Frise chronologique
1124
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1124 (≈ 1124)
Don de Thibaut II de Champagne.
1156
Don de la forêt de Jouy
Don de la forêt de Jouy
1156 (≈ 1156)
Par Henri Ier de Champagne.
1224
Achèvement de l'église
Achèvement de l'église
1224 (≈ 1224)
Style cistercien, 74 mètres de long.
1685
Réparations majeures
Réparations majeures
1685 (≈ 1685)
Par le frère François Romain.
1789
Fermeture à la Révolution
Fermeture à la Révolution
1789 (≈ 1789)
Vendue comme bien national.
1942
Classement monument historique
Classement monument historique
1942 (≈ 1942)
Restes du chevet protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes de l'église : classement par arrêté du 6 janvier 1942
Personnages clés
| Thibaut II de Champagne - Comte de Champagne |
Fondateur de l’abbaye en 1124. |
| Henri Ier de Champagne - Comte de Champagne |
Dona la forêt de Jouy en 1156. |
| Simon de Beaulieu - Archevêque de Bourges |
Tombeau en cuivre émaillé dans l’abbaye. |
| Pierre de Bellièvre - Abbé commendataire (XVIIe) |
Conseiller au Parlement de Paris. |
| François Romain - Moine dominicain et architecte |
Répara l’abbaye en 1685. |
| Louis II Phélypeaux de La Vrillière - Mécène |
Finança les réparations de 1685. |
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame de Jouy, aussi appelée abbaye de Jouy-en-Brie ou de Jouy-le-Châtel, est une ancienne abbaye cistercienne fondée en 1124 par Thibaut II, comte de Champagne. Ce dernier en fit don grâce à l’initiative de deux gentilshommes, Pierre de Castel et Milon de Naudé. L’abbaye connut une croissance rapide, permettant la fondation de quatre abbayes-filles : Bonlieu (1141), La Noë (1144), Pontaut (1151) et Sellières (1168). Elle devint un lieu influent, notamment grâce à la donation de la forêt de Jouy par Henri Ier de Champagne en 1156, un domaine s’étendant aujourd’hui sur 1 632 hectares.
L’église abbatiale, de style cistercien, mesurait 74 mètres de long et 20 de large, avec un chevet plat percé de fenêtres étroites, typique de l’ordre. Elle abritait des tombeaux remarquables, dont celui de Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges, représenté en gisant sur une tombe en cuivre émaillé. Malgré l’interdiction initiale des statues par saint Bernard, l’abbaye adopta une Vierge à l’Enfant assise au XIVe siècle. Entre 1297 et 1479, elle posséda même une dépendance parisienne, à l’origine du nom de la rue de Jouy dans le 4e arrondissement.
L’abbaye connut un déclin sous le régime de la commende, malgré des réparations menées en 1685 par le frère François Romain, un moine dominicain, avec le soutien financier de Louis II Phélypeaux de La Vrillière. Fermée à la Révolution, elle fut vendue comme bien national et transformée en exploitation agricole. Aujourd’hui, seuls subsistent le chevet de l’église, classé monument historique en 1942, et des bâtiments convertis à un usage agricole. La propriété appartint au XXe siècle à la famille Droulers, dont l’homme de lettres Charles Droulers.
Fille de l’abbaye de Pontigny, Notre-Dame de Jouy fut dirigée par des abbés influents, comme Pierre de Bellièvre, conseiller au Parlement de Metz puis président des requêtes à Paris au XVIIe siècle. Son histoire reflète à la fois la puissance des cisterciens en Île-de-France et les bouleversements liés à la Révolution, marquants pour le patrimoine religieux français.