Frise chronologique
1142
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1142 (≈ 1142)
Appel des moines de Bégard par Alain le Noir.
XVIe siècle
Régime de la commende
Régime de la commende
XVIe siècle (≈ 1650)
Nomination d’abbés laïcs, déclin progressif.
1796
Disparition des derniers moines
Disparition des derniers moines
1796 (≈ 1796)
Mort de Dom Jean Meslays et Dom Augustin Pascal.
20 avril 1964
Classement monument historique
Classement monument historique
20 avril 1964 (≈ 1964)
Inscription des ruines à l’inventaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abbaye de Coatmalouen (vestiges) (cad. B 97, 99, 100) : inscription par arrêté du 20 avril 1964
Personnages clés
| Alain le Noir - Comte de Penthièvre |
Fondateur de l’abbaye en 1142. |
| Jacques de Kerbihan - Abbé commendataire |
Premier abbé sous régime de commende (1502). |
| Anne de Bretagne - Duchesse de Bretagne |
Influence sur les nominations d’abbés. |
| Dom Jean Meslays - Dernier prieur |
Décédé en 1796, fin de l’abbaye. |
| Dom Alexis Presse - Historien cistercien |
Auteur d’une monographie au XXe siècle. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de Coatmalouen, fondée en 1142 par des moines de Bégard à l’initiative d’Alain le Noir, comte de Penthièvre, s’inscrit dans le mouvement cistercien breton. Son histoire, marquée par des périodes de prospérité et de déclin, reflète les tensions entre pouvoir religieux et laïc, notamment avec l’instauration du régime de la commende au XVIe siècle.
Les ruines actuelles, dont une abbatiale du XVIIIe siècle sans toit et une façade triangulaire, témoignent de six siècles de vie monastique. L’abbaye, située à la limite de la Cornouaille et du Trégor, fut un lieu de prière et de travail pour des centaines de moines, jusqu’à sa disparition en 1796 avec la mort des deux derniers religieux.
La vie quotidienne des moines était rythmée par des offices, des travaux agricoles et des études, dans une austérité stricte : jeûnes fréquents, repas frugaux, silence perpétuel et dortoir commun. Leur existence, cloîtrée et ascétique, contrastait avec les abus des abbés commendataires, exploitant les ressources locales au détriment des religieux et des populations.
Classée monument historique en 1964, l’abbaye illustre l’architecture cistercienne bretonne et l’histoire mouvementée des ordres monastiques. Son déclin, accéléré par la Révolution, met fin à une aventure spirituelle et économique débutée au Moyen Âge, dans un contexte de réformes religieuses et de convoitises nobles.
Aujourd’hui, le site, ouvert à la visite, permet de découvrir les vestiges d’un patrimoine à la fois religieux et agricole. Les fouilles et études, comme celles de Dom Alexis Presse au XXe siècle, ont permis de reconstituer partiellement la vie des moines, entre prière, labeur et tensions avec les pouvoirs séculiers.