Abbaye Notre-Dame de la Vieuville à Epiniac en Ille-et-Vilaine

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye Notre-Dame de la Vieuville

  • D85
  • 35120 Epiniac
Abbaye Notre-Dame de la Vieuville
Abbaye Notre-Dame de la Vieuville
Crédit photo : GO69 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1137
Fondation de l'abbaye
1147
Rattachement à Cîteaux
XIIe siècle
Construction salle voûtée
XVIe siècle
Reconstruction des bâtiments
XVIIe siècle
Rénovation des bâtiments
Fin du XVIIIe siècle
Destruction du cloître
2002
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les vestiges de l'abbaye en totalité, comprenant l'aile occidentale et son prolongement de communs, l'aile centrale et l'aile orientale avec son pan de mur encore en élévation ; les sols des parcelles B 140, 143 correspondant aux emplacements de la cour de service, de l'ancien cloître et de l'église (cad. B 140, 143, 145) : inscription par arrêté du 14 janvier 2002

Personnages clés

Gelduin Fils du seigneur de Landal, fondateur de l'abbaye.
Geoffroy de la Chapelle Mentionné dans l'acte de fondation de l'abbaye.
Victor Louis Doutreleau Peintre ayant représenté l'abbaye dans plusieurs compositions.
Jean-Baptiste de la Bintinaye Dernier abbé, démis pendant la Révolution en 1790.
François Thomé Abbé commendataire de l'abbaye.
Sébastien-Joseph du Cambout de Ponchâteau Abbé commendataire de l'abbaye.
Raymond de Durfort Abbé commendataire de l'abbaye.

Origine et histoire de l'Abbaye Notre-Dame de la Vieuville

L'abbaye Notre-Dame de la Vieuville, située en Ille-et-Vilaine entre Épiniac et Baguer-Pican au lieu-dit la Vieux Ville d'Épiniac, est fille de l'abbaye de Savigny. Sa fondation est datée aux alentours de 1137 et est attribuée à Gelduin, fils du seigneur de Landal; l'acte de fondation mentionne également Geoffroy de la Chapelle et des donateurs de Meillac. Elle fut rattachée à l'ordre de Cîteaux en 1147 en même temps que sa maison mère. L'ensemble conventuel a subi des remaniements successifs : une salle voûtée du XIIe siècle à l'est, construite en deux campagnes, subsiste, tandis que les bâtiments conventuels furent reconstruits au XVIe siècle puis rhabillés et remaniés vers le milieu du XVIIe siècle. De l'abbaye médiévale restent une salle voûtée aux piliers solides du XIIe siècle — ancien cellier des moines — et des vestiges des bâtiments conventuels du XVIIe siècle. Le bâtiment central comprend encore une cuisine, un réfectoire et un chauffoir partiellement en ruines, avec une façade reprise au XVIIe siècle ; l'aile orientale en retour vers le nord est en ruines et l'aile occidentale sert en partie d'habitation, avec des décors intérieurs des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Le plafond d'origine de la salle voûtée a disparu et cette salle est protégée aujourd'hui par une dalle en béton. Le cloître, qui s'étendait au sud, et l'église abbatiale qui le fermait ont été détruits à la fin du XVIIIe siècle après la Révolution ; les tombeaux et les gisants, notamment des seigneurs de Combourg et de Landal, ont également disparu ou ont été brisés. Les communs reconstruits au XVIe siècle présentent, dans l'aile nord, des cheminées anciennes ; du logis ouest du XVIIe siècle ne subsiste que la moitié nord. L'abbaye a détenu divers fiefs et terres, notamment le fief de la Cour-Bague, dont une donation à des tenanciers est mentionnée en 1252 et une confirmation de renonciation par Havoise en 1294. Des dons à l'abbaye sont aussi documentés : en 1147 Manasser et Guillaume de Meillac, avec leur sœur Dameta, offrirent la chapelle et le fief de Nazareth avec 80 arpents et des droits d'usage dans leurs bois, et une donation fut confirmée en 1170 par Jean, évêque de Dol. Des conflits entre les moines et des particuliers ont été portés devant des autorités ecclésiastiques ; le pape Alexandre III désigna Guillaume, abbé du Tronchet, pour statuer aux côtés de l'évêque de Saint-Malo Pierre Giraud dans un différend impliquant des paroissiens de Baguer. La succession des abbés est bien documentée : quarante-cinq abbés se succédèrent de 1137 jusqu'à Jean-Baptiste de la Bintinaye, démis pendant la Révolution en 1790, et la liste comprend des abbés réguliers et des abbés commendataires tels que François Thomé, Sébastien-Joseph du Cambout de Ponchâteau ou Raymond de Durfort. L'abbaye a été représentée par le peintre Valentin Louis Doutreleau dans plusieurs compositions. L'ensemble fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 14 janvier 2002. Les armoiries attribuées à l'abbaye se blasonnent ainsi : d'argent écartelé d'un filet de sable, à une tour de gueules en chaque quartier.

Liens externes