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Abbaye Notre-Dame de Soyons à Valence dans la Drôme

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye Notre-Dame de Soyons

  • Rue Saint-Martin 
  • 26000 Valence
Abbaye Notre-Dame de Soyons
Abbaye Notre-Dame de Soyons
Abbaye Notre-Dame de Soyons
Abbaye Notre-Dame de Soyons
Abbaye Notre-Dame de Soyons
Abbaye Notre-Dame de Soyons
Crédit photo : Morburre - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
26000 Valence, Rue Saint-Martin 

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1600
1700
1800
1900
2000
1179
Premier document attesté
1629
Reconquête catholique
1632
Fondation à Valence
1633-1661
Abbatiat de Louise de Sassenage
1793
Conversion en arsenal
1965
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte de l'arsenal : inscription par arrêté du 8 juin 1926 ; Chapelle Notre-Dame-de-Soyons (cad. A 1264) : inscription par arrêté du 12 juillet 1965

Personnages clés

Antoinette de Sassenage - Abbesse (1628-1633) Initiatrice du transfert à Valence
Louise de Sassenage - Abbesse (1633-1661) Commanditaire de la chapelle
Marie-Marguerite de Sassenage - Abbesse (1661-1703) Membre influent de la famille
Anne Gabrielle de Sassenage - Dernière abbesse (à partir de 1770) Dirigeante avant la Révolution
Saint Venance (ou Venant) - Évêque de Viviers Figure centrale du culte initial

Origine et histoire de l'Abbaye Notre-Dame de Soyons

L’abbaye Notre-Dame de Soyons trouve ses origines dans un monastère bénédictin féminin fondé à Soyons (Ardèche), l’un des plus anciens de la région. Selon la tradition, des religieuses de Viviers, fuyant les invasions sarrasines, s’y établirent autour du tombeau de saint Venance, évêque. Un document de 1179 atteste son existence, mais son implantation remonte à une époque bien antérieure, avec des vestiges carolingiens découverts sur place. Le monastère, prospère, devint un lieu de pèlerinage jusqu’aux guerres de Religion, où Soyons, aux mains des protestants, subit pillages et incendies. Les religieuses, dispersées, voient leur abbaye détruite à deux reprises avant la reconquête catholique de 1629.

En 1632, l’abbesse Antoinette de Sassenage, en fonction depuis 1628, décide de transférer la communauté à Valence après l’aggrégation temporaire à l’abbaye de Chezal-Benoît. Elle acquiert des terres en ville basse, près du Rhône, pour y construire une nouvelle abbaye. Les travaux, rapides, s’achèvent la même année. Le site accueille alors une église en croix grecque, une chapelle (ajoutée sous Louise de Sassenage, sœur d’Antoinette), et des bâtiments conventuels. La famille de Sassenage domine la direction de l’abbaye jusqu’à sa fermeture, avec sept abbesses successives entre 1624 et 1770.

La Révolution française précipite le déclin du monastère. Menacé de démolition, il est sauvé par sa conversion en arsenal en 1793, grâce à l’intervention des Valentinois. La chapelle devient un atelier, tandis que les autres espaces abritent réserves et logements pour les employés. Le retable de saint Venance et ses reliques, déjà transférés à la chapelle des Capucins pour éviter l’afflux de pèlerins, y restent conservés. Après la disparition des bâtiments conventuels, seule l’église subsiste, isolée dans un parc près du Rhône. Elle est classée monument historique en 1965, après une première protection de sa porte en 1926.

L’architecture de l’abbaye reflète la sobriété bénédictine et les contraintes historiques. La façade classique du XVIIe siècle, en molasse locale, présente un style symétrique inspiré de l’Antiquité, restaurée en 2010 après des dégradations structurelles. L’intérieur, transformé en hangar à bateaux après la Révolution, conserve des clés de voûte armoriées aux blasons des abbesses de Sassenage. Le chevet plat, dépourvu d’ouvertures, et les murs extérieurs nus soulignent l’austérité du lieu. Aujourd’hui, l’ancienne abbaye dépend du service des sports de Valence, intégrée au complexe de la piscine Jean-Bouin.

Les reliques de saint Venance, objet de dévotion médiévale, illustrent les bouleversements subis par le site. Pillées pendant les guerres de Religion, puis déplacées pour préserver la quiétude des religieuses, elles finissent à l’église Saint-Jean-Baptiste. Le retable, transféré chez les Capucins, reste le seul témoignage artistique majeur de l’abbaye d’origine. La mémoire du sanctuaire carolingien, quant à elle, ne persiste qu’à travers les fouilles archéologiques menées à Soyons, berceau initial de la communauté.

Liens externes

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