Frise chronologique
961
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
961 (≈ 961)
Transformation de l'église par Guillaume Tête d'Étoupe.
XIIe siècle
Construction romane
Construction romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Crypte et pierres sculptées encore visibles.
1505-1540
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
1505-1540 (≈ 1523)
Cloître et salle capitulaire édifiés.
XVIe siècle
Destruction pendant les guerres de Religion
Destruction pendant les guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Abbaye pillée et ruinée.
1725
Restauration partielle
Restauration partielle
1725 (≈ 1725)
Travaux post-guerres de Religion.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Fin de la vie monastique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges de l'abbaye en totalité, comprenant notamment la crypte, le cloître, la salle capitulaire et la fuye, ainsi que le sol des parcelles DZ 101, 102, 113 à 118 : inscription par arrêté du 26 janvier 2004
Personnages clés
| Guillaume Tête d'Étoupe - Comte de Poitou |
Fonda l’abbaye en 961. |
Origine et histoire
L’abbaye de Saint-Liguaire trouve ses origines en 961, lorsque Guillaume Tête d'Étoupe, comte de Poitou, transforme l’église Notre-Dame-de-Port-Dieu en une abbaye. Les moines y développent les terres environnantes et assèchent les marais, jouant un rôle économique et agricole majeur dans la région. Ce premier établissement monastique pose les bases d’un patrimoine religieux qui évoluera profondément au fil des siècles.
Au XIIe siècle, l’abbaye adopte des éléments architecturaux romans, encore visibles aujourd’hui dans la crypte et certaines pierres sculptées réemployées dans l’enceinte. Cependant, les guerres de Religion (XVIe siècle) dévasteront le site : l’abbaye est pillée et ruinée, ne laissant que des vestiges de son église abbatiale. La reconstruction qui suit au XVIe siècle (années 1505-1540) introduit des styles de la Première Renaissance, notamment dans le cloître (voûté d’ogives à huit branches avec liernes et tiercerons) et la salle capitulaire, voûtée d’ogives prismatiques.
Le XVIIe siècle voit l’ajout d’un pigeonnier (ou fuye), tandis que des travaux de restauration sont menés en 1725. La Révolution française marque un tournant : en 1791, les bâtiments et dépendances de l’abbaye sont vendus comme biens nationaux. Au XIXe siècle, un logis est construit sur le site. Aujourd’hui, les vestiges protégés (crypte, cloître, salle capitulaire, pigeonnier) témoignent de cette histoire mouvementée, mêlant art roman, Renaissance et transformations post-médiévales.
L’abbaye illustre les bouleversements religieux et politiques de la région, depuis sa fondation médiévale jusqu’à sa sécularisation. Son architecture hybride — entre roman primitif, Renaissance et ajouts modernes — en fait un exemple rare de superposition stylistique en Poitou. Les moines ont aussi marqué le paysage par leur action sur les marais, montrant l’importance économique des abbayes dans l’aménagement du territoire.