Origine et histoire de l'Abbaye du Val des Choues
L’abbaye du Val des Choues, fondée à la fin du XIIe siècle, tire son nom des cultures potagères locales (vallis caulium). Implantée dans la forêt châtillonnaise sur la commune de Villiers-le-Duc (Côte-d’Or), elle suit initialement une règle monastique hybride mêlant traditions bénédictines, cisterciennes et chartreuses. Son développement précoce en fait un chef d’ordre influent entre 1210 et 1250, avant un déclin progressif.
Rattachée en 1761 à l’ordre cistercien sous le nom de Val Saint-Lieu, l’abbaye est fermée à la Révolution française. Ses bâtiments religieux (abbatiale, cloître, dortoirs) sont démantelés au XIXe siècle pour servir de carrière. Seuls subsistent aujourd’hui des édifices des XVIIe et XVIIIe siècles, comme l’hôtel de l’abbé commendataire, la porterie, et des dépendances agricoles. Une partie de sa statuaire orne désormais l’église de Villiers-le-Duc.
L’abbaye, isolée dans une vallée encaissée, comportait trois cours successives : la première abritait hostellerie et ateliers, la deuxième l’église (détruite) et l’hôtel abbatial, et la troisième le cloître (disparu) et les jardins. Ces derniers, restaurés en 1990, se terminent par un bassin-vivier. Une salle dite de l’écho, aux propriétés acoustiques remarquables, servait à confesser les pèlerins lépreux sans contact direct.
Selon la légende, le frère Viard, un convers chartreux, se retira sur ce site en 1184, rejoint par d’autres moines. La charte de fondation, établie en 1193 par le duc Eudes III de Bourgogne, est confirmée en 1203 par le pape Innocent III. L’ordre du Val des Choues essaimera jusqu’en Écosse, fondant 21 abbayes-filles, aujourd’hui disparues pour la plupart. Vendue comme bien national en 1799, l’abbaye devient un gîte et abrite aujourd’hui un musée dédié à la vénerie.
Les matériaux de la maison du prieur, démontée pierre par pierre vers 1820, sont réutilisés pour construire le château de Rochefort-sur-Brévon. Parmi les prieurs notables, Gui (ou Wiart) et Humbert, dont les tombeaux étaient visibles dans l’église, ainsi que Vincent de Merlet, premier prieur commendataire en 1508. L’abbaye est classée Monument Historique en 1992 pour ses bâtiments et son enclos.