Frise chronologique
vers 523-531
Fondation du premier prieuré
Fondation du premier prieuré
vers 523-531 (≈ 527)
Installation par des moines de Saint-Oyand
1170
Refondation par les augustins
Refondation par les augustins
1170 (≈ 1170)
Appel aux chanoines d’Abondance par Thibert de Montmorot
1172
Statut d’abbaye confirmé
Statut d’abbaye confirmé
1172 (≈ 1172)
Bulle de Géraud Ier de Mâcon
1244
Rétrogradation en prieuré
Rétrogradation en prieuré
1244 (≈ 1244)
Absorption par Saint-Oyand de Joux
1388
Union définitive à Saint-Claude
Union définitive à Saint-Claude
1388 (≈ 1388)
Bulle papale de Clément VII
3e quart XVe siècle
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
3e quart XVe siècle (≈ 1562)
Style gothique avec voûtes ogivales
1742
Sécularisation de Saint-Claude
Sécularisation de Saint-Claude
1742 (≈ 1742)
Le prieuré reste sous son contrôle
XVIIe siècle
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
XVIIe siècle (≈ 1750)
Après un incendie pendant la guerre de Dix Ans
1789
Disparition à la Révolution
Disparition à la Révolution
1789 (≈ 1789)
Vente comme bien national
2009
Classement monument historique
Classement monument historique
2009 (≈ 2009)
Protection de l’église en totalité
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église de l'abbaye en totalité (cad. I 50) : inscription par arrêté du 3 août 2009
Personnages clés
| Aubert - Moine fondateur (VIe siècle) |
Dirigea la première implantation monastique |
| Thibert de Montmorot - Seigneur local (XIIe siècle) |
Refonda l’abbaye en 1170 avec les augustins |
| Géraud Ier de Mâcon - Suzerain et protecteur |
Confirma le statut d’abbaye en 1172 |
| Honorius III - Pape (1216-1227) |
Placa Grandvaux sous protection pontificale |
| Innocent IV - Pape (1243-1254) |
Valida l’échange avec Abondance en 1250 |
| Clément VII - Antipape (1378-1394) |
Unifia Grandvaux à Saint-Claude en 1388 |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame du Grandvaux, fondée au XIIe siècle par les chanoines de Saint-Augustin de l’abbaye d’Abondance, fut d’abord un prieuré au VIe siècle avant de devenir une abbaye en 1172. Installée sur une presqu’île du lac de l’Abbaye, elle fut protégée par une muraille et un fossé, et dotée de terres par les seigneurs locaux comme Thibert de Montmorot. Malgré son statut d’abbaye, elle resta dépendante d’Abondance et fut rapidement en conflit avec l’abbaye de Saint-Oyand (Saint-Claude) pour des questions de droits et de territoires.
En 1244, après des décennies de tensions et de précarité économique, l’abbaye du Grandvaux fut réduite au statut de prieuré sous l’autorité de Saint-Oyand, une décision confirmée par le pape en 1388. Les bâtiments conventuels tombèrent en ruines, et seuls l’église (reconstruite aux XVe et XVIIe siècles), une grange et un presbytère subsistèrent. L’église, de style gothique avec des remaniements classiques, devint le centre d’une paroisse couvrant le Grandvaux jusqu’à la Révolution, où le prieuré fut vendu comme bien national.
Le site conserve aujourd’hui l’église, classée monument historique en 2009, comme unique témoin majeur de cette fondation monastique disparue. Les vestiges architecturaux (portail gothique, clés de voûte armoriées, nef à bas-côtés) et les archives évoquent son rôle dans la mise en valeur du Haut-Jura, entre défrichements médiévaux et conflits ecclésiastiques. Le lac de l’Abbaye perpétue son souvenir toponymique, lié à l’implantation originale des moines sur ses rives au VIe siècle.
La refondation du XIIe siècle s’inscrit dans un contexte de colonisation monastique du Jura, encouragée par les seigneurs laïcs comme Géraud Ier de Mâcon. Les chanoines du Grandvaux, bien que modestes, participèrent à l’exploitation des forêts et pâturages locaux, tout en subissant la pression de voisins plus puissants comme les chartreux de Bonlieu. Leur absorption par Saint-Claude illustre la concentration des pouvoirs religieux dans la région à la fin du Moyen Âge.
Au XVIIe siècle, après un incendie, l’église fut reconstruite en partie, intégrant des éléments gothiques (voûtes, portail) et des ajouts baroques (clocher, sacristie). Les bâtiments abbatiaux, transformés en ferme et presbytère, perdurèrent jusqu’à leur abandon post-révolutionnaire. Les restaurations des XVIIIe, XIXe et XXe siècles (notamment en 1974) ont préservé ce patrimoine, aujourd’hui propriété communale et ouvert à la visite.