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Abbaye de Saint-Jean-des-Prés à Guillac dans le Morbihan

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Saint-Jean-des-Prés

    Saint-Jean-des-Prés
    56800 Guillac
Propriété privée
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Abbaye de Saint-Jean-des-Prés
Crédit photo : Édouard Hue (User:EdouardHue) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1159
Fondation de l’abbaye
1507
Passage en commende
1663-1682
Reconstruction baroque
1791
Vente comme bien national
vers 1800
Démolition de l’église
3 décembre 1998
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures des bâtiments XVIIe siècle, du corps de logis principal et de l'aile en retour d'équerre ; mur de clôture ; portail d'entrée ; les deux escaliers intérieurs (cad. ZA 1) : classement par arrêté du 3 décembre 1998 - Intérieurs (à l'exclusion des deux escaliers classés) (cad. ZA 1) : inscription par arrêté du 3 décembre 1998

Personnages clés

Eon II - Vicomte de Porhoët Fondateur de l’abbaye vers 1159
Robert [Lescuyer] - Abbé reconstructeur Rebâtit les bâtiments vers 1400
C. Gail - Administrateur génovéfain Supervisa les travaux de 1682
Joseph Le Guerson - Entrepreneur en 1789 Chargé des réparations interrompues
Duc de Rohan-Josselin - Propriétaire actuel Résident de l’abbaye aujourd’hui

Origine et histoire

L’abbaye de Saint-Jean-des-Prés, fondée vers 1159 par Eon II, vicomte de Porhoët, était initialement une communauté de chanoines réguliers suivant la règle de saint Augustin. Située à Guillac (Morbihan), elle dépendait successivement des diocèses de Saint-Malo puis de Vannes. Dès 1507, elle tomba en commende, un système où l’abbé, souvent absent, était nommé par le roi ou le pape pour percevoir les revenus, affaiblissant la vie monastique. Malgré des tentatives de réforme, l’abbaye ne parvint jamais à s’affranchir de ce régime.

En 1663, l’abbaye s’unit à la Congrégation de Sainte-Geneviève (ou Génovéfains), une réforme visant à restaurer la discipline monastique. Cette union marqua le début d’une reconstruction majeure des bâtiments, menée entre 1663 et 1682 sous l’administration de C. Gail, comme en témoigne une inscription latine sur une sablière. Les travaux inclurent le transfert du cloître du nord au sud, mais d’autres projets (comme la démolition-reconstruction prévue en 1733 et 1778) ne furent jamais réalisés. Seuls des aménagements ponctuels eurent lieu, comme le potager de la cuisine (1770) ou des réparations en 1789, interrompues par la Révolution.

La Révolution française sonna le glas de l’abbaye : vendue comme bien national en 1791 à un certain Mailhos, elle perdit son église et sa maison abbatiale inachevée, démolies vers 1800. Au XIXe siècle, le site fut transformé : une distillerie s’y installa entre 1815 et 1828, et des aménagements intérieurs ainsi que des bâtiments agricoles furent ajoutés. Aujourd’hui, l’abbaye appartient à la famille de Rohan-Chabot, et le duc de Rohan-Josselin y réside. Les éléments classés (façades, toitures, portail, escaliers) datent principalement du XVIIe siècle, tandis que les intérieurs (hors escaliers) sont inscrits depuis 1998.

L’histoire de l’abbaye reflète les bouleversements religieux et politiques de la Bretagne : fondation médiévale sous l’influence des vicomtes de Porhoët, déclin sous la commende, renaissance baroque avec les Génovéfains, puis destruction révolutionnaire. Les vestiges actuels, mêlant architecture classique et réaménagements post-révolutionnaires, en font un témoignage rare de l’évolution des abbayes bretonnes sur près de 900 ans.

Liens externes