Fondation de l'abbaye 1152 (≈ 1152)
Création par Adélaïde de Savoie pour sœurs bénédictines.
1160-1170
Construction de la salle capitulaire
Construction de la salle capitulaire 1160-1170 (≈ 1165)
Première phase des bâtiments conventuels en gothique primitif.
1220-1225
Édification de l'église abbatiale
Édification de l'église abbatiale 1220-1225 (≈ 1223)
Style gothique primitif, voûtes sexpartites dans le chœur.
1634
Échange avec les chanoines de Royallieu
Échange avec les chanoines de Royallieu 1634 (≈ 1634)
Départ des moniales, arrivée des augustins.
1652
Pillage par les troupes de Turenne
Pillage par les troupes de Turenne 1652 (≈ 1652)
Dégâts irréversibles pour le prieuré.
1761
Suppression du prieuré
Suppression du prieuré 1761 (≈ 1761)
L’église devient paroissiale, vente des bâtiments.
1862
Classement de l'église
Classement de l'église 1862 (≈ 1862)
Première protection au titre des monuments historiques.
1889
Classement salle capitulaire et porte
Classement salle capitulaire et porte 1889 (≈ 1889)
Protection complémentaire des vestiges médiéval.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862 ; Salle capitulaire et entrée de l'abbaye : classement par liste de 1889
Personnages clés
Adélaïde de Savoie - Reine de France, fondatrice
Veuvage de Louis VI, achat des terres en 1152.
Rosceline - Première abbesse (1152-1190)
Gestion des reliques de sainte Euphrosine.
Louis VII - Roi de France, bienfaiteur
Don de dîmes en 1155 pour soulager la pauvreté.
Philippe Auguste - Roi de France, donateur
Chartes en 1187 et 1194 pour droits temporaires.
Gabrielle de L'Aubespine - Dernière abbesse bénédictine
Organisa l’échange avec Royallieu en 1634.
Max Mimey - Architecte restaurateur (XIXe)
Projet de restauration de l’église (1853-1879).
Origine et histoire
L’abbaye de Saint-Jean-aux-Bois fut fondée en 1152 par Adélaïde de Savoie, veuve de Louis VI, pour y installer une communauté de sœurs bénédictines sous la règle de Cluny. La reine acquit des terres et l’ancienne maison royale de Cuise, donnée autrefois au prieuré de Béthisy-Saint-Pierre. La construction des bâtiments conventuels débuta peu après, mais l’église abbatiale ne fut édifiée qu’entre 1220 et 1225, dans un style gothique primitif sobre et élégant. L’abbaye, initialement modeste, vécut grâce à des dons royaux et des droits d’usage en forêt de Compiègne, attirant jusqu’à 40 moniales et des pèlerins grâce aux reliques de sainte Euphrosine, volées en 1152.
En 1634, les moniales quittèrent le site pour Compiègne, échangeant leur monastère avec les chanoines augustins de Royallieu. Ces derniers, installés à Saint-Jean-aux-Bois, subirent un pillage en 1652 par les troupes de Turenne, accélérant leur déclin. Le prieuré fut supprimé en 1761 pour raisons économiques, et l’église devint paroissiale. Les bâtiments conventuels, vendus comme biens nationaux après 1791, tombèrent en ruine, ne laissant subsister que la salle capitulaire, la porte fortifiée et quelques vestiges. L’église, classée dès 1862, fut restaurée au XIXe siècle, préservant son architecture gothique et ses vitraux du XIIIe siècle.
L’abbaye joua un rôle spirituel et économique local, avec des liens étroits à la couronne française. Les rois, comme Louis VII ou Philippe Auguste, y firent des séjours et des dons, tandis que les moniales géraient des terres et un pèlerinage lucratif. Après 1634, les chanoines augustins tentèrent de réformer le site, mais leur communauté, réduite à trois membres en 1761, ne survécut pas. Le village de Saint-Jean-aux-Bois naquit autour de l’abbaye au XVIIe siècle, lorsque les chanoines louèrent des maisons aux habitants pour générer des revenus.
L’église abbatiale, de plan cruciforme sans collatéraux, se distingue par son transept à voûtes sexpartites et ses colonnes élancées. La nef, sobre, contraste avec le chœur et les croisillons, richement éclairés par des lancettes. La salle capitulaire, antérieure à l’église (XIIe siècle), illustre le gothique primitif avec ses chapiteaux à feuilles d’eau. Les vestiges extérieurs, comme la porte fortifiée du XVIe siècle et les murs d’enceinte, rappellent son passé défensif. Les vitraux du chœur (vers 1230), classés, dépeignent la Passion du Christ en grisaille et polychromie.
Aujourd’hui, l’église paroissiale et la salle capitulaire, ouvertes au public, perpétuent la mémoire des deux communautés religieuses. Le site, propriété municipale, allie patrimoine architectural et cadre forestier préservé. Les messes y sont célébrées mensuellement, et les vestiges, classés monuments historiques (1862 et 1889), attirent les amateurs d’art médiéval. La restauration du XIXe siècle, bien que controversée pour ses ajouts (comme la rosace occidentale), sauva l’édifice de la ruine, tout en effaçant partiellement ses décors peints d’origine.
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