Frise chronologique
1201 ou 1202
Promotion en abbaye
Promotion en abbaye
1201 ou 1202 (≈ 1202)
Statut abbatial officiel accordé
1220
Transfert dans le village
Transfert dans le village
1220 (≈ 1220)
Déplacement depuis l’île de Sénard
fin XIIe siècle
Fondation initiale
Fondation initiale
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Création du monastère à Willencourt
1662
Installation à Abbeville
Installation à Abbeville
1662 (≈ 1662)
Fuite face aux invasions espagnoles
1747
Fusion avec Épagne
Fusion avec Épagne
1747 (≈ 1747)
Réunion des deux abbayes
1773
Explosion destructrice
Explosion destructrice
1773 (≈ 1773)
Reconstruction des bâtiments
24 décembre 1998
Classement MH
Classement MH
24 décembre 1998 (≈ 1998)
Protection des vestiges restants
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : classement par arrêté du 19 novembre 1910
Personnages clés
| Anne Marguerite Feydeau - Abbesse (1726–1800) |
Dirigea l’abbaye pendant l’affaire La Barre |
| Chevalier de La Barre - Neveu de l’abbesse |
Accueilli avant son procès controversé |
| Louis Lefèvre d'Ormesson - Président au Parlement |
Intervint en faveur du Chevalier |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de Willencourt fut fondée à la fin du XIIe siècle par des moniales cisterciennes, initialement installée sur l’île de Sénard à Willencourt (Pas-de-Calais). Promue au rang d’abbaye en 1201 ou 1202, elle fut transférée dans le village en 1220, son église devenant ultérieurement paroissiale. Les invasions espagnoles contraignirent les religieuses à déménager l’abbaye à Abbeville en 1662, sur la chaussée Marcadé, tout en conservant son nom d’origine.
En 1747, l’abbaye fusionna avec celle d’Épagne-Épagnette (Somme), sous la direction de l’abbesse Anne Marguerite Feydeau. Cette dernière accueillit son neveu, le Chevalier de La Barre, dont l’affaire judiciaire marqua l’histoire. En 1773, une explosion détruisit les bâtiments, nécessitant leur reconstruction. Les vestiges actuels, un bâtiment conventuel et l’hôtel de l’abbesse des XVIIe–XVIIIe siècles, furent inscrits aux monuments historiques en 1998.
L’abbaye illustre les bouleversements politiques et religieux de la Picardie, entre guerres, réformes monastiques et tensions avec le pouvoir royal. Son transfert à Abbeville reflète les stratégies de protection des communautés religieuses face aux conflits frontaliers. Les reconstructions du XVIIIe siècle témoignent de sa résilience, malgré les destructions subies. Aujourd’hui, ces vestiges rappellent son rôle spirituel et social dans la région.
Les bâtiments conservés, situés au 86 chaussée Marcadé à Abbeville, comprennent l’ancien palais abbatial et des dépendances conventuelles. Leur architecture mêle classicisme et sobriété cistercienne, caractéristique des reconstructions post-catastrophe. Bien que propriété privée, leur inscription patrimoniale souligne leur valeur historique et architecturale pour les Hauts-de-France.