Abbaye

  • 74290 Talloires-Montmin
Abbaye
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Crédit photo : Frans-Banja Mulder - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
1018
Fondation de l'abbaye
XIe siècle
Construction initiale
1674
Élévation en abbaye royale
Fin du XVIIIe siècle
Construction église Saint-Maurice
1944
Protection monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye (ancienne) : inscription par arrêté du 24 février 1944

Personnages clés

Rodolphe III de Bourgogne Donateur du domaine de Talloires en 1018.
Ermengarde Épouse de Rodolphe III de Bourgogne, impliquée dans la donation du domaine.
Itier de Savigny Abbé ayant envoyé les premiers moines à Talloires.
François de Sales Entrepreneur de la réforme salésienne de l'abbaye au XVIIe siècle.
Gabriel Lippmann Scientifique ayant réalisé le premier cliché photographique en couleur dans le cloître en 1902.

Origine et histoire

L'abbaye de Talloires, située dans la commune éponyme en Haute-Savoie, est un ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle et érigé en abbaye royale en 1674. Le domaine de Talloires fut donné en 1018 par Rodolphe III de Bourgogne, sous l'impulsion de sa femme Ermengarde et avec l'appui des archevêques Burchard de Lyon et Burchard de Vienne ; la donation comprenait l'église alors dédiée à sainte Marie, saint Pierre et saint Maurice ainsi que ses dépendances. Le prieuré, établi en bordure du lac d'Annecy face au prieuré de Saint-Jorioz, fut confié à l'abbé Itier de Savigny, qui y envoya quatre moines nommés Ismius, Ismidon, Ruph et Germain ; des moines de Cluny procédèrent à son installation. Les papes Pascal II, Calixte II et Eugène III ont confirmé sa fondation au cours du XIIe siècle.

Au Moyen Âge, le comte de Genève Guillaume Ier enrichit le prieuré de droits seigneuriaux et de dîmes sur des biens à Annecy. En 1412, l'antipape Jean XXIII rattacha le prieuré de Saint-Jorioz à Talloires et imposa une redevance au chapitre de Genève ; après des résistances, les moines s'y soumirent en 1440, ce qui marqua le déclin du monastère de Saint-Jorioz. Aux XVIIe siècle, la communauté fut soumise à la réforme salésienne ; François de Sales, avec l'aval de Savigny et le soutien du Sénat de Savoie, entreprit de la réformer et fit transférer les reliques de l'ermite Germain de Montfort à Talloires.

En 1674 le prieuré fut élevé au rang d'abbaye royale et l'ensemble fut agrandi en 1681, avec l'ajout notamment d'un hôpital et d'une maladrerie sur le site d'Angon. Lors de l'entrée des révolutionnaires français dans le duché de Savoie en 1792, l'abbaye subit des violences et fut incendiée avec ses archives ; elle ne s'en releva pas et fut détruite en 1833. L'église abbatiale servit de lieu de culte paroissial jusqu'à la construction, vers la fin du XVIIIe siècle, de l'église Saint-Maurice dans le bourg.

Au XXe siècle, Gabriel Lippmann réalisa en 1902 le premier cliché photographique en couleur dans le cloître. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'édifice accueillit le commandement régional allemand. L'abbaye est protégée au titre des monuments historiques depuis le 24 février 1944. Depuis la fin du XIXe siècle, le site a été transformé en hôtel-restaurant quatre étoiles et a accueilli des personnalités telles que Paul Cézanne, Mark Twain, Gabriel Fauré, Winston Churchill, Richard Nixon et Jean Reno.

Architecturalement, l'abbaye s'inspire des constructions seigneuriales anciennes, avec une grande salle de prestige (aula) et des éléments de fortification. Elle comprend deux annexes : un hospice datant de la fin du XIIIe siècle situé dans le bourg et une léproserie, ou maladière, implantée à deux kilomètres sur la route du lac en direction d'Angon, probablement antérieure au XIIIe siècle. Une notice historique de Jules Philippe (1861) fournit une liste détaillée des prieurs claustraux, des abbés réguliers et des abbés commendataires qui se sont succédé à Talloires, citant de nombreuses figures locales et ecclésiastiques sur plusieurs siècles.

Liens externes