Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives dans le Calvados

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Eglise romane et gothique

Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives

    Rue Saint-Benoît
    14170 Saint-Pierre-sur-Dives

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1046
Fondation de l'abbaye
1er mai 1067
Consécration de la première église
1106
Incendie de l'église
1280
Accord royal avec Philippe le Hardi
1337
Accord avec les seigneurs de Tancarville
1470
Mise en commende
1562
Pillage par les protestants
XVIIe siècle
Reconstruction classique
1789
Morcellement à la Révolution
1862
Premier classement monument historique
1987
Ouverture du musée fromager
2006
Classement des bâtiments conventuels
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Lesceline - Fondatrice de l’abbaye Veuve du comte Guillaume d’Eu, enterrée sur place.
Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie et roi d’Angleterre Présent à la consécration de 1067.
Ainard - Premier abbé de Saint-Pierre-sur-Dives Dirigea les moines de Jumièges installés en 1046.
Jacques de Silly - Abbé reconstructeur au XVIe siècle Rebâtit l’église et fit sculpter les stalles.
Philippe le Hardi - Roi de France Accorda des droits judiciaires en 1280.
Jean de Orlévy - Seigneur de Tancarville Signataire de l’accord de 1337 sur les marchés.
Cardinal Charles Ier de Bourbon - Abbé commendataire Dirigeait l’abbaye lors du pillage de 1562.

Origine et histoire

L'abbaye Notre-Dame de Saint-Pierre-sur-Dives, fondée au XIe siècle par la comtesse Lesceline, veuve du comte Guillaume d’Eu, est un ancien monastère bénédictin situé à Saint-Pierre-sur-Dives, dans le Calvados. Initialement peuplée de religieuses bénédictines transférées ensuite à Saint-Désir, elle accueille des moines de Jumièges sous la direction de l’abbé Ainard. La première église, consacrée en 1067 en présence de Guillaume le Conquérant, est reconstruite après un incendie en 1106. Lesceline, fondatrice, y est enterrée et son tombeau s’y trouve toujours.

Au XIIIe siècle, l’abbaye obtient des droits judiciaires et développe des activités économiques, notamment des foires et marchés, en rivalité avec les seigneurs de Tancarville. Les conflits autour des droits commerciaux durent jusqu’au XIVe siècle, où un accord est finalement trouvé en 1337. L’abbaye, mise en commende en 1470, subit des pillages par les protestants en 1562. Au XVIIe siècle, elle est rénovée dans un style classique par les Mauristes, avec une reconstruction partielle des bâtiments conventuels et du cloître.

La Révolution française entraîne la vente et le morcellement des bâtiments, transformés en habitations privées. Au XXe siècle, une partie des lieux est restaurée pour accueillir un musée des techniques fromagères, une bibliothèque et un office de tourisme. Aujourd’hui, l’abbaye se visite partiellement, avec son église abbatiale, son cloître et sa salle capitulaire du XIIIe siècle, classée monument historique. Les bâtiments conventuels, reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles, conservent des vestiges médiévaux comme les voûtes et chapiteaux gothiques.

L’église abbatiale, mélange des XIe, XIIIe et XVe siècles, abrite des stalles du XVIe siècle, un pavement médiéval restauré et des vitraux modernes racontant l’histoire locale. La tour Saint-Michel, ancienne tour de défense et pigeonnier, et la tour-lanterne du XIe siècle, restaurée à plusieurs reprises, témoignent de l’évolution architecturale du site. Le cloître, partiellement reconstruit, et la salle capitulaire, restaurée en 1999, sont protégés au titre des monuments historiques.

L’abbaye possède un riche patrimoine mobilier, incluant des retables des XVIIe et XVIIIe siècles, des statues comme celle de saint Roch, et des boiseries classées. Son parc abrite aujourd’hui un jardin conservatoire d’espèces potagères. Les armoiries de l’abbaye, d’azur à trois fleurs de lys et un lambel de gueules, rappellent son statut de comté avec droits de haute et basse justice, hérité des donations de Lesceline et des accords royaux.

Les classements aux monuments historiques couvrent l’église (1862), la salle capitulaire (1904), les façades et toitures des bâtiments conventuels (1978), ainsi que des protections étendues en 2006 et 2021. Propriété mixte (commune et privés), l’abbaye reste un lieu culturel et touristique majeur, illustrant près d’un millénaire d’histoire monastique et architecturale en Normandie.

Liens externes