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Abbaye de Trizay à Bournezeau en Vendée

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Vendée

Abbaye de Trizay à Bournezeau

    Trizay 
    85480 Bournezeau
Propriété privée
Abbaye de Trizay à Bournezeau
Abbaye de Trizay à Bournezeau
Abbaye de Trizay à Bournezeau
Abbaye de Trizay à Bournezeau
Abbaye de Trizay à Bournezeau
Abbaye de Trizay à Bournezeau
Crédit photo : Spouik - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1117, 1125 ou 1132
Fondation incertaine
15 août 1145
Consécration de l’église
1156
Fondation abbaye-fille
1568
Saccage protestant
1770
Restauration inachevée
10 avril 1989
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Vestiges de l'ancienne abbaye, à savoir ; ancienne église abbatiale ; restes de l'aile Est du bâtiment des moines ; bâtiment du XVIIIe siècle au Sud ; sol de l'ancien cloître (cad. H 1611, 1326) : inscription par arrêté du 10 avril 1989

Personnages clés

Hervé de Mareuil - Donateur Fonda l’abbaye avec d’autres seigneurs.
Guillaume (évêque de Poitiers) - Initiateur Soutint la fondation aux moines.
Dom Guichard - Abbé de Pontigny Reçut les donations initiales.
Jean Bras de Fer - Châtelain protestant Saccagea l’abbaye en 1568.
René-Claude de La Roche Saint-André - Abbé commendataire Lança la restauration en 1770.
Patrick et Diane Cottencin-Debailleux - Ancien propriétaires Restaurèrent partiellement jusqu’en 2019.

Origine et histoire

L’abbaye de Trizay, fondée au XIIe siècle par des moines de l’abbaye de Pontigny, est une ancienne abbaye cistercienne située à Bournezeau, en Vendée. Son origine exacte reste incertaine, les sources évoquant 1117, 1125 ou 1132 comme dates possibles. Elle est établie grâce à des donations d’Hervé de Mareuil, Geoffroy de Tiffauges et Pierre L'Evêque, sous l’impulsion de Guillaume, évêque de Poitiers. L’église abbatiale est consacrée le 15 août 1145. Son nom, Sancta Maria de vado Trisagii (« Sainte Marie du gué de Trizay »), reflète sa position stratégique près du fleuve Lay, un point de traversée essentiel.

L’abbaye prospère grâce à l’agriculture et à la maîtrise de l’irrigation, comme en témoigne l’ouvrage Les Principes du Cultivateur de Dom Le Rouge, un moine de Trizay. À son apogée, elle possède jusqu’à 100 hectares de terres, des fermes et des bois, et fonde vers 1156 une abbaye-fille sur l’île de Ré, Notre-Dame-des-Châteliers. Cependant, elle subit de lourds dommages pendant la guerre de Cent Ans (destruction de la salle capitulaire et du cloître) et les guerres de Religion. En 1568, le protestant Jean Bras de Fer la saccage, marquant le début d’un déclin irréversible.

Une restauration est entreprise en 1770 par l’abbé René-Claude de La Roche Saint-André, comme l’indique le fronton sud (DLBP ANNO 1770), mais la Révolution interrompt les travaux. En 1790, il ne reste que cinq moines ; l’abbaye est dissoute et ses bâtiments transformés en exploitation agricole au XIXe siècle. Deux inventaires historiques subsistent : un bilan des saccages protestants (1570) et un état des biens de 1790. Aujourd’hui, seuls l’église abbatiale, des vestiges de l’aile est, un bâtiment du XVIIIe siècle et le sol du cloître sont protégés comme monuments historiques depuis 1989.

L’abbaye de Trizay, fille de Pontigny (l’une des cinq maisons-mères cisterciennes) et sœur de l’abbaye de l’Étoile, étendait son influence sur dix-huit paroisses environnantes. Son réseau hydraulique, incluant un canal et un moulin emporté par une crue en 1770, illustre l’ingéniosité des moines. Propriété privée jusqu’en 2019 (famille Cottencin-Debailleux), elle incarne un patrimoine religieux et agricole marqué par les conflits et les reconstructions.

Il ne faut pas la confondre avec le prieuré bénédictin de Trizay en Charente-Maritime, souvent appelé à tort « abbaye de Trizay ». Les éléments protégés aujourd’hui incluent les vestiges de l’église, l’aile conventuelle, un bâtiment du XVIIIe siècle et le sol du cloître, témoins fragmentaires de son passé glorieux.

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