Frise chronologique
1623
Fondation initiale
Fondation initiale
1623 (≈ 1623)
Création du couvent à Cherbourg par Jean IV de Tourlaville.
1626
Installation à Valognes
Installation à Valognes
1626 (≈ 1626)
Arrivée des moniales le 15 décembre.
1631
Début de la construction
Début de la construction
1631 (≈ 1631)
Terrain donné, travaux lancés.
1635
Première pierre de l’église
Première pierre de l’église
1635 (≈ 1635)
Pose solennelle le 23 mai.
1792
Expulsion des religieuses
Expulsion des religieuses
1792 (≈ 1792)
Chassées lors de la déchristianisation.
1803
Conversion en hospice
Conversion en hospice
1803 (≈ 1803)
Bâtiments transformés en établissement hospitalier.
1937
Protection patrimoniale
Protection patrimoniale
1937 (≈ 1937)
Inscription des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 7 mai 1937
Personnages clés
| Jean IV de Tourlaville (Jean IV de Ravalet) - Fondateur |
Créa le couvent en 1623 pour les bénédictines. |
| Charlotte de La Vigne - Première abbesse |
Sœur de l’épouse du fondateur, dirigea l’abbaye. |
| Madame Castel de Saint-Pierre - Abbesse (1711-1741) |
Armes gravées dans la seconde cour. |
| Famille Néel - Bienfaitrice |
Armes sculptées, anoblie en 1574. |
| Henri Déchanet - Maître-verrier |
Auteur des vitraux (cartons de Léon Zack). |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame-de-Protection fut fondée en 1623 à Cherbourg par Jean IV de Tourlaville (Jean IV de Ravalet) pour des moniales bénédictines. Fuyant la peste, elles s’installèrent d’abord à Tourlaville, puis à Émondeville, avant de s’établir définitivement à Valognes en 1626. Logées provisoirement au manoir de l’Évêque, elles construisirent leur couvent à partir de 1631 sur un terrain donné, avec la pose de la première pierre de l’église en 1635. Charlotte de La Vigne, sœur de l’épouse du fondateur, en devint la première abbesse. L’abbaye, érigée en abbaye royale, mêle styles classique Louis XIII et gothique, avec un cloître carré et un chœur surélevé accessible par un escalier à double révolution.
Lors de la Révolution, les religieuses furent chassées le 21 septembre 1792 lors de la déchristianisation. Les bâtiments, confisqués, devinrent un hospice en 1803. Les moniales se regroupèrent brièvement à l’hôtel de la Grimonnière (1795), puis s’installèrent en 1810 dans l’ancien couvent des Capucins. L’église, construite entre 1635 et 1648, conserve un retable du XVIIe siècle et des vitraux modernes signés Henri Déchanet (d’après des cartons de Léon Zack).
L’abbaye porte les traces de ses bienfaitrices, comme madame Castel de Saint-Pierre (abbesse de 1711 à 1741), dont les armes figurent sur une plaque calcaire de la seconde cour. Une autre pierre sculptée y représente les armes des Néel, famille anoblie de Montebourg, bienfaitrice de l’abbaye. Les façades et toitures, caractéristiques de l’architecture monastique du XVIIe siècle, sont protégées depuis 1937 au titre des monuments historiques.
Aujourd’hui intégrée à l’hôpital de Valognes, l’abbaye témoigne de l’histoire religieuse et sociale du Cotentin. Son clocher à flèche, ses chapelles latérales et son escalier monumental en font un exemple remarquable du patrimoine normand, alliant fonctions spirituelle, caritative et hospitalière à travers les siècles.