Frise chronologique
1117
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1117 (≈ 1117)
Création par Geoffroy et Goslein de Lèves.
1119
Confirmation papale et royale
Confirmation papale et royale
1119 (≈ 1119)
Calixte II et Louis VI valident la propriété.
1156
Conflit des moulins
Conflit des moulins
1156 (≈ 1156)
Différend avec Milon de Lèves résolu par l’évêque.
1432 et 1466
Incendies par les Anglais
Incendies par les Anglais
1432 et 1466 (≈ 1466)
Destructions majeures pendant la guerre.
1564
Pillage calviniste
Pillage calviniste
1564 (≈ 1564)
Ruinée lors des guerres de Religion.
1905
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1905 (≈ 1905)
Découverte de tombes par l’abbé Métais.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sarcophage de Salisbury ; restes de la chapelle y attenant et son tombeau d'autel ; amorces des trois piles situées à l'Est du transept, dans les ruines de l'église abbatiale de Josaphat : classement par arrêté du 9 mai 1914 ; Cloître : inscription par arrêté du 19 octobre 1928
Personnages clés
| Geoffroy de Lèves - Évêque de Chartres et fondateur |
Initiateur de l’abbaye en 1117. |
| Jean de Salisbury - Évêque de Chartres (†1180) |
Sarcophage classé conservé in situ. |
| Renaud de Bar - Évêque de Chartres (†1217) |
Sépulture et statue au musée de Chartres. |
| Thomas de Meulan - Abbé (XIVe siècle) |
Dalle funéraire classée en 1915. |
| Charles Métais - Curé et archéologue |
Fouilles et publication en 1908. |
| Louis Hector de Sabran - Dernier abbé commendataire |
En poste jusqu’à la Révolution. |
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame de Josaphat, située à Lèves en Eure-et-Loir, fut fondée en 1117 par Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres, et son frère Goslein, seigneur de Lèves, sur leurs terres ancestrales. Selon une tradition locale, Geoffroy aurait été dispensé par le pape Pascal II de son vœu de pèlerinage à Jérusalem à condition de consacrer la somme prévue à la création d’un monastère. Le nom Josaphat évoquerait ainsi la vallée sainte de Terre Sainte. L'abbaye, confirmée en 1119 par le pape Calixte II et le roi Louis VI, devint un lieu de sépulture pour plusieurs évêques de Chartres, dont Geoffroy lui-même en 1149.
Au XIIe siècle, l'abbaye connut des conflits, comme celui opposant ses moines à Milon de Lèves en 1156 au sujet des moulins sur les bords de l’Eure, résolu par l’intervention de l’évêque Robert. Les fouilles de 1905, menées par l’abbé Charles Métais, révélèrent des tombes des XIIe et XIIIe siècles, dont celles de Jean de Salisbury (évêque de Chartres, †1180) et Lucia de Lèves, ainsi que des objets aujourd’hui conservés au musée lapidaire de l’abbaye Notre-Dame de Coulombs. Ces vestiges, classés Monuments Historiques en 1914-1915, témoignent de l’importance funéraire et religieuse du site.
L’abbaye subit des destructions majeures : incendiée par les Anglais en 1432 et 1466, pillée par les Calvinistes en 1564, puis partiellement restaurée au XVIIe siècle par la Congrégation de Saint-Maur. À la Révolution, elle fut en partie démolie (1792), et ses ruines intégrées à un établissement hospitalier au XIXe siècle. Parmi les vestiges subsistants figurent le sarcophage de Jean de Salisbury, des bases de colonnes du déambulatoire, et des éléments du cloître du XVe siècle, inscrits en 1928. Le site, traversé par la Via Turonensis (chemin de Compostelle), abritait aussi une source réputée pour ses vertus thérapeutiques.
L’abbaye possédait un vaste patrimoine foncier, incluant des prieurés (comme Saint-Epain à Ablis), des églises (Saint-Arnoult-des-Bois, Chalo-Saint-Mars), des terres dans le Perche, et des moulins. Ses abbés, réguliers puis commendataires à partir de 1472, comptèrent des figures comme Thomas de Meulan (abbé au XIVe siècle) ou Jean-Joseph de Fogasses (XVIIIe siècle). La liste des évêques inhumés à Josaphat — dont Renaud de Bar (†1217) — souligne son rôle central dans l’histoire religieuse de Chartres.
Aujourd’hui, les ruines de l’abbaye, situées dans l’enceinte de la Fondation d’Aligre et Marie-Thérèse, sont partiellement accessibles. Le musée lapidaire voisin expose les artefacts découverts lors des fouilles, tandis que le cloître reconstruit abrite ces collections. Malgré les destructions, le site reste un témoignage majeur de l’architecture monastique médiévale en Centre-Val de Loire.