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Abbaye de Saint-Laurent-l'Abbaye dans la Nièvre

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise romane

Abbaye de Saint-Laurent-l'Abbaye

    4 Route de Villiers
    58150 Saint-Laurent

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500
600
1000
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
Vers 530
Fondation bénédictine
1084
Transformation augustinienne
1199
Bataille dévastatrice
Fin XIIe siècle
Apogée
XIVe–XVIe siècles
Guerres et destructions
1780–1790
Suppression
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Wulfin - Fondateur (VIe siècle) Prince mérovingien, créa le monastère.
Robert de Nevers - Évêque d’Auxerre (1076–1084) Transforma le monastère en abbaye augustinienne.
Hervé de Donzy - Seigneur local (XIIe siècle) Vainqueur de Pierre II à Saint-Laurent.
Pierre II de Courtenay - Comte de Nevers (XIIe siècle) Sacca l’abbaye en 1199.
Jean de Noyers - Abbé de Saint-Père (XIVe siècle) Associa son monastère à Saint-Laurent.
Balthazar Phélypeaux - Abbé commendataire (1682–1691) Marqua le déclin moderne.

Origine et histoire

L'abbaye Saint-Laurent-lès-Cosne, fondée au VIe siècle comme monastère bénédictin sous le nom de Saint-Wulfin, devint une abbaye augustinienne au XIe siècle. Située à 10 km au sud de Cosne dans la Nièvre, elle fut une étape majeure sur la route de Compostelle. À son apogée à la fin du XIIe siècle, elle rivalisait d’influence avec le prieuré de La Charité, avant de subir pillages et destructions lors des guerres (bataille de 1199, guerre de Cent Ans, guerres de Religion).

Le monastère fut initialement établi par Wulfin, prince de sang royal, vers 530 sur des terres données par Clovis après sa victoire à Vouillé (507). D’abord dédié à saint Laurent, il prit le nom de monastère Saint-Wulfin avant d’être appelé Longoretense monasterium albatorum pour le distinguer d’un autre monastère homonyme en Berry. Transformée en abbaye augustinienne vers 1084 par Robert de Nevers, elle prospéra grâce aux dons et aux revenus de nombreuses églises environnantes, comme Saint-Eusèbe d’Auxerre.

L’abbaye connut des avatars répétés : saccagée en 1199 lors d’un conflit entre Hervé de Donzy et Pierre II de Courtenay, pillée en 1405 par les troupes du duc d’Orléans, et incendiée en 1475. Les guerres de Religion (XVIe siècle) détruisirent une grande partie des bâtiments. Malgré des réformes tentées aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’abbaye déclina jusqu’à sa suppression avant la Révolution. En 1816, un incendie acheva de ravager les vestiges, et le clocher s’effondra en 1948.

Les vestiges actuels, partiellement classés monuments historiques (1996, 2025), incluent des éléments de l’église (nef, transept) et des bâtiments conventuels (salle capitulaire, réfectoire). L’église, de 40 m de long, présentait une coupole sur trompes et un portail roman, dont des chapiteaux sont aujourd’hui conservés au musée de Philadelphie. Le site, propriété partagée entre la commune et des particuliers, reste interdit d’accès pour raisons de sécurité.

L’abbaye posséda de nombreuses dépendances, comme le prieuré Saint-Eusèbe d’Auxerre (XIe–XVIIIe siècles), où les chanoines de Saint-Laurent introduisirent la règle augustinienne. D’autres églises (Saint-Symphorien de Cours, Saint-Loup-et-Saint-Gildard de Nevers) furent rattachées à l’abbaye, témoignant de son rayonnement spirituel et économique. Les abbés commendataires (XVIIe–XVIIIe siècles) marquèrent sa fin, avec seulement deux religieux présents entre 1780 et 1790.

Saint-Laurent-l’Abbaye illustre l’évolution des établissements monastiques médiévaux, passant d’un monastère bénédictin à une abbaye augustinienne prospère, avant de décliner sous les effets des conflits et des réformes. Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux de la Bourgogne et du Nivernais, de l’époque mérovingienne à la Révolution.

Liens externes