Frise chronologique
1133
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1133 (≈ 1133)
Création par des moines de Bellevaux
1139
Fondation de la Grâce-Dieu
Fondation de la Grâce-Dieu
1139 (≈ 1139)
Abbaye fille établie près de Besançon
1477
Dévastation par Louis XI
Dévastation par Louis XI
1477 (≈ 1477)
Guerre contre le duc de Bourgogne
1638
Incendie pendant la guerre
Incendie pendant la guerre
1638 (≈ 1638)
Guerre de Dix Ans en Franche-Comté
1735–1775
Reconstruction au XVIIIe siècle
Reconstruction au XVIIIe siècle
1735–1775 (≈ 1755)
Église, quartier abbatial et communs rénovés
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Pillée et partiellement démolie
1995
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1995 (≈ 1995)
Protection des vestiges restants
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La glacière, en totalité (cad. A 461) : inscription par arrêté du 30 octobre 2002
Personnages clés
| Adélaïde de Traves - Fondatrice |
Initiatrice de l’abbaye en 1133 |
| Pierre de Vadans - Premier abbé (1134–1162) |
Dirige les débuts du monastère |
| Anséric - Archevêque de Besançon |
Soutien la fondation en 1133 |
| Jean de Watteville - Abbé et prince-évêque (1607–1649) |
Abbé pendant la guerre de Dix Ans |
| Louis XI - Roi de France |
Dévaste l’abbaye en 1477 |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame-de-la-Charité, fondée en 1133 en Franche-Comté par des moines de l’abbaye de Bellevaux, s’inscrit dans le mouvement cistercien. Installée sur les communes actuelles de Neuvelle-lès-la-Charité et Fretigney-et-Velloreille (Haute-Saône), elle bénéficie du soutien d’Adélaïde de Traves et de l’archevêque Anséric de Besançon. Son premier abbé, Pierre de Vadans (1134–1162), supervise son essor, marqué par des donations et la fondation de l’abbaye de la Grâce-Dieu en 1139. L’abbaye développe aussi une activité industrielle avec des forges et des mines de fer dès le XIIe siècle.
Au fil des siècles, l’abbaye subit les ravages des conflits régionaux : dévastée en 1477 par les troupes de Louis XI, pillée pendant les guerres de Religion (1569), puis ruinée en 1595 par les mercenaires d’Henri IV. La guerre de Dix Ans (1630–1640) aggrave ses dommages, avec un incendie en 1638. Malgré ces épreuves, elle se relève au XVIIIe siècle, reconstruisant son église (vers 1735), son quartier abbatial (vers 1750) et ses communs (vers 1775), grâce à une prospérité retrouvée.
La Révolution française marque un tournant : l’abbaye est pillée, vendue comme bien national en 1791, et partiellement démolie. La maison abbatiale est remplacée par un château au XIXe siècle, entouré d’un jardin classique. Au XXe siècle, le site devient une colonie de vacances avant d’être acquis par un particulier. Classée partiellement aux Monuments historiques (1995 pour l’abbaye, 2002 pour la glacière), elle conserve des vestiges comme un bassin, un moulin, un pigeonnier, et la glacière, témoin des techniques de conservation médiévales.
À proximité, la grange cistercienne de Fontaine-Robert (XVIIIe siècle), inscrite en 1998, illustre l’étendue des possessions de l’abbaye. Transformée en logements et écuries, elle rappelle l’importance économique et agricole du monastère. L’abbaye Notre-Dame de la Charité incarne ainsi près de sept siècles d’histoire religieuse, industrielle et architecturale en Franche-Comté.