Fondation présumée par Charles le Chauve IXe siècle (vers 850-877) (≈ 864)
Création de l’abbaye bénédictine mixte.
920
Première mention écrite
Première mention écrite 920 (≈ 920)
Charte de Charles le Simple confirmant une donation.
Milieu du XIe siècle (vers 1050-1080)
Construction de l’église romane
Construction de l’église romane Milieu du XIe siècle (vers 1050-1080) (≈ 1065)
Tour de façade, transept, et chevet primitif.
1110-1125
Construction du pseudo-déambulatoire
Construction du pseudo-déambulatoire 1110-1125 (≈ 1118)
Solution unique pour stabiliser le chevet.
1161-1204
Abbatiat d’Agnès de Viry
Abbatiat d’Agnès de Viry 1161-1204 (≈ 1183)
Apogée avec les reliques de saint Annobert.
1745
Fermeture de l’abbaye
Fermeture de l’abbaye 1745 (≈ 1745)
Décrétée par Louis XV après des conflits.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique 1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments français.
1878-1903
Restauration par Paul Selmersheim
Restauration par Paul Selmersheim 1878-1903 (≈ 1891)
Reconstitution partielle des éléments romans.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise abbatiale : classement par liste de 1840 ; Ancienne croix de cimetière actuellement scellée dans le mur de soutènement à gauche de l'église : inscription par arrêté du 12 avril 1927 ; Façades et toitures du bâtiment des nonnes et sol de l'ancienne abbaye (cad. AC 58 à 62, 163, 164) : inscription par arrêté du 28 décembre 1984
Personnages clés
Charles le Chauve - Roi des Francs (840-877)
Fondateur présumé de l’abbaye au IXe siècle.
Agnès de Viry - Abbesse (1161-1204)
Dirige l’abbaye à son apogée médiéval.
Florent de Hangest - Chevalier croisé (mort en 1191)
Bienfaiteur enterré dans l’abbatiale.
Jeanne de la Motte d’Arson - Première abbesse commendataire (1516-1535)
Modernise l’église sous François Ier.
Anne Foucault de Saint-Germain-Beaupré - Abbesse (1596-1635)
Rénove bâtiments et ajoute le portail Renaissance.
Paul Selmersheim - Architecte-restaurateur (XIXe siècle)
Dirige les campagnes de restauration (1878-1903).
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de Morienval, fondée probablement au IXe siècle par Charles le Chauve, est une ancienne abbaye bénédictine féminine située dans l’actuelle commune de Morienval (Oise, Hauts-de-France). Bien que la tradition locale attribue sa fondation au roi Dagobert Ier, aucun document ne le confirme. La première mention écrite date de 920, avec une charte de Charles le Simple confirmant une donation de Charles le Chauve. L’abbaye, initialement mixte, devient exclusivement féminine après le XIe siècle. Son église, construite à partir du milieu du XIe siècle, est un chef-d’œuvre de l’art roman, mêlant des éléments carolingiens (tour de façade, transept-bas, chevet en échelons) et des innovations comme l’arc brisé et des voûtes d’ogives précoces.
L’église abbatiale, classée monument historique dès 1840, est célèbre pour son pseudo-déambulatoire (vers 1110-1125), une solution architecturale unique pour renforcer un chevet instable, ainsi que pour ses chapiteaux romans aux motifs celtes et mérovingiens. Au XIIe siècle, l’abbaye prospère grâce aux reliques de saint Annobert, attirant pèlerins et donations. Cependant, son déclin s’amorce aux XIVe-XVe siècles, période mal documentée. Au XVIIIe siècle, des conflits entre les moniales et le curé local, ainsi qu’une émeute en 1742, mènent à sa fermeture en 1745 par Louis XV. L’église devient alors paroissiale, tandis que les bâtiments conventuels sont en partie démolis ou transformés en exploitation agricole.
La restauration de l’église, menée en deux phases (1878-1880 et 1900-1903) par l’architecte Paul Selmersheim, redonne à l’édifice son aspect roman originel, malgré quelques reconstitutions controversées (comme les voûtes du bas-côté nord). Aujourd’hui, l’abbatiale se distingue par ses tours jumelles du chœur (XIe siècle), son clocher-porche et ses chapiteaux sculptés, témoignages d’un art roman encore marqué par les traditions préromanes. Le site conserve aussi des traces des bâtiments conventuels, comme la porterie du XVIe siècle et le pavillon de l’abbesse.
L’abbaye joue un rôle central dans la vie locale jusqu’à sa suppression. Au Moyen Âge, elle gère des terres, des moulins et des dîmes, et fonde des œuvres caritatives (maladrerie, école). Son déclin au XVIIIe siècle s’explique par des tensions internes et la perte de discipline religieuse. Après 1745, ses biens sont transférés à l’abbaye de Royallieu, appauvrissant le village de Morienval. L’église, aujourd’hui affiliée à la paroisse Saint-Pierre de la vallée de l’Automne, reste un lieu de culte actif et un joyau du patrimoine roman des Hauts-de-France.
Parmi les éléments remarquables du mobilier, on compte le gisant de Florent de Hangest (mort en 1191), un chevalier croisé enterré dans l’abbatiale, ainsi que des stalles du XVIe siècle et un aigle-lutrin du XVIIIe siècle. Les statues, souvent issues de l’art populaire local, proviendraient de l’ancienne église paroissiale Saint-Denis, démolie en 1750. L’abbaye est aussi liée à des figures comme Jeanne de la Motte d’Arson (première abbesse commendataire en 1516) ou Anne Foucault de Saint-Germain-Beaupré, qui modernise les bâtiments au XVIe siècle.
Les fouilles archéologiques (1855, 1900) ont révélé des vestiges de la nef carolingienne (IXe-Xe siècle) et confirmé l’évolution complexe de l’édifice, marqué par des effondrements (comme celui de l’abside primitive) et des remaniements gothiques. Le site, enclavé dans un vallon boisé, offre un cadre pittoresque, renforçant l’attrait de ce monument emblématique du Valois.
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