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Abbaye Notre-Dame de Beaugency dans le Loiret

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise romane

Abbaye Notre-Dame de Beaugency

  • 2 Rue de l'Abbaye
  • 45190 Beaugency
Abbaye Notre-Dame de Beaugency
Abbaye Notre-Dame de Beaugency
Abbaye Notre-Dame de Beaugency
Abbaye Notre-Dame de Beaugency
Abbaye Notre-Dame de Beaugency
Crédit photo : E. M. - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
45190 Beaugency, 2 Rue de l'Abbaye

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1104-1108
Fondation de l’abbaye
vers 1140
Transformation en abbatiale romane
1152
Annulation du mariage royal
1429
Libération par Jeanne d’Arc
milieu XVe siècle
Construction de la tour du Diable
1568
Incendie pendant les guerres de Religion
1685-1701
Reconstruction des bâtiments abbatiaux
1862
Classement de l’abbatiale
2006
Inscription des ailes et de la tour
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les deux ailes est et sud d'origine, en totalité ; les caves partant de l'aile sud et situées sous la cour de la parcelle F 1043 ; les façades et la toiture de la Tour du Diable ; le sol des deux parcelles cadastrées F 1043 et F 1044 : inscription par arrêté du 13 décembre 2006

Personnages clés

Raoul de Beaugency - Seigneur et fondateur Permit l’affranchissement des chanoines (1104-1108).
Louis VII - Roi de France Mariage annulé avec Aliénor en 1152.
Aliénor d’Aquitaine - Duchesse d’Aquitaine Son divorce à Beaugency précéda la guerre de Cent Ans.
Jeanne d’Arc - Héroïne militaire Libéra Beaugency des Anglais en 1429.
Chanoines génovéfains - Ordre religieux Restaurèrent l’abbaye au XVIIe siècle.

Origine et histoire de l'Abbaye Notre-Dame

L’abbaye Notre-Dame de Beaugency s’inscrit dans le castrum (cité fortifiée) de Beaugency, attesté dès le Xe siècle et consolidé aux XIe-XIIe siècles. Ce complexe comprenait une première enceinte, un donjon (appelé à tort « tour César »), un logis seigneurial (futur château Dunois), et une église collégiale devenue abbatiale au XIIe siècle. Les chanoines, suivant la règle de saint Augustin, y occupaient un rôle central dans la vie religieuse et sociale de la région. La fondation de l’abbaye entre 1104 et 1108 par Raoul de Beaugency, sous l’impulsion de la réforme grégorienne, marqua l’affranchissement des chanoines de la tutelle seigneuriale, posant les bases d’un monument roman emblématique.

La construction de l’abbatiale s’échelonna en deux campagnes majeures vers 1140 : d’abord le chevet, le transept et les bas-côtés, puis la nef et la façade occidentale. L’édifice devint un lieu clé de l’histoire de France, notamment en 1152, lorsque l’annulation du mariage de Louis VII et Aliénor d’Aquitaine y fut prononcée, événement précurseur de la guerre de Cent Ans. Trois siècles plus tard, en 1429, Jeanne d’Arc libéra la citadelle des Anglais, renforçant son statut symbolique. Les guerres de Religion, en 1568, causèrent d’importants dégâts (incendie de la charpente), plongeant l’abbaye dans une période de déclin jusqu’à son rétablissement par les chanoines génovéfains au XVIIe siècle.

Au milieu du XVe siècle, la tour du Diable fut édifiée pour renforcer les défenses. Les reconstructions des XVIIe-XVIIIe siècles (1685-1701) intégrèrent des vestiges romans, comme des baies géminées bouchées, témoignant du cloître médiéval. À la Révolution, l’abbatiale fut préservée en devenant église paroissiale, tandis que les bâtiments conventuels furent réaffectés : lycée (par les sœurs de la Charité en 1920), hôtel, et espaces éducatifs. Aujourd’hui, l’abbaye, partiellement classée Monument Historique (1862 pour l’abbatiale, 2006 pour les ailes et la tour), se visite en plusieurs entités distinctes, offrant un panorama architectural du XIe au XVIIe siècle.

Le site conserve des traces de ses multiples vies : l’abbatiale Notre-Dame, toujours active comme église paroissiale ; le cloître et la tour du Diable, intégrés au lycée de l’Abbaye ; et l’ancien dortoir transformé en hôtel. Ces réaffectations reflètent l’adaptation constante du patrimoine à travers les siècles, tout en préservant des éléments clés comme le grand escalier lambrissé du XVIIe siècle ou les vestiges du cloître roman. Les sources archéologiques et textuelles, bien que fragmentaires, soulignent son rôle de pivot religieux, militaire et social en Val de Loire, de l’époque médiévale à nos jours.

Liens externes

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