Frise chronologique
vers 525
Fondation par saint Vigor
Fondation par saint Vigor
vers 525 (≈ 525)
Monastère dédié à saint Pierre.
981
Destruction et transfert des reliques
Destruction et transfert des reliques
981 (≈ 981)
Reliques de saint Vigor emportées en Picardie.
1096
Rattachement à Saint-Bénigne de Dijon
Rattachement à Saint-Bénigne de Dijon
1096 (≈ 1096)
Le prieuré dépend désormais de Dijon.
XIe siècle
Tentative de restauration par Odon
Tentative de restauration par Odon
XIe siècle (≈ 1150)
Échec de la reconstruction monastique.
1579
Reconstruction après effondrement
Reconstruction après effondrement
1579 (≈ 1579)
Tour écrasée, église réédifiée.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Prieuré vendu pour 156 000 francs.
18 mai 1908
Classement de la porterie
Classement de la porterie
18 mai 1908 (≈ 1908)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porterie : classement par arrêté du 18 mai 1908
Personnages clés
| Saint Vigor - Évêque de Bayeux et fondateur |
Fonde le monastère vers 525. |
| Childebert Ier - Roi des Francs |
Attribue le site à saint Vigor. |
| Odon de Bayeux - Évêque et restaurateur |
Tente de reconstruire l'abbaye au XIe. |
| Robert de Tombelaine - Moine du Mont-Saint-Michel |
Dirige la restauration avortée. |
| Barthélémi Robin - Abbé de Sorèze |
Introduit la congrégation de Saint-Maur. |
| Charles Marguerye - Chanoine et prieur |
Reconstruit l'église en 1579. |
Origine et histoire
L'abbaye Saint-Vigor trouve ses origines au VIe siècle, lorsque saint Vigor, évêque de Bayeux, fonde vers 525 un monastère dédié à saint Pierre sur le mont Phène, rebaptisé Mont Chrismat. Le site, antérieurement païen, abrite des sépultures mérovingiennes et des traces gallo-romaines. À sa mort, saint Vigor y est enterré, et le monastère prend son nom. En 981, les reliques de saint Vigor sont transférées à Saint-Riquier en Picardie, et l'abbaye est détruite.
Au XIe siècle, Odon de Bayeux tente de restaurer l'abbaye avec des moines du Mont-Saint-Michel, mais l'initiative échoue en raison de conflits politiques et religieux. L'abbaye devient alors un prieuré rattaché à Saint-Bénigne de Dijon, sous l'impulsion d'Odon et avec la confirmation de Robert de Normandie en 1096. Plusieurs papes valident cette dépendance entre 1097 et 1127. Malgré des reconstructions partielles, comme celle de 1579 après l'effondrement d'une tour, le prieuré décline progressivement.
En 1712, le prieuré est affranchi des droits de l'abbé de Saint-Bénigne, et en 1791, ses biens sont vendus comme biens nationaux pour 156 000 francs. Aujourd'hui, il ne subsiste que des vestiges médiévaux, dont une porterie classée monument historique en 1908 et une grange. Ces éléments rappellent l'importance historique de ce site, marqué par des phases de destruction, de reconstruction et de transformation institutionnelle.
L'abbaye illustre les dynamiques religieuses et politiques de la Normandie médiévale, entre influence épiscopale, pouvoir ducal et réformes monastiques. Son histoire reflète aussi les bouleversements liés aux invasions normandes, aux conflits entre l'Église et les autorités laïques, ainsi qu'aux réformes mauristes introduites au XVIIIe siècle par Barthélemi Robin.
Les fouilles archéologiques ont confirmé l'occupation ancienne du site, mêlant héritages gallo-romains, mérovingiens et médiévaux. La porterie, seul élément classé, symbolise l'entrée historique de ce prieuré, aujourd'hui propriété d'une association et partiellement accessible au public.