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Abbaye de Saint-Georges-du-Bois à Saint-Martin-des-Bois dans le Loir-et-Cher

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Loir-et-Cher

Abbaye de Saint-Georges-du-Bois

    Le Bourg
    41800 Saint-Martin-des-Bois
Propriété privée
Abbaye de Saint-Georges-du-Bois
Abbaye de Saint-Georges-du-Bois
Abbaye de Saint-Georges-du-Bois
Abbaye de Saint-Georges-du-Bois
Abbaye de Saint-Georges-du-Bois
Crédit photo : Grefeuille - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500
600
1000
1100
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
532-543
Fondation par Childebert Ier
Xe siècle
Destruction par les Vikings
1075-1085
Réoccupation par des chanoines
XIIe-XIIIe siècles
Construction église et salle capitulaire
1791
Vente comme bien national
2022
Incendie de l’aile ouest
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye de Saint-Georges-du-Bois (restes) , comprenant l'église abbatiale et la salle capitulaire : inscription par arrêté du 8 mai 1939

Personnages clés

Childebert Ier - Roi franc Fonda l’abbaye (532-543)
Hildebert de Lavardin - Évêque du Mans Tenta de réformer l’abbaye (XIIe)
Bouchard IV de Vendôme - Comte de Vendôme Dona une prébende (1187)
Louis de Bourbon-Vendôme - Évêque d’Avranches Travaux au logis abbatial (1508-1510)
Jean-Sébastien de Querhoent-Montoire - Marquis, acquéreur Transforma l’abbaye en château (1792)
Alfred Spoerry - Propriétaire (1924) Fit classer la salle capitulaire

Origine et histoire

L’abbaye de Saint-Georges-du-Bois fut fondée entre 532 et 543 par le roi franc Childebert Ier et la reine Ultrogothe, qui en firent don à l’évêque Innocent du Mans. Installée en forêt de Gâtine, elle fut d’abord un monastère bénédictin comptant 60 moines sous l’évêque Aiglibert, avant de tomber aux mains de laïcs au VIIIe siècle. Détruite par les Vikings au Xe siècle, elle fut abandonnée jusqu’à sa réoccupation vers 1075-1085 par des chanoines réguliers de Vendôme, marquant le début d’une période de prospérité.

Au XIIe siècle, l’abbaye devint un lieu d’influence religieuse et politique. Vers 1100, elle accueillit des négociations entre Hildebert de Lavardin (évêque du Mans), Hamelin II de Montoire, et un moine de Vendôme. Bien que l’évêque ait tenté de la rattacher à Marmoutier (Tours) pour restaurer sa discipline, l’abbaye conservait son autonomie et étendait son patrimoine grâce à des dons, comme celui du comte Bouchard IV de Vendôme en 1187. La salle capitulaire (XIIIe siècle) et l’église abbatiale (fin XIIe) illustrent cette époque faste.

À partir du XIVe siècle, l’abbaye déclina progressivement. Malgré des travaux menés par Louis de Bourbon-Vendôme (1508-1510) et l’installation d’une cloche par Charles de Latousche (1515), elle ne comptait plus que 11 religieux en 1550, puis un seul moine en 1720. Une tentative de relance par les Prémontrés en 1726 échoua : seuls 4 moines y vivaient en 1780. À la Révolution, l’abbaye fut vendue comme bien national (1791) et transformée en château par le marquis Jean-Sébastien de Querhoent-Montoire, qui en fit sa résidence jusqu’à sa mort en 1821.

Au XIXe siècle, le domaine changea plusieurs fois de mains, passant des Querhoent-Montoire aux familles Valin, de Gestas, puis Le Vassor d’Yerville, avant d’être acquis par Alfred Spoerry en 1924. Ce dernier fit inscrire la salle capitulaire et la chapelle aux Monuments Historiques (1939). En 1999, l’abbaye fut léguée à l’évêché de Blois, qui y installa des bénédictins de Flavigny (2001-2020). Un incendie en décembre 2022 endommagea gravement une aile, relançant les débats sur son avenir.

Architecturalement, l’abbaye conserve une église du XIIe siècle à nef unique, un transept et une abside semi-circulaire voûtée d’ogives dans le style gothique angevin. Le dernier bâtiment du cloître (43 m de long), intégré au château au XIXe siècle, abrite l’ancienne salle capitulaire. Malgré les destructions, ces vestiges rappellent son rôle spirituel et seigneurial, entre donations royales, conflits religieux et adaptations modernes.

Liens externes