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Abbaye Notre-Dame de Châtillon à Châtillon-sur-Seine en Côte-d'or

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye Notre-Dame de Châtillon

  • Rue de l'Abbaye
  • 21400 Châtillon-sur-Seine
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
Abbaye Notre-Dame de Châtillon
21400 Châtillon-sur-Seine, Rue de l'Abbaye

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1136
Fondation de l’abbaye
1142
Affiliation à Arrouaise
1257
Assouplissement de la règle
1494
Instaurations de la commende
1635
Affiliation aux Génovéfains
1791
Vente comme bien national
1930
Classement de l’église abbatiale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bernard de Clairvaux - Fondateur spirituel Impulsa la création en 1136.
Claude Esprit - Chanoine réformateur Affilia l’abbaye aux Génovéfains (1635).
Henri Lenet - Abbé (1662–1710) Réaménagea l’abbaye et créa le Cours l’Abbé.
François de Dinteville - Premier abbé commendataire Nommé en 1494, marque le déclin spirituel.
Guy de Montrigaud - Abbé controversé Surnommé « fléau des chanoines » (XVIe siècle).
Henri IV - Protecteur temporaire Confia l’abbaye à Diane d’Andoins (1601).

Origine et histoire de l'Abbaye Notre-Dame de Châtillon

L’abbaye Notre-Dame de Châtillon, dite Sancta Maria de Castellione, fut fondée en 1136 sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux comme abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin. Affiliée dès 1142 à la congrégation d’Arrouaise – connue pour sa règle stricte (abstinence de viande, travaux manuels) –, elle s’installa au XIIe siècle dans le faubourg de Courcelles-Prévoires, grâce à des dons d’évêques, ducs de Bourgogne et comtes de Champagne. Les bâtiments médiévaux, décrits comme « d’une exquise structure », abritaient une communauté dynamique, en lien avec les abbayes voisines comme Fontenay ou Molesme.

Dès le XIIIe siècle, la discipline se relâche : la consommation de viande est autorisée en 1257, les chanoines délèguent leurs tâches pastorales à des vicaires, et accumulent des biens personnels. En 1330, un premier partage des ressources marque la privatisation des richesses abbatiales. La commende, instaurée en 1494, accélère la décadence : les abbés, nommés par le roi (ex. François de Dinteville), privilégient souvent les intérêts financiers. Les guerres (invasion de 1475 par Louis XI, guerres de Religion) ruinent l’abbaye, dont les bâtiments sont détruits à la fin du XVIe siècle par le baron Gellan de Thénissey, allié de la Ligue.

Un renouveau survient au XVIIe siècle avec l’affiliation aux Génovéfains en 1635, impulsée par le chanoine Claude Esprit. L’abbé Henri Lenet (1662–1710) réaménage les lieux, créant l’esplanade actuelle (Cours l’Abbé). Malgré des conflits (ex. détournements par François le Métel de Boisrobert), l’abbaye conserve une vie intellectuelle jusqu’à sa dissolution en 1793. La Révolution disperse les dix derniers chanoines, et les biens sont vendus comme biens nationaux en 1791. Aujourd’hui, subsistent l’église abbatiale (classée en 1930, devenue église Saint-Pierre) et les bâtiments conventuels, abritant depuis 2009 le musée du Pays Châtillonnais.

Les sources archéologiques et archives (séries 18 H et 1 Q 821 aux Archives de Côte-d’Or) attestent de son rayonnement médiéval, malgré les destructions successives. Son histoire reflète les tensions entre réforme monastique, pouvoir ducale, et clientélisme royal, typiques des abbayes bourguignonnes de l’Ancien Régime.

Liens externes

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