Frise chronologique
1104-1108
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1104-1108 (≈ 1106)
Affranchissement des chanoines par Raoul de Beaugency.
vers 1140
Transformation en abbatiale romane
Transformation en abbatiale romane
vers 1140 (≈ 1140)
Deux campagnes de construction identifiées.
1152
Annulation du mariage royal
Annulation du mariage royal
1152 (≈ 1152)
Louis VII et Aliénor d’Aquitaine.
1429
Libération par Jeanne d’Arc
Libération par Jeanne d’Arc
1429 (≈ 1429)
Citadelle reprise aux Anglais.
milieu XVe siècle
Construction de la tour du Diable
Construction de la tour du Diable
milieu XVe siècle (≈ 1550)
Renforcement des défenses abbatiales.
1568
Incendie pendant les guerres de Religion
Incendie pendant les guerres de Religion
1568 (≈ 1568)
Destruction de la charpente abbatiale.
1685-1701
Reconstruction des bâtiments abbatiaux
Reconstruction des bâtiments abbatiaux
1685-1701 (≈ 1693)
Travaux menés par les génovéfains.
1862
Classement de l’abbatiale
Classement de l’abbatiale
1862 (≈ 1862)
Première protection au titre des Monuments Historiques.
2006
Inscription des ailes et de la tour
Inscription des ailes et de la tour
2006 (≈ 2006)
Protection étendue à d’autres parties.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les deux ailes est et sud d'origine, en totalité ; les caves partant de l'aile sud et situées sous la cour de la parcelle F 1043 ; les façades et la toiture de la Tour du Diable ; le sol des deux parcelles cadastrées F 1043 et F 1044 : inscription par arrêté du 13 décembre 2006
Personnages clés
| Raoul de Beaugency - Seigneur et fondateur |
Permit l’affranchissement des chanoines (1104-1108). |
| Louis VII - Roi de France |
Mariage annulé avec Aliénor en 1152. |
| Aliénor d’Aquitaine - Duchesse d’Aquitaine |
Son divorce à Beaugency précéda la guerre de Cent Ans. |
| Jeanne d’Arc - Héroïne militaire |
Libéra Beaugency des Anglais en 1429. |
| Chanoines génovéfains - Ordre religieux |
Restaurèrent l’abbaye au XVIIe siècle. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de Beaugency s’inscrit dans le castrum (cité fortifiée) de Beaugency, attesté dès le Xe siècle et consolidé aux XIe-XIIe siècles. Ce complexe comprenait une première enceinte, un donjon (appelé à tort « tour César »), un logis seigneurial (futur château Dunois), et une église collégiale devenue abbatiale au XIIe siècle. Les chanoines, suivant la règle de saint Augustin, y occupaient un rôle central dans la vie religieuse et sociale de la région. La fondation de l’abbaye entre 1104 et 1108 par Raoul de Beaugency, sous l’impulsion de la réforme grégorienne, marqua l’affranchissement des chanoines de la tutelle seigneuriale, posant les bases d’un monument roman emblématique.
La construction de l’abbatiale s’échelonna en deux campagnes majeures vers 1140 : d’abord le chevet, le transept et les bas-côtés, puis la nef et la façade occidentale. L’édifice devint un lieu clé de l’histoire de France, notamment en 1152, lorsque l’annulation du mariage de Louis VII et Aliénor d’Aquitaine y fut prononcée, événement précurseur de la guerre de Cent Ans. Trois siècles plus tard, en 1429, Jeanne d’Arc libéra la citadelle des Anglais, renforçant son statut symbolique. Les guerres de Religion, en 1568, causèrent d’importants dégâts (incendie de la charpente), plongeant l’abbaye dans une période de déclin jusqu’à son rétablissement par les chanoines génovéfains au XVIIe siècle.
Au milieu du XVe siècle, la tour du Diable fut édifiée pour renforcer les défenses. Les reconstructions des XVIIe-XVIIIe siècles (1685-1701) intégrèrent des vestiges romans, comme des baies géminées bouchées, témoignant du cloître médiéval. À la Révolution, l’abbatiale fut préservée en devenant église paroissiale, tandis que les bâtiments conventuels furent réaffectés : lycée (par les sœurs de la Charité en 1920), hôtel, et espaces éducatifs. Aujourd’hui, l’abbaye, partiellement classée Monument Historique (1862 pour l’abbatiale, 2006 pour les ailes et la tour), se visite en plusieurs entités distinctes, offrant un panorama architectural du XIe au XVIIe siècle.
Le site conserve des traces de ses multiples vies : l’abbatiale Notre-Dame, toujours active comme église paroissiale ; le cloître et la tour du Diable, intégrés au lycée de l’Abbaye ; et l’ancien dortoir transformé en hôtel. Ces réaffectations reflètent l’adaptation constante du patrimoine à travers les siècles, tout en préservant des éléments clés comme le grand escalier lambrissé du XVIIe siècle ou les vestiges du cloître roman. Les sources archéologiques et textuelles, bien que fragmentaires, soulignent son rôle de pivot religieux, militaire et social en Val de Loire, de l’époque médiévale à nos jours.