Frise chronologique
1170-1177
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1170-1177 (≈ 1174)
Établie par Maurice Duault et les moines de Langonnet.
1191
Mort de saint Maurice
Mort de saint Maurice
1191 (≈ 1191)
Inhumé dans l’église abbatiale après sa mort.
XVe siècle
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
XVe siècle (≈ 1550)
Décoration et travaux majeurs sur l’abbatiale.
1799
Attaque des chouans
Attaque des chouans
1799 (≈ 1799)
Violences contre un ancien moine pendant la Révolution.
1880
Translation de la relique
Translation de la relique
1880 (≈ 1880)
Transfert de l’humérus de saint Maurice à Langonnet.
1945
Incendie du château
Incendie du château
1945 (≈ 1945)
Destruction par un feu pendant la Seconde Guerre mondiale.
1991
Acquisition par le Conservatoire
Acquisition par le Conservatoire
1991 (≈ 1991)
Protection du domaine de 123 hectares.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Salle capitulaire : inscription par arrêté du 2 mai 1956. Ensemble des immeubles bâtis et non bâtis composant l'ancienne abbaye, y compris les sols archéologiques et les allées d'accès, mur d'enceinte, portails, douves et étang (cad. B 388 à 403, 408) : inscription par arrêté du 8 août 1995
Personnages clés
| Maurice Duault (saint Maurice) - Fondateur et premier abbé |
Miracles attribués, inhumé dans l’abbaye en 1191. |
| Conan IV - Duc de Bretagne |
Dona des terres pour la fondation en 1170-1177. |
| Geoffroy de Cornouaille - Évêque de Quimper |
Témoin de la charte de donation initiale. |
| Guillaume Riou - Abbé (1616-1641) |
Probable reconstructeur au XVIIe siècle. |
| Jean François Edme Le Paige de Bar - Chef chouan |
Responsable de violences en 1799. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Maurice de Carnoët, fondée entre 1170 et 1177 par des moines cisterciens de Langonnet, s’implante dans un site stratégique près de la Laïta et d’une voie romaine. Son fondateur, Maurice Duault (futur saint Maurice), y établit une communauté autarcique malgré un environnement hostile. La charte de donation du duc Conan IV autorise l’exploitation forestière, parfois abusée comme en 1566, où l’abbaye est condamnée pour exportation illégale de bois.
La salle capitulaire, vestige du XIIIe siècle, survit aux reconstructions des XVe, XVIIe et XVIIIe siècles. L’abbaye, prospère grâce à son port fluvial et son organisation agricole, subit des destructions pendant la Révolution. Vendue comme bien national, elle est partiellement transformée en château au XIXe siècle. En 1945, un incendie ravage les derniers bâtiments, ne laissant que la salle capitulaire et le chartrier.
Acquise par le Conservatoire du littoral en 1991, l’abbaye devient un site protégé alliant patrimoine et écologie. Ses ruines (salle capitulaire, ferme abbatiale, orangerie) côtoient une forêt abritant des chauves-souris rares. Menacée par la montée des eaux, elle témoigne de six siècles de vie monastique, entre miracles attribués à saint Maurice et exploitation agricole.
Le domaine, géré par la commune, offre des expositions sur la vie cistercienne et des sentiers le long de la Laïta. Deux digues protègent désormais les vestiges, tandis que des vestiges de l’âge du fer rappellent l’ancienne occupation du site. La relique de saint Maurice, transférée en 1880, renforce son héritage spirituel.
Classée monument historique en 1956 (salle capitulaire) et 1995 (ensemble du site), l’abbaye illustre l’architecture cistercienne et son adaptation aux défis écologiques contemporains. Son histoire mêle foi, conflits (guerre de 1944, chouannerie) et résilience, entre mémoire monastique et enjeux environnementaux.