Frise chronologique
639
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
639 (≈ 639)
Création par Blidegisilus sous Nanthilde.
868
Transfert des reliques
Transfert des reliques
868 (≈ 868)
Arrivée des reliques de saint Maur.
1030
Consécration de l’Abbatiale IV
Consécration de l’Abbatiale IV
1030 (≈ 1030)
Église romane de pèlerinage dédiée.
1378
Visite de Charles IV
Visite de Charles IV
1378 (≈ 1378)
Empereur en pèlerinage pour la goutte.
1533
Sécularisation
Sécularisation
1533 (≈ 1533)
Fin de l’abbaye, chapitre de chanoines.
1751
Démolition des bâtiments
Démolition des bâtiments
1751 (≈ 1751)
Vente au prince de Condé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sols, vestiges et substructions du site de l'ancienne abbaye, y compris les tours et les murs d'enceinte (cad. 1982 E 21 ; G 29) : classement par arrêté du 13 juin 1988
Personnages clés
| Blidegisilus - Fondateur (diacre de Paris) |
Créa l’abbaye en 639. |
| Babolein - Premier abbé (641–?) |
Inhumé dans l’église primitive. |
| Louis le Pieux - Empereur carolingien |
Réforma l’abbaye en 816. |
| Pierre de Chevry - Abbé (1256–1285) |
Rebâtit le chœur gothique. |
| Jean du Bellay - Cardinal et dernier abbé |
Sécularisa l’abbaye en 1533. |
| François Rabelais - Écrivain humaniste |
Accueilli par du Bellay en 1536. |
Origine et histoire
L’abbaye de Saint-Maur, initialement nommée Saint-Pierre-du-Fossé, fut fondée en 639 par le diacre parisien Blidegisilus sur un site pentu en bordure de Marne, sous la régence de la reine Nanthilde. Son premier abbé, Babolein, y fut inhumé dans une église primitive dont les ruines de la chapelle Notre-Dame des Miracles subsistent. L’abbaye, protégée par l’immunité royale dès 658, devint un lieu de pouvoir et de spiritualité, accueillant des chartes mérovingiennes et des reliques comme celles de saint Maur en 868, transférées depuis Glanfeuil pour les protéger des Vikings.
Au IXe siècle, l’abbaye fut réformée sous Louis le Pieux, avec la reconstruction de l’Abbatiale II en 829 par l’abbé Benoît. Après une période de décadence sous des abbés laïcs comme Hugues Capet, elle fut rétablie en 989 par Saint Mayeul de Cluny. L’Abbatiale IV, dédiée en 1030, devint un centre de pèlerinage réputé pour guérir la goutte et l’épilepsie, attirant même l’empereur Charles IV en 1378. Le site abritait aussi des traités politiques, comme ceux de 1418 et 1465, signés dans le logis abbatial.
L’abbaye déclina à partir du XVe siècle, tombant en commende en 1493 avant d’être sécularisée en 1533 par le cardinal Jean du Bellay, qui y accueillit Rabelais. Les bâtiments, mal entretenus, furent vendus en 1751 au prince de Condé et démolis, ne laissant que des vestiges comme la tour Rabelais ou la chapelle Notre-Dame-des-Miracles. Au XIXe siècle, le site fut transformé en parc romantique par Édouard Bourières, qui érigea une villa néo-Renaissance sur les ruines. Aujourd’hui, le Parc de l’Abbaye conserve des traces archéologiques classées Monuments Historiques depuis 1988.
Les fouilles archéologiques, menées depuis 1861, ont révélé des sépultures carolingiennes, des structures romanes (XIe–XIIIe siècles), et des niveaux antérieurs à l’abbaye, datant de l’âge du Fer. Le cloître, partiellement connu par des sculptures conservées, et la nef de l’abbatiale furent explorés en 1988, mettant au jour des carreaux vernissés du XIIIe siècle et des inhumations médiévales. Le parc accueille désormais des événements culturels, perpétuant la mémoire de ce monument disparus.
Parmi les abbés marquants, Pierre de Chevry (1256–1285) reconstruisit le chœur gothique et rédigea le Livre Noir, un recueil de chartes médiévales. L’abbaye posséda aussi des propriétés parisiennes, comme l’abbaye Saint-Éloi, et des droits seigneuriaux sur le bourg Saint-Paul. Son déclin s’accéléra après la Révolution, avec la fermeture de la chapelle et la dispersion de ses biens.