Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Abbaye Saint-Amand de Rouen en Seine-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Seine-Maritime

Abbaye Saint-Amand de Rouen

    77 Rue Bouquet
    76000 Rouen
Propriété de la commune ; propriété du département
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Abbaye Saint-Amand de Rouen
Crédit photo : Giogo - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIe siècle (époque de Clovis II)
Fondation légendaire
1030
Restauration par Gosselin d'Arques
1068
Consécration de l’église abbatiale
1100
Création de la paroisse Saint-Amand
1562
Pillage par les calvinistes
1569
Effondrement du clocher
1790
Suppression de l’abbaye
1792-1797
Utilisation comme magasin central
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tourelle, actuellement démontée, du logis de l'abbesse et décoration de la chambre de l'abbesse, incorporés dans l'immeuble 75, 77 rue du Bouquet (anciennement 49) : inscription par arrêté du 14 mars 1929 ; Partie subsistante de la façade en bois, façade actuellement démontée et mise en dépôt dans la salle d'Albane de la cathédrale : classement par arrêté du 25 mai 1976

Personnages clés

Gosselin d'Arques - Vicomte de Rouen et d'Arques Restaura l’abbaye en 1030
Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie et roi d’Angleterre Bienfaiteur de l’abbaye avec Mathilde
Jean d’Ivry - Évêque d’Avranches puis archevêque de Rouen Consacra l’église en 1068
Anne de Souvré - Abbesse (XVIIe siècle) Reconstruisit l’abbaye après 1569
Guillemette d’Assy - Abbesse (XVIe siècle) Fit construire un colombier vers 1520
Marguerite de Lévis - Dernière abbesse avant la Révolution Dirigea l’abbaye de 1746 à 1772

Origine et histoire

L’abbaye Saint-Amand de Rouen est une ancienne abbaye bénédictine féminine, dont la fondation remonterait à l’époque mérovingienne, sous Clovis II. Selon la tradition, elle fut établie sur les ruines d’un temple dédié à Vénus. Détruite lors des invasions normandes, elle fut rétablie en 1030 par Gosselin d'Arques et son épouse Emmeline, grâce à une concession du duc Robert le Magnifique. L’abbaye bénéficia du soutien de figures majeures comme Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre, qui contribuèrent à son rayonnement.

L’église abbatiale, dédiée à Notre-Dame et saint Amand, fut consacrée en 1068 par Jean d’Ivry, futur archevêque de Rouen. En 1100, la création de la paroisse Saint-Amand entraîna un partage de l’église entre l’abbaye (chœur) et la paroisse (nef). L’abbaye jouissait de privilèges uniques, comme celui de remettre l’anneau pastoral aux nouveaux archevêques de Rouen, symbolisant leur alliance spirituelle. Elle était aussi réputée pour ses guérisons miraculeuses des possédés.

Au XVIe siècle, l’abbaye subit plusieurs vicissitudes : pillée par les calvinistes en 1562, son clocher s’effondra en 1569. L’abbesse Anne de Souvré entreprit sa reconstruction, suivie par l’érection d’un nouveau clocher et d’une flèche vers 1620. Les bâtiments conventuels, réparés en 1640 puis reconstruits en 1700 par Nicolas Bourgeois, furent partiellement détruits après la Révolution. Supprimée en 1790, l’abbaye servit de magasin avant d’être vendue en 1797. Aujourd’hui, seuls quelques éléments subsistent, comme une tourelle et des boiseries conservées au musée de la Céramique de Rouen.

Parmi les abbesses marquantes, Guillemette d’Assy (XVIe siècle) fit construire un colombier, tandis qu’Anne de Souvré (XVIIe siècle) releva l’abbaye après les guerres de Religion. Les dernières abbesses, comme Marguerite de Lévis ou Marthe de la Baume de Suze, dirigèrent le monastère jusqu’à sa dissolution. L’abbaye était aussi un lieu de sépulture temporaire pour les archevêques de Rouen avant leur inhumation en la cathédrale.

L’abbaye Saint-Amand illustre l’importance des monastères féminins dans la Normandie médiévale et moderne, mêlant pouvoir spirituel, influence politique et patrimoine architectural. Ses vestiges, bien que fragmentaires, témoignent de son rôle central dans l’histoire religieuse et sociale de Rouen.

Liens externes