Abbaye des Ayes à Crolles dans l'Isère

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye des Ayes

  • Avenue de l'Abbaye
  • 38190 Crolles
Abbaye des Ayes
Abbaye des Ayes
Abbaye des Ayes
Abbaye des Ayes
Crédit photo : DoucF - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1140
Fondation de l'abbaye
1142
Fondation officielle
1143
Arrivée des religieuses
1399
Conséquences de la peste noire
1560
Pillages et destructions
1648
Incendie de l'abbaye
1662-1666
Reconstruction de l'abbaye
1781
État de délabrement
1791
Vente comme bien national
1792
Évacuation du monastère
1797
Messes clandestines
17 juillet 1990
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye des Ayes (ancienne) (cad. D 1373, 1433) : inscription par arrêté du 17 juillet 1990

Personnages clés

Clémence-Marguerite de Bourgogne Fondatrice de l'abbaye des Ayes.
Guigues IV d'Albon Époux de la fondatrice de l'abbaye.
Claude de Buissonrond Religieuse des Ayes ayant fondé l'abbaye Sainte-Cécile à Grenoble.
Louise de Paquier Religieuse des Ayes ayant fondé l'abbaye Sainte-Cécile à Grenoble.
Louise de Ponsonas Première abbesse de l'abbaye Sainte-Cécile à Grenoble.
Louise de Ballon Religieuse en différend avec Louise de Ponsonas.
César de Chaléon Acheteur de l'abbaye comme bien national.

Origine et histoire de l'Abbaye des Ayes

L'abbaye Notre‑Dame des Ayes est un ancien monastère cistercien de moniales situé à Crolles, en Isère. Elle se trouve dans l'actuelle impasse Elsa‑Triolet, le long de l'avenue de l'Abbaye. Le toponyme "Ayes" peut renvoyer soit à hayes (les possessions du seigneur), soit au latin aqua (une zone humide), soit à haies (la palissade végétale entourant l'abbaye). L'abbaye a été fondée vers 1140 par Clémence‑Marguerite de Bourgogne, épouse de Guigues IV d'Albon ; certaines sources indiquent 1142 pour la fondation et 1143 pour l'arrivée des douze religieuses et de l'abbesse, venues de l'abbaye du Betton. Au Moyen Âge, l'abbaye exploitait notamment un moulin sur le ruisseau de Craponoz et possédait de nombreuses terres dans le Dauphiné. Après la peste noire, en 1399, le monastère ne comptait apparemment plus que dix religieuses, sans l'abbesse. Les guerres de religion entraînèrent pillages et destructions en 1560, puis un incendie en 1648 endommagea encore l'édifice ; l'abbaye fut rebâtie de 1662 à 1666. En 1623, trois religieuses des Ayes — Claude de Buissonrond, Louise de Paquier et Louise de Ponsonas — cherchèrent à se réformer et, formées à Rumilly dans la congrégation des bernardines réformées, fondèrent le 24 novembre 1624 l'abbaye Sainte‑Cécile à Grenoble, dont Louise de Ponsonas fut la première abbesse. Louise de Ponsonas eut des différends avec Louise de Ballon, notamment sur la rédaction des Constitutions de la nouvelle congrégation, qu'elle réécrivit en 1631 en modifiant l'histoire de la réforme, et elle put invoquer sa nationalité française face à la savoyarde Louise de Ballon. À la veille de la Révolution, en 1781, le couvent était en fort mauvais état : l'église seule était correctement entretenue, tandis que la majeure partie des bâtiments menaçait ruine et dissuadait les vocations. Le 21 janvier 1791, les commissaires révolutionnaires procédèrent à l'inventaire de l'abbaye, qui fut vendue comme bien national le 18 avril 1791 ; César de Chaléon l'acheta en laissant aux religieuses leurs appartements, le chœur et les chapelles latérales de l'église. Le 22 septembre 1792, des officiers municipaux vinrent pour faire évacuer le monastère ; n'y restaient alors que l'aumônier, une sœur et une converse, mais en février 1793 cinq bernardines du couvent Notre‑Dame des Grâces de Tullins s'y réfugièrent. En 1797, cinq ou six prêtres réfractaires y célébraient la messe hebdomadaire, rassemblant entre cinq et six cents fidèles. Il ne subsiste aujourd'hui qu'un corps de logis, vestige probable du logis abbatial, orné de plafonds peints de la période classique et comportant des chapiteaux du XIIe siècle réemployés provenant du cloître. Ce bâtiment est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 17 juillet 1990. Les stalles de l'abbaye sont conservées à la chapelle de la Salette, à Grenoble. L'abbaye est fille de celle de Betton. Le moulin, distinct de l'abbaye, a été conservé et a fonctionné jusque dans les années 1980 après de nombreuses modernisations aux XIXe et XXe siècles.

Liens externes