Origine et histoire de l'Abbaye Notre-Dame de Boscodon
L'abbaye Notre-Dame de Boscodon, située à Crots dans les Hautes-Alpes, est fondée en 1142 par des moines cénobites de l'ordre de Chalais, grâce aux dons de Guillaume de Montmirail. Elle succède à un groupe d’ermites rassemblés autour de Guillaume de Lyonne. En 1303, elle devient chef d’ordre après la dépendance de Chalais à la Chartreuse, puis passe sous la règle bénédictine au XVe siècle. Les moines y vivent de l’exploitation forestière, de l’agriculture et de l’élevage ovin. Au XVIIIe siècle, une partie des bâtiments est détruite lors de la Commission des Réguliers, et l’abbaye est rattachée à l’archevêché d’Embrun.
Pendant la Révolution française, l’abbaye est confisquée comme bien national et vendue à Joseph Berthe, qui la transforme en exploitation agricole. Un hameau se développe autour de l’abbatiale, utilisée comme écurie ou logement. Au XXe siècle, le site est progressivement abandonné. En 1972, des travaux de restauration débutent, portés par l’Association des amis de l’abbaye de Boscodon et la communauté dominicaine, notamment sœur Jeanne-Marie, figure centrale de sa renaissance pendant 40 ans. Les restaurations, basées sur des fouilles archéologiques et des archives (comme un devis de 1706 pour l’aile des Officiers), s’achèvent en 2012 avec l’inauguration du cloître.
L’abbaye, d’architecture romane cistercienne, se distingue par sa simplicité géométrique et symbolique (7 voûtes, orientation solaire). Classée monument historique en 1989 (cellier) et 1999 (bâtiments conventuels), elle accueille aujourd’hui 90 000 visiteurs annuels. La communauté Saint-Dominique, installée sur place, y organise offices, concerts et ateliers. Le site, primé pour son accueil en 1989, allie patrimoine religieux, tourisme et vie spirituelle.
Les restaurations ont mobilisé des acteurs variés : bénévoles, donateurs, collectivités (Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, département des Hautes-Alpes), et services de l’État (DRAC, Architecte en chef des monuments historiques). Des médias, comme la série Alex Hugo (2021) ou un documentaire allemand sur les Alpes, ont mis en lumière son histoire. L’abbaye reste un témoignage vivant du monachisme médiéval et de sa préservation contemporaine.