Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Abbaye de Saint-Liguaire à Niort dans les Deux-Sèvres

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Saint-Liguaire

    Impasse de l'Abbaye
    79000 Niort
Propriété privée

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
961
Fondation de l'abbaye
XIIe siècle
Construction romane
1505-1540
Reconstruction Renaissance
XVIe siècle
Destruction pendant les guerres de Religion
1725
Restauration partielle
1791
Vente comme bien national
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les vestiges de l'abbaye en totalité, comprenant notamment la crypte, le cloître, la salle capitulaire et la fuye, ainsi que le sol des parcelles DZ 101, 102, 113 à 118 : inscription par arrêté du 26 janvier 2004

Personnages clés

Guillaume Tête d'Étoupe - Comte de Poitou Fonda l’abbaye en 961.

Origine et histoire

L’abbaye de Saint-Liguaire trouve ses origines en 961, lorsque Guillaume Tête d'Étoupe, comte de Poitou, transforme l’église Notre-Dame-de-Port-Dieu en une abbaye. Les moines y développent les terres environnantes et assèchent les marais, jouant un rôle économique et agricole majeur dans la région. Ce premier établissement monastique pose les bases d’un patrimoine religieux qui évoluera profondément au fil des siècles.

Au XIIe siècle, l’abbaye adopte des éléments architecturaux romans, encore visibles aujourd’hui dans la crypte et certaines pierres sculptées réemployées dans l’enceinte. Cependant, les guerres de Religion (XVIe siècle) dévasteront le site : l’abbaye est pillée et ruinée, ne laissant que des vestiges de son église abbatiale. La reconstruction qui suit au XVIe siècle (années 1505-1540) introduit des styles de la Première Renaissance, notamment dans le cloître (voûté d’ogives à huit branches avec liernes et tiercerons) et la salle capitulaire, voûtée d’ogives prismatiques.

Le XVIIe siècle voit l’ajout d’un pigeonnier (ou fuye), tandis que des travaux de restauration sont menés en 1725. La Révolution française marque un tournant : en 1791, les bâtiments et dépendances de l’abbaye sont vendus comme biens nationaux. Au XIXe siècle, un logis est construit sur le site. Aujourd’hui, les vestiges protégés (crypte, cloître, salle capitulaire, pigeonnier) témoignent de cette histoire mouvementée, mêlant art roman, Renaissance et transformations post-médiévales.

L’abbaye illustre les bouleversements religieux et politiques de la région, depuis sa fondation médiévale jusqu’à sa sécularisation. Son architecture hybride — entre roman primitif, Renaissance et ajouts modernes — en fait un exemple rare de superposition stylistique en Poitou. Les moines ont aussi marqué le paysage par leur action sur les marais, montrant l’importance économique des abbayes dans l’aménagement du territoire.

Liens externes