Frise chronologique
1233
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1233 (≈ 1233)
Cession à l’abbaye de la Réau par Thibault III.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Expulsion des chanoines pendant la Révolution.
1815
Renaissance trappiste
Renaissance trappiste
1815 (≈ 1815)
Installation des moines de Darfeld (Allemagne).
1816
Érection en abbaye
Érection en abbaye
1816 (≈ 1816)
Reconnaissance officielle par le pape.
1874
Statue Notre-Dame du Triomphe
Statue Notre-Dame du Triomphe
1874 (≈ 1874)
Inauguration surplombant la Mayenne.
2025
Départ des moines
Départ des moines
2025 (≈ 2025)
Fin de la présence trappiste continue.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Thibault III de Mathefelon - Fondateur du prieuré (XIIIe siècle) |
Seigneur d’Entrammes, donateur de la chapelle. |
| Ferdinand de Géramb - Frère Marie-Joseph (1816–1824) |
Architecte et hôtelier, figure de la renaissance. |
| Dom Bernard de Girmont - Premier abbé (1815–1830) |
Ancien maître des novices de Morimond. |
| Père Maur Cocheril - Moine érudit (XXe siècle) |
Historien et musicologue cistercien. |
| Jean-Baptiste Le Clerc de la Roussière - Bienfaiteur (1807–1814) |
Rachat des bâtiments pour les trappistes. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame du Port-du-Salut, initialement nommée prieuré du Port-Ringeard, fut fondée au XIIIe siècle par Thibault III de Mathefelon, seigneur d’Entrammes. Ce dernier y érigea une chapelle dédiée à la Vierge et à saint Nicolas, cédée en 1233 à l’abbaye de la Réau (Poitou). Six chanoines réguliers s’y installèrent, perpétuant la vie conventuelle jusqu’à la Révolution française. Le prieuré, vendu comme bien national en 1791, fut abandonné après l’expulsion des religieux.
En 1815, des moines trappistes, de retour d’exil en Westphalie, rachetèrent les bâtiments grâce à Jean-Baptiste Le Clerc de la Roussière. Ils fondèrent une communauté sous le vocable Notre-Dame du Port-du-Salut et développèrent la production du fromage Port-Salut, aujourd’hui emblématique. L’abbaye fut officiellement érigée par le pape en 1816. Parmi ses figures marquantes, le baron Ferdinand de Géramb, devenu frère Marie-Joseph, joua un rôle clé dans son expansion architecturale et spirituelle au XIXe siècle.
Le monastère connut un essor continu, accueillant pèlerins et mendiants grâce à ses activités agricoles et fromagères. Au XXe siècle, les moines se tournèrent vers la sous-traitance industrielle et la production hydroélectrique (centrale active depuis 1933). En 2025, faute de vocations, les trappistes annoncent leur départ, confiant le site à un fonds de dotation pour un projet de reconversion mêlant accueil, formation aux métiers manuels et activités culturelles.
Le site, situé en bord de Mayenne près de Laval, conserve des traces d’un passé antique (dolmen, ruines gallo-romaines et mérovingiennes). Son patrimoine inclut une chapelle extérieure dédiée à saint Siméon Stylite (1854) et une statue monumentale de Notre-Dame du Triomphe (1874), symbole de la dévotion locale. L’abbaye illustre ainsi près de 800 ans de vie monastique, entre tradition cistercienne et adaptations modernes.
Les archives mentionnent aussi des liens avec d’autres abbayes, comme celle de Bricquebec (Normandie), fondée avec l’aide de moines du Port-du-Salut en 1825. Le père Maur Cocheril (1914–1982), moine érudit, y mena des recherches sur l’ordre cistercien en Espagne et au Portugal, tout en étant un spécialiste du chant grégorien et d’héraldique.