Frise chronologique
1091
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1091 (≈ 1091)
Par Pierre de l'Étoile et ses ermites.
1114
Mort de Pierre de l'Étoile
Mort de Pierre de l'Étoile
1114 (≈ 1114)
Premier abbé, décédé d’ergotisme.
1369-1372
Occupation anglaise
Occupation anglaise
1369-1372 (≈ 1371)
Libération par Du Guesclin en 1372.
1569
Pillage calviniste
Pillage calviniste
1569 (≈ 1569)
Abbaye incendiée pendant les guerres de Religion.
1609
Abbé commendataire huguenot
Abbé commendataire huguenot
1609 (≈ 1609)
Jean d’Harambure nommé abbé par Henri IV.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Protection des parties anciennes de l’abbaye.
1904
Exil des trappistes
Exil des trappistes
1904 (≈ 1904)
Départ forcé par les lois anti-congrégations.
1948
Retour des bénédictins
Retour des bénédictins
1948 (≈ 1948)
Restauration par Germain Cozien, abbé de Solesmes.
2001
Colloque liturgique
Colloque liturgique
2001 (≈ 2001)
Participation du cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parties anciennes de l'abbaye : classement par liste de 1862 ; Ancien prieuré de Décenet, initialement situé sur la commune de Pouligny-Saint-Pierre (Indre) , démonté pierre par pierre, et remonté dans l'enceinte de l'abbaye : inscription par arrêté du 3 septembre 1934
Personnages clés
| Pierre de l'Étoile - Fondateur et premier abbé |
Mort en 1114 pendant la construction. |
| Du Guesclin - Libérateur de l’abbaye |
Chasse les Anglais en 1372. |
| Jean d’Harambure - Abbé commendataire huguenot |
Nommé en 1609 par Henri IV. |
| Dom Nicolas Andrieu - Restaurateur du XVIIe siècle |
Prieur de 1674 à 1705. |
| Germain Cozien - Abbé de Solesmes |
Rétablit la vie monastique en 1948. |
| Antoine Forgeot - Abbé de Fontgombault (1977-2011) |
Décédé en 2020, figure majeure. |
| Jean Pateau - Abbé depuis 2011 |
Ancien prieur et chantre de l’abbaye. |
| Cardinal Joseph Ratzinger - Participant au colloque de 2001 |
Futur pape Benoît XVI. |
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame de Fontgombault, fondée en 1091 par Pierre de l'Étoile et ses compagnons ermites, s’implante sur la rive droite de la Creuse, près de la fontaine de Gombaud. Sous la règle de saint Benoît, la communauté se développe rapidement, nécessitant la construction d’une église abbatiale. Pierre de l’Étoile meurt en 1114, et ses successeurs, les abbés Guillaume et Airaud, poursuivent l’expansion de l’abbaye, qui fonde une vingtaine de prieurés aux XIIe et XIIIe siècles. Pendant la guerre de Cent Ans, l’abbaye est occupée par les Anglais (1369-1372) avant d’être libérée par Du Guesclin. Une tour ronde fortifiée, encore visible aujourd’hui, témoigne de cette période troublée.
Au XVe siècle, les abbés de Fontgombault contribuent au développement économique local en creusant des étangs, favorisant ainsi la pisciculture en Brenne. Le XVIe siècle est marqué par des pillages : d’abord par des mercenaires au service de la famille de François de Sully, puis en 1569 par les calvinistes, qui incendient l’abbaye. Malgré ces destructions, Jean d’Harambure, huguenot proche d’Henri IV, en devient l’abbé commendataire en 1609. L’abbaye est restaurée à la fin du XVIIe siècle par dom Nicolas Andrieu, prieur de 1674 à 1705, avant d’être confiée aux lazaristes en 1741, qui y établissent un séminaire jusqu’en 1786.
La Révolution française porte un coup sévère à l’abbaye : vendue comme bien national, elle est partiellement détruite et utilisée comme carrière de pierres. Seuls le cloître et quelques vestiges subsistent. En 1849, des trappistes rachètent le site et y fondent une distillerie de kirsch, mais les lois anti-congrégations de 1904 les forcent à l’exil. L’abbaye devient alors une fabrique de boutons, puis un hôpital militaire belge pendant la Première Guerre mondiale. De 1919 à 1948, un séminaire diocésain y est installé avant sa fermeture faute de vocations.
En 1948, l’abbaye renaît sous l’impulsion de Germain Cozien, abbé de Solesmes, qui y rétablit une communauté bénédictine de vingt-deux moines. Aujourd’hui, elle compte près de soixante-dix moines et a essaimé en fondant quatre autres abbayes, dont Clear Creek aux États-Unis. L’abbaye, classée monument historique dès 1862, est un haut lieu de la liturgie grégorienne et de la forme tridentine du rite romain. Son architecture romane, avec un déambulatoire et des chapelles rayonnantes, en fait un chef-d’œuvre de l’art médiéval.
L’abbatiale, de plan en croix latine, se distingue par son chœur à doubles bas-côtés et ses cinq chapelles absidiales. Sa façade, typique du style roman poitevin, est dépourvue de tympan mais ornée d’archivoltes cintrées. Les dimensions impressionnantes (80,40 m de longueur, 22,70 m pour la coupole) soulignent son importance historique. Autonome en énergie grâce à une centrale sur la Creuse, l’abbaye reste un lieu de vie monastique actif, marqué par des événements récents, comme l’accueil de personnalités controversées ou des colloques liturgiques internationaux.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Equipements et Détails
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