Frise chronologique
1240
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1240 (≈ 1240)
Création par Pierre des Roches, évêque de Winchester.
22 juillet 1240
Arrivée des moines
Arrivée des moines
22 juillet 1240 (≈ 1240)
Installation de douze moines cisterciens.
1364
Pillage et incendie
Pillage et incendie
1364 (≈ 1364)
Attaque d'Amaury de Trôo pendant la Guerre de Cent Ans.
1383
Abandon temporaire
Abandon temporaire
1383 (≈ 1383)
Moines réfugés au château de la Motte.
1693
Transformation de l'aile ouest
Transformation de l'aile ouest
1693 (≈ 1693)
Réaménagement en pigeonnier.
1733
Construction du pavillon classique
Construction du pavillon classique
1733 (≈ 1733)
Logis du prieur (date erronée de 1714 gravée).
3 juin 1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
3 juin 1791 (≈ 1791)
Acquise par Jean-Baptiste Chicoyneau de Lavalette.
2006
Inscription de la chapelle
Inscription de la chapelle
2006 (≈ 2006)
Chapelle des étrangers protégée.
2011
Classement de l'enclos
Classement de l'enclos
2011 (≈ 2011)
Protection des parties bâties et non bâties.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne chapelle des étrangers, située sur la parcelle A 970, hors de l'enclos monastique ; le sol de la parcelle A 970 : inscription par arrêté du 16 juin 2006 - Toutes les parties bâties et non bâties de l'enclos abbatial (cad. A 954 à 957, 963, 965, 966, cf plan annexé à l'arrêté ) : classement par arrêté du 17 octobre 2011
Personnages clés
| Pierre des Roches - Évêque de Winchester |
Fondateur et mécène de l’abbaye en 1240. |
| Guillaume IV de Montaigu - Abbé de Cîteaux |
Responsable de la fondation matérielle. |
| Amaury de Trôo - Capitaine de Château-du-Loir |
Pille et incendie l’abbaye en 1364. |
| Jean-Baptiste Chicoyneau de Lavalette - Fermier général |
Premier acquéreur de l’abbaye en 1791. |
| Louis-François de Sarcé - Propriétaire post-révolutionnaire |
Héritier et destructeur partiel des bâtiments. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de la Clarté-Dieu, fondée en 1240 par les moines de Cîteaux, est une abbaye cistercienne située à Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire). Elle est créée grâce à un legs de 3 000 écus d’or de Pierre des Roches, évêque de Winchester, qui confie sa réalisation à l’abbé Guillaume IV de Montaigu. Douze moines, selon la tradition cistercienne, s’y installent le 22 juillet 1240. L’abbaye, conçue pour accueillir une centaine de religieux, souffre rapidement des ravages de la Guerre de Cent Ans : pillée et incendiée en 1364 par Amaury de Trôo, puis abandonnée en 1383 après une nouvelle attaque, forçant les moines à se réfugier dans un château voisin.
Au XVIIe et XVIIIe siècles, l’abbaye est partiellement reconstruite : l’aile ouest est retravaillée en 1693 (transformée en pigeonnier), et le logis du prieur est rebâti en 1733 (bien que la date de 1714, gravée sur le bâtiment, soit erronée). La vie monastique décline progressivement, avec seulement sept moines en 1704 et quatre à la veille de la Révolution. L’abbaye, vendue comme bien national en 1791, passe entre les mains de plusieurs propriétaires (dont Jean-Baptiste Chicoyneau de Lavalette et Louis-François de Sarcé), qui démantèlent une partie des bâtiments pour réutiliser les matériaux.
Au XXIe siècle, subsistent le bâtiment des convers, le réfectoire et le pavillon du prieur, utilisés comme exploitation agricole après la Révolution. L’abbaye bénéficie de protections au titre des monuments historiques : la chapelle des étrangers est inscrite en 2006, et l’enclos monastique est classé en 2011. Les vestiges témoignent de son architecture cistercienne d’origine (charpente de 1274 dans le dortoir des convers) et de ses transformations ultérieures, comme le grand pavillon classique du XVIIIe siècle, marqué par les armes de l’abbaye.
L’abbaye, fille directe de Cîteaux (sa 25e et dernière fondation), illustre l’évolution des établissements monastiques en Touraine, entre prospérité médiévale, déclin à l’époque moderne et destruction partielle à la Révolution. Son histoire reflète aussi les bouleversements politiques et sociaux, depuis les conflits du XIVe siècle jusqu’à sa conversion en domaine agricole et sa préservation contemporaine.