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Abbaye de Saint-Maurin dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise romane

Abbaye de Saint-Maurin

    2-4 Place de la Mairie
    47270 Saint-Maurin
Propriété de la commune ; propriété privée
Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
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Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
Abbaye de Saint-Maurin
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe siècle
Fondation légendaire
1008
Première mention écrite
1082
Rattachement à Cluny
1097
Consécration de l'abbatiale
1345 et 1355
Destructions anglaises
1561 et 1580
Saccages protestants
XVe–XVIe siècles
Restaurations par les Lustrac
1651
Réforme mauriste
1790
Bien national
1908
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les restes de l'abbaye : classement par arrêté du 20 juillet 1908 ; Les quatre travées du cloître : classement par arrêté du 9 septembre 1908

Personnages clés

Saint Maurin - Martyr chrétien Figure fondatrice de l'abbaye (légende du VIe siècle).
Bernard Ier de Durfort - Vicomte de Brulhois Rattacha l'abbaye à Cluny en 1082.
Bertrand de Lustrac - Abbé commendataire (1481–1511) Reconstruisit le cloître et le château abbatial.
Hugues de Tilhet - Abbé (1445–1474) Lança la restauration post-guerre de Cent Ans.
Pierre de Villamon - Abbé (1604–1633) Restaura l'église après les guerres de Religion.
Mathurin Mangot - Abbé commendataire (1634–1658) Introduisit les Mauristes en 1651.

Origine et histoire

L'abbaye de Saint-Maurin trouve ses origines dans une légende du VIe siècle : saint Maurin, martyr décapité à Lectoure, aurait été enseveli dans ce vallon de l'Agenais. Une basilique y fut édifiée, puis remplacée par un monastère bénédictin mentionné dès 1008. En 1082, l'abbaye fut rattachée à l'ordre de Cluny par Bernard Ier de Durfort, vicomte de Brulhois, et consacrée en 1097 par l'évêque d'Agen. Son architecture romane, incluant une nef à coupoles et un cloître, reflétait alors son influence religieuse et son rayonnement régional.

Au XIVe siècle, l'abbaye subit de lourdes destructions pendant la guerre de Cent Ans : pillée en 1345 par les Anglais, puis incendiée en 1355 par les troupes du Prince de Galles, elle perdit une partie de ses religieux et de ses archives. La restauration débuta sous l'abbé Hugues de Tilhet (1445–1474), mais les travaux majeurs furent menés par les abbés commendataires de la famille de Lustrac aux XVe et XVIe siècles. Bertrand de Lustrac fit construire le château abbatial vers 1500 et reconstruisit le cloître, tandis que son neveu Jean de Lustrac acheva les aménagements, incluant une nouvelle salle capitulaire.

Les guerres de Religion aggravèrent les dégâts : l'abbaye fut incendiée par les protestants en 1561, puis occupée et pillée en 1580. Les restaurations successives, notamment sous l'abbé Pierre de Villamon (1604–1633), permirent sa survie jusqu'à la Révolution. En 1790, déclarée bien national, elle fut partiellement démolie et vendue. Seuls subsistent aujourd'hui des vestiges du chœur roman, le croisillon sud, le clocher, et quatre travées du cloître, classés Monuments Historiques en 1908. L'association Les Amis de l'abbaye de Saint-Maurin, créée en 1993, œuvre à sa préservation.

L'abbaye joua un rôle économique majeur grâce à ses possessions paroissiales, listées en 1254 et 1281, qui financèrent son entretien et les pensions des moines. Jusqu'au XIVe siècle, les religieux vivaient en communauté, mais les destructions successives les contraignirent à une vie individuelle. Les revenus de l'abbaye, estimés à 20 000 livres en 1790, provenaient des dons, des prieurés et des terres agricoles. Son déclin s'amorça avec la commende et les conflits religieux, avant sa disparition définitive à la Révolution.

Architecturalement, l'abbatiale se distinguait par sa nef à coupoles, inspirée de la cathédrale de Périgueux, et son clocher atypique sur le bras sud du transept. Les chapiteaux historiés du chœur évoquent le martyr de saint Maurin. Les fouilles et études, comme celles de Jacques Gardelles ou Christian Corvisier, ont révélé des campagnes de construction distinctes entre le XIe et le XIIe siècle. Malgré les destructions, les vestiges actuels offrent un témoignage rare de l'art roman clunisien en Aquitaine.

La vie monastique à Saint-Maurin fut marquée par des réformes, notamment l'arrivée des Mauristes en 1651 sous l'abbé Mathurin Mangot. Ces moines érudits, issus de Saint-Germain-des-Prés, tentèrent de redynamiser l'abbaye, mais leur projet de réaménagement (plans de 1657) ne fut jamais réalisé. Le dernier abbé commendataire, Joseph de Galard de Saldebru, ne comptait plus que cinq religieux en 1790. La vente des biens nationaux et les démolitions du XIXe siècle scellèrent son sort, ne laissant que des ruines évocatrices d'un passé glorieux.

Liens externes