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Abbaye Saint-Andoche d'Autun en Saône-et-Loire

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Saône-et-Loire

Abbaye Saint-Andoche d'Autun

    7 Rue Saint-Germain
    71400 Autun
Propriété d'une association cultuelle
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Abbaye Saint-Andoche dAutun
Crédit photo : Chabe01 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
592
Fondation par Brunehilde
602
Privilèges pontificaux
1449
Conflit avec l’évêque
1678
Crise disciplinaire
1868-1872
Reconstruction chapelle
1993
Inscription crypte
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Crypte (cad. AX 82) : inscription par arrêté du 23 février 1993

Personnages clés

Brunehilde - Reine fondatrice Créa l’abbaye en 592 avec l’évêque Syagre.
Grégoire le Grand - Pape Confirma les privilèges en 602.
Marie de Vienne - Abbesse (1449) Contesta l’autorité de l’évêque d’Autun.
Gabriel de Roquette - Évêque d’Autun (XVIIe) Affronta l’abbesse en 1678 pour réformes.
Louise de Clugny - Abbesse (XVe) Impliquée dans un litige successoral.
Jean Roidot-Houdaille - Architecte (XIXe) Reconstruisit la chapelle Saint-Sacrement.

Origine et histoire

L’abbaye Sainte-Marie et Saint-Andoche d’Autun fut fondée en 592 par la reine Brunehilde, sur l’emplacement présumé d’un ancien temple romain dédié à Diane ou Minerve. Dès sa création, elle fut placée sous la juridiction de l’évêque d’Autun et bénéficia de privilèges pontificaux confirmés par le pape Grégoire le Grand en 602. Ce monastère, conçu comme un xenodochium (hospice pour voyageurs pauvres), était situé près d’une porte romaine du Ier siècle, intégrée plus tard à ses bâtiments.

Au fil des siècles, l’abbaye connut des conflits de juridiction, notamment en 1449 lorsque l’abbesse Marie de Vienne contesta l’autorité épiscopale, conduisant à des interventions du Parlement de Paris et du pape Nicolas V. Les tensions culminèrent en 1678, quand l’évêque Gabriel de Roquette tenta de réprimer des excès disciplinaires, provoquant une crise où l’abbesse se barricada avec des religieuses. Les bâtiments, reconstruits aux XVe, XVIIe et XIXe siècles, abritent aujourd’hui des bureaux, tandis que la crypte carolingienne, inscrite aux monuments historiques en 1993, reste un vestige majeur.

L’architecture de l’abbaye reflète son évolution : une église primitive disparue au XVe siècle, une crypte aux voûtes d’arête supportées par des piliers carolingiens, et une chapelle Saint-Sacrement reconstruite au XIXe siècle. Le site conservait aussi des objets liturgiques, comme des burettes attribuées à saint Andoche, et des archives riches en obituaires et chartes. L’abbaye possédait des terres et des droits paroissiaux dans plusieurs villages bourguignons, témoignant de son influence économique et spirituelle jusqu’à la Révolution.

La vie monastique à Saint-Andoche était rythmée par des processions, comme celle des Rameaux, qui traversait Autun en s’arrêtant dans des lieux saints. Les abbesses, souvent issues de familles nobles, jouèrent un rôle clé dans les conflits avec les évêques, comme Louise de Clugny ou Marie de la Baume. Le déclin s’amorça au XVIIIe siècle, avec des revenus estimés à 10 000 livres en 1762, avant sa transformation en bâtiments administratifs.

Les fouilles archéologiques ont révélé une crypte de 13,9 m sur 10,3 m, aux techniques de construction carolingiennes, ainsi qu’un cimetière médiéval avec des sépultures orientées est-ouest, liées au xenodochium. Des squelettes présentant des traces de pathologies (anémie, syphilis) suggèrent une fonction hospitalière. L’abbaye, aujourd’hui propriété d’une association cultuelle, conserve aussi une tour romaine intégrée à sa façade ouest, rappelant ses origines antiques.

Liens externes