Frise chronologique
1169
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1169 (≈ 1169)
Création par Nicolas d'Estouteville pour les Bénédictins.
1520
Construction du chœur Renaissance
Construction du chœur Renaissance
1520 (≈ 1520)
Chœur et chapelle axiale édifiés sous Jehan Ribaud.
1680
Tentative de réforme mauriste
Tentative de réforme mauriste
1680 (≈ 1680)
Introduite par Louis de La Fayette, abbé commendataire.
1754
Réforme par les Mauristes
Réforme par les Mauristes
1754 (≈ 1754)
Réorganisation définitive de la communauté.
1789
Dissolution révolutionnaire
Dissolution révolutionnaire
1789 (≈ 1789)
Dispersion des moines et vente des bâtiments.
1994
Retour des Bénédictines
Retour des Bénédictines
1994 (≈ 1994)
Restauration et reprise de la vie monastique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Voir commune de : Valmont
Personnages clés
| Nicolas d'Estouteville - Fondateur et seigneur de Valmont |
Crée l'abbaye en 1169 pour les Bénédictins. |
| Jehan Ribaud - Abbé reconstructeur (début XVIe) |
Dirige les travaux Renaissance du chœur et chapelle. |
| Louis de La Fayette - Abbé commendataire (1634–1729) |
Tente d'introduire la réforme de Saint-Maur. |
| Eugène Delacroix - Peintre romantique (XIXe) |
S'inspire des ruines pour des œuvres majeures. |
| Marie II de Saint-Pol - Comtesse inhumée sur place |
Tombeau présent dans l'abbaye. |
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame-du-Pré de Valmont, initialement nommée Sainte-Marie, est une abbaye bénédictine fondée en 1169 par Nicolas d'Estouteville, seigneur de Valmont. Elle est confiée à des moines détachés de l'abbaye de Hambye et sert de nécropole à la famille d'Estouteville. L'église abbatiale, reconstruite plusieurs fois, est achevée au XVIe siècle dans un style Renaissance pur, avec des influences italiennes possibles. La chapelle axiale, dite de Six-Heures, construite en 1520 sous l'abbé Jehan Ribaud, abrite des tombeaux des sires d'Estouteville et des vitraux du XVIe siècle.
L'abbaye connaît une réforme par les Mauristes en 1754 après une tentative avortée en 1680 par Louis de La Fayette, abbé commendataire. Dissoute en 1789 lors de la Révolution, ses bâtiments sont vendus comme biens nationaux en 1791. Au XIXe siècle, Eugène Delacroix s'inspire des ruines pour des œuvres conservées au Louvre et au musée national qui porte son nom. L'abbaye retrouve une vocation monastique en 1994 avec l'installation de Bénédictines de Lisieux, suivie d'une restauration et de la consécration d'une nouvelle église abbatiale en 2004.
Les bâtiments conventuels, organisés autour d'un cloître, incluent des éléments comme le chapitre, le dortoir, une orangerie et un verger. L'église abbatiale, en ruines, conserve un chœur Renaissance à cinq pans et un triforium à colonnettes ioniques. La chapelle axiale, dédiée à la Vierge, présente une voûte à nervures saillantes et des vitraux de 1552 illustrant sa vie. Plusieurs parties du site sont classées ou inscrites aux monuments historiques entre 1951 et 1995, protégeant ainsi son patrimoine architectural et funéraire.
Parmi les abbés marquants figurent Jehan Ribaud, reconstructeur de l'abbatiale au XVIe siècle, et Louis de La Fayette, introducteur de la réforme mauriste. La comtesse Marie II de Saint-Pol y est inhumée, et les tombes des d'Estouteville (XVe–XVIe siècles) y sont toujours visibles. Le site, lié à des figures comme Delacroix, incarne à la fois un héritage artistique, religieux et aristocratique normand.