Frise chronologique
Ve siècle
Origines de l’église Saint-Sulpice
Origines de l’église Saint-Sulpice
Ve siècle (≈ 550)
Première église des Saint-Innocents sur l’île.
1047
Fondation officielle de l’abbaye
Fondation officielle de l’abbaye
1047 (≈ 1047)
Charte papale pour Roger II et reliques de saint Lumier.
1356 et 1359
Destructions par les Anglais
Destructions par les Anglais
1356 et 1359 (≈ 1359)
Abbaye incendiée hors des murs de la ville.
1544
Ravages de Charles Quint
Ravages de Charles Quint
1544 (≈ 1544)
Nouvelle destruction pendant la guerre contre François Ier.
1545–1565
Reconstruction par Claude Godet
Reconstruction par Claude Godet
1545–1565 (≈ 1555)
Bâtiments conventuels et sanctuaire rebâtis *intra muros*.
1791–1806
École d’artillerie puis Arts et Métiers
École d’artillerie puis Arts et Métiers
1791–1806 (≈ 1799)
Réutilisation des bâtiments après la Révolution.
1876
Agrandissement néorenaissance
Agrandissement néorenaissance
1876 (≈ 1876)
Ajout des ailes pour l’École normale.
1936 et 2012
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques
1936 et 2012 (≈ 2012)
Protection des façades, toitures et salles remarquables.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La salle d'honneur et les façades et toitures du bâtiment qui la renferme : classement par arrêté du 28 juillet 1936 - Les façades et toitures des trois ailes en équerre; aile est (aile de 1876 vers le Nau), aile sud (sur le jardin) et aile ouest (sur la place), ainsi que le passage central et les deux salles attenantes situées dans l'aile est (aile du XVIe siècle) au sud de la salle capitulaire déjà classée (cad. BD 466) : inscription par arrêté du 31 décembre 2012
Personnages clés
| Roger II - Évêque de Châlons (XIe siècle) |
Fondateur de l’abbaye, transféra les reliques de saint Lumier. |
| Claude Godet - Abbé (XVIe siècle) |
Finança la reconstruction après 1544 sur un nouveau site. |
| Eugène Collin - Architecte (XIXe siècle) |
Conçut les agrandissements de 1876 pour l’École normale. |
| Louis Gillet - Architecte (XIXe siècle) |
Associa à Collin pour les travaux néorenaissance. |
| Baudouin - Comte de Flandre (XIe siècle) |
Dota l’abbaye en terres et droits à sa fondation. |
Origine et histoire
L'abbaye de Toussaint, située à Châlons-en-Champagne, trouve ses origines au Ve siècle avec une église dédiée aux Saint-Innocents, devenue plus tard l’église Saint-Sulpice desservie par des moines bénédictins. Au XIe siècle, l’évêque Roger II fonde officiellement l’abbaye en y transférant les reliques de saint Lumier et en la dotant de terres, avec l’appui du comte de Flandre Baudouin. Une charte de 1062, scellée par l’évêque et des notables locaux, consacre son statut. L’abbaye, initialement hors des murs de la ville, fut plusieurs fois détruite (incendies de 1356 et 1359 par les Anglais, ravages de Charles Quint en 1544) avant d’être reconstruite au XVIe siècle sous l’impulsion de l’abbé Claude Godet, qui déplaça une partie des bâtiments intra muros.
À la Révolution, l’abbaye fut démantelée : son église fut vendue et détruite, tandis que ses bâtiments conventuels, épargnés faute d’acquéreurs, abritèrent successivement une école d’artillerie (1791–1806), des logements pour les professeurs des Arts et Métiers (1806–1861), puis l’École normale d’instituteurs à partir de 1861. Au XIXe siècle, des ailes supplémentaires furent ajoutées (1876) en harmonie avec le style Renaissance du bâtiment d’origine. Classée monument historique en 1936 et 2012 pour ses façades, toitures et salles remarquables (dont une salle capitulaire voûtée d’ogives), l’abbaye est aujourd’hui une propriété privée en cours de transformation en logements.
L’abbaye joua un rôle social majeur : ses chanoines augustiniens géraient un hôpital pour lépreux et pestiférés, ainsi que des paroisses locales grâce au droit de patronage sur 24 églises de la région (comme Auve, Fèrebrianges ou Sarry). Le site, initialement insulaire entre les bras de la Marne, fut progressivement intégré à la ville après le comblement d’un bras en 1567 pour créer la rue Saint-Dominique. Son architecture mêle craie et pierre de Savonnières, avec des toits en ardoise et des lucarnes ajoutées au XIXe siècle.
Parmi les figures marquantes, l’évêque Roger II (XIe siècle) en fut le fondateur, tandis que l’abbé Claude Godet (XVIe siècle) finança sa reconstruction après les destructions. Le régime des abbés commendataires, instauré au XVIe siècle, contribua à son déclin avant la Révolution. Les architectes Eugène Collin et Louis Gillet intervinrent lors des agrandissements du XIXe siècle pour l’École normale.
Le couvent des Dames-Régentes (1672), destiné aux converties du protestantisme et aux jeunes filles en difficulté, occupa une partie des lieux jusqu’à sa dispersion en 1789. Les bâtiments devinrent alors une caserne, puis l’École royale d’artillerie, avant d’être cédés aux Arts et Métiers en 1806. Leur vocation éducative perdura jusqu’au XXIe siècle, avec une dernière utilisation comme institut universitaire de formation des maîtres.