Frise chronologique
1137
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1137 (≈ 1137)
Érigée en abbaye par l'évêque de Poitiers.
XVe siècle
Reconstruction sous Louis XI
Reconstruction sous Louis XI
XVe siècle (≈ 1550)
Abbatiale reconstruite, puis détruite en 1568.
XVIIe siècle
Reconstruction par François Le Duc
Reconstruction par François Le Duc
XVIIe siècle (≈ 1750)
Style Louis XIV, édifice actuel.
1789
Rvolution et vente comme bien national
Rvolution et vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Expulsion des religieux, prison pendant Vendée.
1801
Rétablissement du culte
Rétablissement du culte
1801 (≈ 1801)
Abbatiale devient église paroissiale.
1977
Classement monument historique
Classement monument historique
1977 (≈ 1977)
Début des restaurations majeures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise abbatiale (actuellement église paroissiale) ; bâtiments conventuels, y compris le portail avec les deux pavillons d'entrée ; terrasse avec son escalier ; sol du jardin (cad. AE 60 à 62, 69) : classement par arrêté du 9 novembre 1977 - Le logis Saint-Gobert et les vestiges du cloître médiéval (cad. AE 110) , ainsi que le sol des parcelles AE 110, 111, 64 : classement par arrêté du 31 juillet 2000
Personnages clés
| Louis XI - Roi de France |
Ordonna la reconstruction au XVe siècle. |
| François Le Duc (dit Toscane) - Architecte |
Reconstruit l’abbaye au XVIIe siècle. |
| Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord - Évêque (nominal en 1789) |
Possession symbolique avant la Révolution. |
Origine et histoire
L’abbaye royale de Celles-sur-Belle trouve ses origines en 1137, lorsque le prieuré de Notre-Dame-de-Celles fut érigé en abbaye par l’évêque de Poitiers. Située sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle devint une étape majeure pour les pèlerins. L’abbatiale, initialement romane, fut reconstruite au XVe siècle sous les ordres de Louis XI, avant d’être détruite en 1568 par les Huguenots lors des guerres de Religion. Ces conflits marquèrent la fin de la première abbaye, fondée à la fin du XIe siècle et entièrement rasée.
Au XVIIe siècle, l’architecte François Le Duc, dit Toscane, entreprit la reconstruction de l’abbaye dans un style Louis XIV. Le monument, dominé par un clocher-porche et un portail roman à voussures polylobées, reflète cette double influence architecturale. La Révolution française, en 1789, bouleversa son destin : vente comme bien national, expulsion des religieux, et transformation en prison pendant les guerres de Vendée. L’abbatiale devint église paroissiale après le Concordat de 1801, tandis que le logis conventuel, privé de sa toiture d’origine, fut partiellement préservé.
Le pèlerinage, tombé en désuétude, fut rétabli en 1899, et les Montfortains tentèrent de redonner vie à l’abbaye de 1921 à 1970. Depuis 1971, la commune en est propriétaire. Classée monument historique en 1977, l’abbatiale et ses vestiges (cloître médiéval, logis Saint-Gobert) furent restaurés. Aujourd’hui, le site abrite un musée reconstituant la chambre de l’abbé et une cellule monastique, tout en accueillant des activités culturelles (expositions, festivals).
L’architecture de l’abbaye mêle des éléments romans (chapiteaux sculptés, crypte de Saint-Hilaire) et classiques (jardins à la française, réfectoire du XVIIe siècle). La façade, marquée par un escalier monumental décentré, révèle une nef lumineuse grâce à la hauteur de ses voûtes. Les vestiges des bâtiments claustraux, fréquentés par Louis XI, témoignent de sa grandeur passée, avant les destructions du XVIe siècle. La salle du Pilier et la crypte offrent un aperçu des premières constructions médiévales.
Les jardins à la française, en contrebas de l’église, soulignent la domination de l’édifice sur la vallée de la Belle. Le musée, installé dans les bâtiments conventuels, met en valeur l’histoire mouvementée du lieu, des pèlerinages médiévaux aux transformations révolutionnaires. L’abbaye, symbole du patrimoine religieux et architectural des Deux-Sèvres, reste un lieu de mémoire et de culture, attirant visiteurs et chercheurs.