Fondation de l'abbaye IXe siècle (≈ 950)
Fondation probable de l'abbaye par Charles le Chauve.
1075-1103
Translation des reliques
Translation des reliques 1075-1103 (≈ 1089)
Translation des reliques de saint Annobert, renforçant le rayonnement religieux.
Milieu du XIe siècle
Construction de l'église romane
Construction de l'église romane Milieu du XIe siècle (≈ 1150)
Début de la construction de l'abbatiale romane.
Fin du XIe siècle
Première campagne de construction
Première campagne de construction Fin du XIe siècle (≈ 1195)
Édification du chevet primitif et des étages inférieurs des tours.
XIIe siècle
Renforcement du chevet
Renforcement du chevet XIIe siècle (≈ 1250)
Ajout d'un pseudo-déambulatoire et introduction de la voûte d'ogives.
XIVe siècle
Revoûtement de l'abside
Revoûtement de l'abside XIVe siècle (≈ 1450)
La conque de l'abside est revoûtée.
1614
Ajout de charpentes
Ajout de charpentes 1614 (≈ 1614)
Construction de charpentes pour les bras du transept.
1652
Voûte d'ogives de la nef
Voûte d'ogives de la nef 1652 (≈ 1652)
La nef reçoit une voûte d'ogives.
1745
Suppression de l'abbaye
Suppression de l'abbaye 1745 (≈ 1745)
L'abbaye est supprimée et devient église paroissiale.
1840
Classement historique
Classement historique 1840 (≈ 1840)
L'abbatiale est classée parmi les monuments historiques.
1878-1903
Restauration majeure
Restauration majeure 1878-1903 (≈ 1891)
Campagnes de restauration menées par Paul Selmersheim.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise abbatiale : classement par liste de 1840 ; Ancienne croix de cimetière actuellement scellée dans le mur de soutènement à gauche de l'église : inscription par arrêté du 12 avril 1927 ; Façades et toitures du bâtiment des nonnes et sol de l'ancienne abbaye (cad. AC 58 à 62, 163, 164) : inscription par arrêté du 28 décembre 1984
Personnages clés
Charles le Chauve
Empereur carolingien, fondateur probable de l'abbaye.
Saint Annobert
Saint dont les reliques ont été translatées dans l'abbaye.
Paul Selmersheim
Architecte responsable des restaurations majeures aux XIXe et XXe siècles.
Origine et histoire de l'Abbaye Notre-Dame
L'abbaye Notre‑Dame de Morienval est une ancienne abbaye bénédictine de femmes, probablement fondée au IXe siècle par Charles le Chauve dans un vallon proche de Crépy‑en‑Valois, sur la commune actuelle de Morienval. Son imposante église romane, bâtie à partir du milieu du XIe siècle, fait la réputation du site et figure parmi les plus anciennes de la région où la tradition carolingienne est encore perceptible. Entre 1075 et 1103, la translation des reliques de saint Annobert marque l'histoire religieuse du lieu et contribue à son rayonnement. La construction de l'abbatiale s'est déroulée en plusieurs campagnes : la première (fin XIe siècle) a élevé le chevet primitif en hémicycle ainsi que la base et les étages inférieurs des tours du chœur et de la tour‑porche occidentale ; la seconde a élevé les étages supérieurs des tours du chœur et bâti la nef avec ses bas‑côtés, remplaçant la nef préromane ; la troisième, amorcée au tournant du XIIe siècle, a renforcé le chevet par un pseudo‑déambulatoire et introduit la voûte d'ogives dans la travée droite du chœur. Au cours du Moyen Âge et des époques suivantes, des chapelles ont été ajoutées et des voûtements modifiés : la conque de l'abside a été revoûtée au XIVe siècle, des charpentes datées de 1614 couvrent les bras du transept et la nef a reçu une voûte d'ogives en 1652. L'abbaye a été supprimée en 1745 ; une grande partie du mobilier a été transférée en 1748 à l'abbaye de Royallieu et l'église abbatiale est devenue église paroissiale. Les bâtiments conventuels survivants appartiennent aujourd'hui à des propriétaires privés et ne se visitent pas.
Sur le plan architectural, Morienval conserve des éléments typiques de la tradition carolingienne — tour de façade, transept bas, tours jumelles de chevet et chevet en degrés — tout en offrant des innovations notables. Les deux tours du chœur du XIe siècle, à trois étages de baies, sont peu communes dans l'Oise ; le pseudo‑déambulatoire, conçu pour consolider le chevet faute de place pour des chapelles rayonnantes, est singulier par sa conception et par l'un des premiers emplois de l'arc brisé dans le département. Si les voûtes du pseudo‑déambulatoire ne sont pas, au sens strict, des voûtes d'ogives pleinement gothiques, la travée droite du chœur conserve la plus ancienne voûte d'ogives du département, caractérisée par des nervures de profil torique. La sculpture des chapiteaux, notamment dans le bas‑côté nord de la nef, est remarquée pour son caractère archaïque et soigné : motifs géométriques et végétaux témoignent d'influences celtiques et évoquent des formes décoratives mérovingiennes.
La valeur archéologique et artistique de l'abbatiale a été reconnue dès le XIXe siècle : l'édifice figure sur la première liste des monuments historiques de 1840 et a fait l'objet de restaurations importantes aux XIXe et début XXe siècles, menées notamment par Paul Selmersheim entre 1878–1880 et 1900–1903. Ces campagnes ont permis la remise en état du bas‑côté nord, la reconstitution des parties hautes de l'abside et la restitution de travées endommagées, mais certains remaniements n'ont pas rendu tous les éléments romanes authentiques. Des fouilles et sondages archéologiques ont été menés à plusieurs reprises, notamment au XIXe et au début du XXe siècle, apportant des informations sur les états anciens de l'église. Aujourd'hui l'ancienne abbatiale demeure un monument majeur du Valois : église paroissiale toujours en usage, elle attire l'attention pour son plan, pour la qualité de ses sculptures et pour la singularité de ses voûtements.