Frise chronologique
1096
Fondation par l'abbé Foucault
Fondation par l'abbé Foucault
1096 (≈ 1096)
Opposition à la réforme bénédictine, ermite à Fons Cancellatus.
1128
Bénédiction du premier abbé
Bénédiction du premier abbé
1128 (≈ 1128)
Gérard de Montlau, début des constructions monastiques.
12 octobre 1147
Consécration des églises
Consécration des églises
12 octobre 1147 (≈ 1147)
Église abbatiale et chapelle paroissiale dédiées.
1360-1367
Occupation anglaise
Occupation anglaise
1360-1367 (≈ 1364)
Monastère transformé en garnison pendant la guerre.
1575
Destruction par les Huguenots
Destruction par les Huguenots
1575 (≈ 1575)
Incendie, nef et chœur roman détruits.
1622-1638
Reconstruction par Solminihac
Reconstruction par Solminihac
1622-1638 (≈ 1630)
Église, cloître et logis rebâtis, réforme spirituelle.
1790
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1790 (≈ 1790)
Dispersion partielle des archives et bibliothèques.
1909
Premier classement MH
Premier classement MH
1909 (≈ 1909)
Protection de l'église abbatiale.
1998
Réinstallation des chanoines
Réinstallation des chanoines
1998 (≈ 1998)
Retour de la vie religieuse après 200 ans.
2019-2025
Rénovation du logis de l'Abbé
Rénovation du logis de l'Abbé
2019-2025 (≈ 2022)
Travaux à 2,8 millions d'euros.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise abbatiale (cad. AC 121) : classement par arrêté du 30 juillet 1909 - Façades et toitures des anciens bâtiments abbatiaux (cad. AC 113, 123, anciennement A 453, 454) : inscription par arrêté du 2 mars 1959 - Façades et toitures du bâtiment dit Logis Bourdeilles (presbytère) (cad. AC 122, anciennement A 452) : classement par arrêté du 4 juillet 1959 - Façades et toitures des anciens bâtiments abbatiaux avec les sols et clôtures des jardins (cad. AC 111, 123 à 125, 128, anciennement A 439, 448 à 451) : inscription par arrêté du 9 octobre 1959 - En totalité, les bâtiments, le petit pont et sols, y compris les murs de l'enclos et les terrasses du jardin, à l'exception des bâtiments ou parties de bâtiments et sols déjà classés ou inscrits (cad. AC 113, 118, 125, 132 : bâtiments abbatiaux ; AC 119, 120, 126, 128 à 131, 133, 134, 364, 367, 369, 447 à 452 : terrasses, jardins et clôtures ; le domaine public de la commune formé par la place de l'abbaye sur la parcelle AC 139 et la route des Carrières - non cadastrée - à l'ouest de l'abbaye) : inscription par arrêté du 9 août 2006 - Le logis de l'abbé (cad. AC 125) et le logis de Bourdeilles (cad. AC 122) : classement par arrêté du 7 mai 2008
Personnages clés
| Abbé Foucault - Fondateur |
Opposant à la réforme bénédictine, ermite fondateur. |
| Gérard de Montlau - Premier abbé (1128) |
Béni par l'évêque de Périgueux. |
| Alain de Solminihac - Abbé réformateur (1614-1636) |
Rebâtit l'abbaye, béatifié en 1981. |
| Hélie de Talleyrand-Périgord - Cardinal protecteur (XIVe) |
Dotation pour 38 chanoines en 1360. |
| Nicolas Baudeau - Moine et économiste |
Figure intellectuelle de l'abbaye post-médiévale. |
| Joseph Prunis - Prieur et homme politique |
Actif après la Révolution française. |
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame de Chancelade trouve son origine vers 1096, lorsque l'abbé Foucault, opposant à la réforme bénédictine imposée par le pape Urbain II, quitte l'abbaye Saint-Pierre de Cellefrouin pour vivre en ermite à Fons Cancellatus. Rejoint par d'autres moines, il fonde une communauté qui adopte en 1133 la règle de saint Augustin. En 1128, l'évêque de Périgueux, Guillaume d'Auberoche, bénit le premier abbé, Gérard de Montlau, marquant le début de la construction du monastère. L'église abbatiale et la chapelle paroissiale, dédiées à la Vierge et à sainte Madeleine, sont consacrées le 12 octobre 1147.
Au XIVe siècle, l'abbaye, protégée par le cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord, compte 22 religieux et bénéficie d'une dotation pour accueillir 38 chanoines. Cependant, les guerres marquent son histoire : occupée par les Anglais de 1360 à 1367, puis pillée et incendiée en 1575 par les Huguenots pendant les guerres de Religion, elle perd sa nef et son chœur roman. Seule la croisée du transept, surmontée d'une coupole, subsiste. La reconstruction débute au XVIIe siècle sous l'impulsion d'Alain de Solminihac, abbé réformateur qui rebâtit l'église, le cloître et les logis entre 1622 et 1638.
Solminihac, nommé évêque de Cahors en 1636, revient à Chancelade pour consacrer l'église en 1638. Son œuvre inclut aussi la réforme spirituelle et intellectuelle de l'abbaye, avec l'enrichissement de la bibliothèque (4 000 livres, cartulaires) et la découverte du Journal de voyage de Montaigne dans les archives. Après la Révolution, l'abbaye est vendue comme bien national en 1790, mais son église devient paroissiale au XIXe siècle. Classée monument historique dès 1909, elle est restaurée à partir de 1955 et rouverte au public en 1977.
En 1998, une communauté de chanoines réguliers de Saint-Victor s'y réinstalle, relançant sa vocation spirituelle. Le logis de l'Abbé, rénové entre 2019 et 2025 (2,8 millions d'euros), abrite aujourd'hui un centre spirituel. L'ensemble architectural, mêlant éléments romans (XIIe siècle), gothiques (XIVe-XVe) et classiques (XVIIe), comprend l'église cruciforme, le logis de Bourdeilles (XVe), les communs (moulin, cuvier, cellier) et des jardins classés. La chapelle Saint-Jean (1147), voûtée en berceau brisé, complète ce patrimoine.
Parmi les figures marquantes, Alain de Solminihac (béatifié en 1981) incarne la renaissance de l'abbaye, tandis que des moines comme Nicolas Baudeau (économiste) ou Joseph Prunis (homme politique post-Révolution) illustrent son rayonnement intellectuel. Le Christ aux outrages (XVIIe siècle), tableau attribué à l'école de Georges de La Tour, témoigne de son patrimoine artistique. Aujourd'hui, huit chanoines animent la vie liturgique et pastorale, desservant les paroisses locales et perpétuant une tradition millénaire.