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Abbaye Notre-Dame d'Yerres dans l'Essonne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye Notre-Dame d'Yerres

  • 18 Rue du Clos des Abbesses
  • 91330 Yerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Abbaye Notre-Dame dYerres
Crédit photo : Batman67 - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
91330 Yerres, 18 Rue du Clos des Abbesses

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
1124-1132
Fondation de l'abbaye
1132
Dons d'Étienne de Senlis
1622
Changement de diocèse
1695
Acquisition de l'ermitage
1792
Expulsion des bénédictines
1996
Protection monument historique
2008-2009
Restauration et conversion
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte : classement par arrêté du 18 août 1928 - Bâtiment de l'abbesse (cad. AM 477) ; bâtiment du dortoir et bâtiment de la pharmacie (cad. AM 479) ; sol des parcelles (cad. AM 477 à 483) : inscription par arrêté du 1er avril 1996

Personnages clés

Eustachie de Corbeil - Fondatrice de l’abbaye Fille de Ferry de Châtillon, donatrice des terres.
Étienne de Senlis - Évêque de Sens Donateur de dîmes et règles inspirées de Cîteaux.
Guillaume Ier Le Loup - Bienfaiteur et bouteiller de France Soutien financier au XIIe siècle.
Anne Brûlart - Religieuse au XVIe siècle Membre d’une famille influente du Parlement.
Paul Chaslin - Industriel et résistant Rachat et sauvetage temporaire en 1971.
Louis VI le Gros - Roi de France Échange de terres avec l’abbaye en 1132.

Origine et histoire de l'Abbaye Notre-Dame

L'abbaye Notre-Dame d'Yerres fut fondée entre 1124 et 1132 par Eustachie de Corbeil, fille de Ferry de Châtillon, pour accueillir des religieuses bénédictines en transit, souvent expulsées d’autres monastères comme celui d’Argenteuil dirigé par Héloïse. Établie au confluent du Réveillon et de l’Yerres, à 15 km au sud de Paris, elle dépendait initialement du diocèse de Sens avant de passer sous celui de Paris en 1622. Étienne de Senlis, évêque de l’époque, lui octroya des dîmes et des églises, tandis que Guillaume Ier Le Loup, bouteiller de France, en devint un bienfaiteur.

Au XIIe siècle, l’abbaye reçut des dons significatifs, comme la moitié de la dîme de Villabé ou des terres à Oysonville. Vers 1280, une maison parisienne, la maison de la Pie, fut acquise pour loger les moniales. Les vicissitudes financières des XVIIe et XVIIIe siècles conduisirent à la dégradation des bâtiments. En 1695, l’ermitage de Notre-Dame-de-Consolation en forêt de Sénart fut rattaché à l’abbaye. La Révolution française marqua un tournant : les bénédictines furent expulsées en 1792, une partie des bâtiments détruite en 1793, et le reste vendu comme bien national.

Au XIXe siècle, une manufacture de laine occupa les lieux jusqu’au milieu du XXe siècle. Rachat en 1971 par Paul Chaslin, ancien résistant et industriel, sauva temporairement l’édifice, avant son abandon dans les années 1980. Grâce à l’action d’associations locales comme Sahavy et malgré l’opposition municipale, l’abbaye fut inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1996. Une restauration partielle en 2008-2009 permit sa conversion en logements, conciliant préservation patrimoniale et usage contemporain.

Aujourd’hui, seuls subsistent le dortoir du XVIe siècle et les bâtiments de la pharmacie et de l’abbesse du XVIIIe siècle, ces derniers intégrant des structures du XVIe siècle. L’abbaye illustre ainsi près de neuf siècles d’histoire, entre spiritualité bénédictine, bouleversements révolutionnaires et reconversions industrielles.

Parmi les figures marquantes, Anne Brûlart, religieuse au XVIe siècle, appartenait à une famille influente : ses sœurs étaient moniales à Montmartre et aux Filles-Dieu de Paris, tandis que ses frères étaient moines à Saint-Denis. Leur père, Pierre II Brûlart, était conseiller du roi au Parlement de Paris. Les abbesses, au nombre de quarante-cinq jusqu’à la Révolution, menaient une vie austère, avec des règles alimentaires strictes, comme l’autorisation exceptionnelle de consommer des œufs à certaines dates.

Les propriétés de l’abbaye incluaient des terres à Bourg-la-Reine, Briis-sous-Forges, et des droits de dîme à Varennes. Le fief de Bourg-la-Reine, acquis par échange avec Louis VI le Gros en 1132, témoigne de son importance économique. Malgré les pillages et incendies du XXe siècle, la mobilisation citoyenne a permis de sauver ce patrimoine rare en Île-de-France.

Liens externes

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