Abbaye de Saint-Ferme en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Saint-Ferme

  • 10-16 Le Bourg
  • 33580 Saint-Ferme
Abbaye de Saint-Ferme
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Abbaye de Saint-Ferme
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Abbaye de Saint-Ferme
Crédit photo : Henry Salomé - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1080
Fondation bénédictine
XIIIe siècle
Construction et fortification
XIVe siècle
Renforcement défensif
XVIe et XVIIe siècles
Remaniements défensifs
1770
Fin de l'abbaye
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments ; grand arc brisé situé contre le mur Est du bâtiment Sud ; escalier du 17s et escalier à vis dans le bâtiment Ouest ; sol et sous-sol de la cour intérieure (cad. AB 83, 84, 51 à 54) : inscription par arrêté du 4 juillet 1990

Personnages clés

Arnaud du Gasc Abbé ayant tenté une restauration après les dégâts causés par les Protestants.
Turenne Chef protestant ayant pris l'abbaye en 1586.
Boisse-Pardaillan Personnage ayant dévasté l'abbaye en 1615.

Origine et histoire de l'Abbaye

L'ancienne abbaye de Saint-Ferme, située dans la commune de Saint-Ferme en Gironde, occupe une place du bourg le long de la route départementale D16 et jouxte l'église ; la mairie est installée dans la partie sud‑ouest du bâtiment. Le monastère est mentionné dès 1080, mais ses archives ont été perdues et son histoire reste partiellement obscure. Une première communauté bénédictine y aurait établi un monastère fortifié du VIe au VIIIe siècle ; accusés de nicolaïsme et de simonie, ces moines furent tués par le vicomte de Gensac en 1080 et remplacés par des religieux disciples de saint Maur, placés sous la tutelle de l'évêque de Bazas et de l'abbaye Saint‑Florent de Saumur. Les moines des XIe et XIIIe siècles édifièrent l'abbaye actuelle pour accueillir et soigner les pèlerins de Compostelle. L'abbaye possédait de nombreuses dépendances et revenus : sept prieurés, huit moulins, cinq chais, ainsi que terres, vignes et forêts répartis sur six paroisses. Du XIIIe siècle au début du XIVe siècle, le monastère et le village furent fortifiés ; pendant la guerre de Cent Ans des douves furent creusées et des galeries du cloître et des fenêtres transformées en éléments défensifs. Aux XVIe et XVIIe siècles, les guerres de Religion entraînèrent de nouveaux remaniements défensifs : l'entrée fut renforcée par de puissants contreforts soutenant un assommoir, la grande rosace fut en partie murée et le chevet modifié à plusieurs reprises. En 1586 les Protestants commandés par Turenne prirent l'abbaye ; l'abbé Arnaud du Gasc tenta une restauration, mais le monastère fut de nouveau dévasté par Boisse‑Pardaillan en 1615. Le 10 août 1770 l'évêque de Bazas prononça l'extinction de l'abbaye ; peu après les moines la quittèrent définitivement et l'abbatiale devint l'église paroissiale. Avant de partir, l'abbé fit donation des bâtiments « en commune » en imposant l'installation d'une école pour garçons au rez‑de‑chaussée et d'une école pour filles à l'étage ; les locaux accueillirent ensuite la maison commune puis la mairie. Les bâtiments conventuels s'articulent autour d'une cour pavée dont le cloître a disparu ; l'accès se fait par un couloir à l'angle de la façade ouest de l'église et un second couloir, autrefois fortifié, mène à l'extérieur. L'aile est, située à l'emplacement de l'ancienne salle capitulaire, fut reconvertie en presbytère au XVIIIe siècle et renfermait les appartements de l'abbé ; l'aile sud, qui contenait l'hôpital, le réfectoire et le dortoir, conserve des traces d'un plan primitif remanié et abrite au rez‑de‑chaussée deux salles voûtées identifiées comme la prison et la salle de justice, cette dernière présentant une cheminée à hotte ornée d'une fresque. L'aile ouest, soutenue par des contreforts et pourvue de meurtrières, comporte un escalier protégé par des embrasures menant au premier étage, puis une tourelle en vis conduisant au second. La tour en poivrière du XVe siècle, reconstruite au XVIIe siècle, abrite un escalier en vis et dessert aujourd'hui l'écomusée et le trésor monétaire. La grande cheminée, taillée dans le calcaire de Monbazillac, présente des piédroits sculptés, un important linteau et une hotte encadrée de pilastres ; le fond est doublé de tuiles plates et la cheminée fut restaurée en 1977. L'abbaye, étape de la via Lemovicensis entre Pellegrue et Monségur, a dès l'origine une vocation hôtelière pour les pèlerins ; l'ancienne hostellerie fut remaniée au fil des siècles et divisée en cinq salles voûtées au milieu du XIVe siècle. L'église abbatiale, commencée au XIe‑XIIe siècle, présente un plan en croix latine avec une nef voûtée, un chevet à trois absides décorées de trente chapiteaux — dont dix‑huit historiés — et une croisée du transept couverte d'une voûte sur voussures à 27 mètres du sol, œuvre du « maître de Saint‑Ferme ». Le clocher carré de la croisée servit de donjon pendant la guerre de Cent Ans et un campanile modeste remplace ce couronnement au XIXe siècle. L'imagerie romane intérieure est riche : dix‑huit chapiteaux historiés et sept chapiteaux à décor végétal ornent l'abside, les absidioles, la nef et le transept avec des thèmes bibliques, symboliques et moralistes. Parmi les chapiteaux remarquables figurent Daniel dans la fosse aux lions, David et Goliath, la Présentation au Temple, la Tentation au Paradis, le Lavement des pieds et de nombreuses figures animales ou monstrueuses à valeur symbolique. La nef et le sanctuaire conservent aussi des œuvres notables, notamment une sculpture monumentale du Christ en croix placée à l'époque où l'abbatiale devint paroissiale et un lutrin en bois de cerisier et de noyer commandé au XVIIIe siècle et restauré au XIXe. La salle de justice aménagée au XVIIIe siècle porte une peinture murale évoquant les pouvoirs judiciaires de l'abbé et une petite salle voûtée accolée servit de salle d'écrou ; le domaine de l'abbaye comprenait autrefois des lieux d'exécution et de détention, mentionnés dans les sources. L'abbaye abrite aujourd'hui la mairie, un musée sur la vie monastique et le trésor de 1 300 monnaies romaines découvert à proximité en 1986. L'église abbatiale est classée monument historique depuis 1886 et de nombreux éléments des bâtiments abbatiaux — façades, toitures, une arcade et un escalier du XVIIe siècle ainsi que la cour intérieure — ont été inscrits en 1990.

Liens externes