Frise chronologique
790 (hypothèse)
Fondation carolingienne supposée
Fondation carolingienne supposée
790 (hypothèse) (≈ 790)
Mentionnée par le cartulaire de Cormery.
Fin Xe siècle
Construction romane primitive
Construction romane primitive
Fin Xe siècle (≈ 1095)
Bases du chœur et absides en grès.
1161
Premier abbé connu, Geoffroy
Premier abbé connu, Geoffroy
1161 (≈ 1161)
Abbaye augustinienne reconstruite avec l'aide des Plantagenêts.
1370
Destruction partielle pendant la guerre de Cent Ans
Destruction partielle pendant la guerre de Cent Ans
1370 (≈ 1370)
Église endommagée par les Anglais après Pontvallain.
1726
Arrivée des prémontrés
Arrivée des prémontrés
1726 (≈ 1726)
Reconstruction des bâtiments conventuels.
XVIIe siècle
Abbaye mise en commende
Abbaye mise en commende
XVIIe siècle (≈ 1750)
Acquiert le titre d'« abbaye royale ».
1790
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1790 (≈ 1790)
Seule l'église est préservée.
1981
Démolition des bâtiments conventuels
Démolition des bâtiments conventuels
1981 (≈ 1981)
Ne subsistent que quelques vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 16 février 1926
Personnages clés
| Geoffroy - Premier abbé connu (1161) |
Période de reconstruction avec les Plantagenêts. |
| Du Guesclin - Chef militaire (guerre de Cent Ans) |
Prit Vaas après la victoire de Pontvallain (1370). |
| Léonore d'Estampes de Valençay - Abbé commendataire et archevêque de Reims |
Décédé en 1651, lié à plusieurs abbayes royales. |
| Jean-Marie Charles Sioc'han de Keradennec - Dernier abbé commendataire (nommé en 1777) |
Refusa le serment en 1790, mort en exil. |
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame de Vaas, située dans la commune de Vaas en Sarthe, est une abbaye mariale et royale dont les origines remontent à une fondation carolingienne vers 790, selon le cartulaire de l'abbaye de Cormery. Cependant, les premières traces architecturales visibles, comme les bases du chœur et des absides en grès roussart, datent de la fin du Xe siècle, indiquant une construction romane primitive. Les chanoines suivaient alors la règle de saint Augustin. Ce monastère jouait un rôle stratégique en assurant le franchissement du Loir. Une légende locale attribue à l'abbaye des biens confisqués à Ganelon, le félon de la Chanson de Roland.
Au XIIe siècle, l'abbaye est reconstruite grâce au soutien financier des Plantagenêts, adoptant un style gothique primitif. Le premier abbé connu, Geoffroy, est mentionné en 1161. L'église subit des dommages majeurs en 1370 pendant la guerre de Cent Ans, détruite par les Anglais lors de la prise de la ville par Du Guesclin après sa victoire à Pontvallain. Les bâtiments conventuels, reconstruits par les prémontrés après leur arrivée en 1726, furent démolis en 1981. Aujourd’hui, il ne reste que le logis de l’abbé (actuelle mairie), la tour monastique, les jardins et l’église paroissiale.
L’église, principalement gothique, conserve des éléments romans comme la base semi-circulaire du chœur et les chapelles absidales du transept. La nef unique, typique des augustins, est éclairée par des fenêtres gothiques à entrelacs, tandis que les voûtes datent du XIIIe siècle. Une fresque murale du XIIIe siècle, représentant le Christ en majesté, subsiste dans l’abside nord, en mauvais état. L’abbaye, placée en commende au XVIIe siècle, porte alors le titre d’« abbaye royale ». Vendue comme bien national à la Révolution, seule l’église échappa à la destruction.
Parmi les abbés commendataires notables, Léonore d'Estampes de Valençay, archevêque de Reims et abbé de Vaas, marqua l’histoire du lieu avant sa mort en 1651. Le dernier abbé, Jean-Marie Charles Sioc'han de Keradennec, nommé en 1777, refusa de prêter serment en 1790 et mourut en exil en Allemagne. Ces figures illustrent les liens étroits entre l’abbaye, la monarchie et l’Église sous l’Ancien Régime.