; escalier du 17s et escalier à vis dans le bâtiment Ouest ; sol et sous-sol de la cour intérieure (cad. AB 83, 84, 51 à 54) : inscription par arrêté du 4 juillet 1990
Personnages clés
| Hélie du Bosc - Prieur régulier |
Mentionné en 1445 dans les archives. |
| Bernard de Durfort - Prieur régulier |
En fonction de 1511 à 1525. |
| Amanieu de Foix - Abbé commendataire |
Évêque de Carcassonne et de Bazas (1532-1559). |
| Arnaud II de Gasc - Abbé commendataire et restaurateur |
Revoûte l’église en 1607, surnommé *cenobii abbas et restaurator*. |
| Gaspard de Batz de Trenquelléon - Abbé commendataire |
Commande le lutrin en bois au XVIIIe siècle. |
| Roch-Étienne de Vichy - Dernier abbé commendataire |
En fonction de 1785 à 1790, période du déclin. |
Origine et histoire
L'abbaye de Saint-Ferme, fondée au VIe siècle par une communauté bénédictine, fut reconstruite aux XIe et XIIIe siècles pour accueillir les pèlerins de Compostelle. Initialement monastère fortifié, elle devint un lieu d’accueil et de soins sous la tutelle de l’évêque de Bazas et de l’abbaye Saint-Florent de Saumur. Les moines y vécurent jusqu’à leur expulsion en 1080, remplacés par des disciples de saint Maur, qui édifièrent l’abbaye actuelle.
Pendant la guerre de Cent Ans (XIVe siècle), l’abbaye fut fortifiée : douves creusées, fenêtres murées ou transformées en meurtrières, et galerie du cloître supprimée. Les bâtiments, constamment modifiés jusqu’au XIXe siècle, s’organisent autour d’une cour pavée. La salle capitulaire, le logis de l’abbé et le dortoir occupaient respectivement les ailes est, sud et ouest. L’abbaye possédait alors 7 prieurés, 8 moulins, et des terres réparties sur 6 paroisses.
Aux XVIe et XVIIe siècles, les guerres de Religion marquèrent profondément l’abbaye. Les bâtiments claustraux furent adaptés à des fins défensives : l’entrée fut fortifiée par des contreforts soutenant un assommoir, et la grande rosace murée. Le chevet fut remanié, tout comme la salle de justice, installée dans une ancienne hostellerie. Après 1453, les abbés introduisirent des éléments de confort, comme une cheminée monumentale du XVIe siècle, aujourd’hui visible dans l’ancien scriptorium.
Au XVIIIe siècle, sous l’abbatiat commendataire, l’abbaye déclina. Les moines quittèrent définitivement les lieux avant la Révolution, cédant l’abbatiale à la paroisse et les bâtiments à la commune. Ceux-ci abritèrent dès lors une école, une mairie, et aujourd’hui un musée sur la vie monastique. L’abbatiale, classée monument historique depuis 1886, et les bâtiments conventuels, inscrits en 1990, témoignent de ce riche passé.
L’église abbatiale, commencée au XIIe siècle, présente un plan en croix latine avec une nef unique et un chevet à trois absides tangentes, décorées de 30 chapiteaux, dont 18 historiés. La croisée du transept, couverte d’une voûte sur voussures sculptées dans le style saintongeais, est l’un des premiers exemples de ce type en Aquitaine. Le clocher, utilisé comme donjon pendant la guerre de Cent Ans, domine l’ensemble.
Les chapiteaux romans de l’abbatiale illustrent des scènes bibliques et moralisatrices, comme Daniel dans la fosse aux lions ou David et Goliath. Ces sculptures, d’une qualité exceptionnelle, reflètent l’influence artistique régionale. L’abbaye, située sur une voie de pèlerinage, joua aussi un rôle juridique et social, avec une salle de justice ornée d’une allégorie de la Justice, rappelant les pouvoirs considérables de l’abbé, à la fois seigneur local et représentant de la justice royale.