Frise chronologique
1137
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1137 (≈ 1137)
Par Olivier II de Dinan et Agnorie de Penthièvre.
XVe siècle
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
XVe siècle (≈ 1550)
Chevet gothique et inhumation de Gilles de Bretagne.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Rachetée par le prieur Louis Josse.
1936
Restauration par Dom Alexis Presse
Restauration par Dom Alexis Presse
1936 (≈ 1936)
Début de la renaissance monastique.
1938
Classement monument historique
Classement monument historique
1938 (≈ 1938)
Protection des ruines et salle capitulaire.
2011
Arrivée de la communauté du Chemin Neuf
Arrivée de la communauté du Chemin Neuf
2011 (≈ 2011)
Nouvelle phase spirituelle actuelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ruines de l'église et de la salle capitulaire (E 1163) : classement par arrêté du 28 octobre 1938
Personnages clés
| Olivier II de Dinan - Fondateur |
Créa l’abbaye avec son épouse en 1137. |
| Gilles de Bretagne - Personnage inhumé |
Frère du duc François Ier, enterré en 1450. |
| Louis Josse - Dernier prieur avant la Révolution |
Rachète l’abbaye en 1791 comme bien national. |
| Dom Alexis Presse - Restaurateur (XXe siècle) |
Relance la vie monastique en 1936. |
| Bernard Besret - Prieur réformateur (1964-1969) |
Expérimente une ouverture controversée de l’abbaye. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de Boquen, située à Plénée-Jugon (Côtes-d’Armor), est une abbaye cistercienne fondée en 1137 par Olivier II de Dinan et son épouse Agnorie de Penthièvre. Peuplée initialement par des moines de l’abbaye de Bégard, elle prospère grâce aux dons des seigneurs locaux, notamment des terres, moulins et pêcheries. Son territoire s’organise autour de quatre granges (Plénée, Sévignac, Broons, Saint-Gouéno) et s’étend jusqu’à Dinan et Moncontour. L’abbaye connaît son apogée aux XIIe et XIIIe siècles, avant de subir pillages et déclin à partir du XVIe siècle, sous le régime de la commende.
Vendue comme bien national en 1791, l’abbaye est rachetée par son dernier prieur, Louis Josse, avant d’être abandonnée et utilisée comme carrière de pierres. En 1936, Dom Alexis Presse, moine cistercien, la rachète et entreprend sa restauration, relançant la vie monastique. L’église, classée monument historique en 1938, est reconstruite et reconsacrée en 1965. Après une période de réformes controversées sous Bernard Besret (1965-1973), l’abbaye est confiée aux Sœurs de Bethléem (1976-2011), puis à la communauté du Chemin Neuf depuis 2011.
L’architecture de Boquen mêle éléments médiévaux et restaurations modernes. L’abbatiale, du XIIe siècle, présente un chevet plat typiquement cistercien, une nef à trois vaisseaux et un transept marqué par des arcs brisés. La salle capitulaire, partiellement conservée, arbore des arcatures à colonnettes sculptées. Les bâtiments conventuels, reconstruits aux XXe siècle, abritent aujourd’hui une communauté religieuse active. Le site, entouré de forêts et traversé par l’Arguenon, illustre l’idéal cistercien d’isolement et d’autonomie.
Parmi les événements marquants, Gilles de Bretagne y est inhumé en 1450 après son assassinat par son frère, le duc François Ier. Au XVIe siècle, les guerres de Religion et la commende affaiblissent l’abbaye : les bas-côtés de l’église sont démolis, et les moines se dispersent. La restauration du XXe siècle, menée par Dom Alexis Presse, redonne à Boquen son rôle spirituel. Aujourd’hui, l’abbaye allie patrimoine historique et vie communautaire, perpétuant une tradition monastique vieilles de neuf siècles.
Les possessions de Boquen s’étendaient bien au-delà de ses murs, incluant des fermes, des maisons en ville (Dinan, Moncontour) et des pêcheries. Les moines, actifs jusqu’au XVIe siècle, géraient un domaine agricole et commercial prospère. La forêt de Boquen, confisquée en 1665 par le roi, et les troubles de la Ligue (XVIe siècle) accélèrent son déclin. La Révolution achève de disperser ses biens, avant que le site ne renaisse grâce à l’engagement de religieux et de communautés successives, faisant de Boquen un symbole de résilience monastique.